Les missiles Ă  4 000 km ne sont qu’un avant-goĂ»t : l' »arme du Jugement dernier » que l’Iran dissimule

Quatre semaines de guerre. Des centaines de frappes. Des missiles balistiques qui traversent des milliers de kilomètres pour atteindre IsraĂ«l et les bases amĂ©ricaines. Et pourtant — ce que TĂ©hĂ©ran a tirĂ© jusqu’ici n’est peut-ĂŞtre pas son arme la plus redoutable. C’est le message que dĂ©livre ce titre lapidaire, publiĂ© ce matin par Maariv : les missiles Ă  4 000 kilomètres de portĂ©e ne sont qu’un avant-goĂ»t. L’ »arme du Jugement dernier » que l’Iran dissimule n’a pas encore Ă©tĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e.

La formulation — « arme du Jugement dernier » — est dĂ©libĂ©rĂ©ment chargĂ©e. Elle Ă©voque un seuil, une ligne rouge au-delĂ  de laquelle la nature mĂŞme du conflit changerait. Ce n’est pas une escalade dans la continuitĂ©. C’est une rupture de registre.

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Ce que l’on sait dĂ©jĂ  : un arsenal impressionnant, mais incomplet

Pour comprendre ce que cache l’Iran, il faut d’abord mesurer ce qu’il a dĂ©jĂ  montrĂ©. Les missiles balistiques iraniens Ă  longue portĂ©e — dont certains modèles atteignent effectivement des distances supĂ©rieures Ă  4 000 kilomètres — ont dĂ©montrĂ© une capacitĂ© de projection qui place thĂ©oriquement une grande partie de l’Europe dans leur rayon d’action, sans mĂŞme parler d’IsraĂ«l ou des bases amĂ©ricaines au Moyen-Orient. Ces missiles, que les systèmes de dĂ©fense antimissile amĂ©ricains et israĂ©liens ont tentĂ© d’intercepter avec un succès variable, constituent dĂ©jĂ  un dĂ©fi opĂ©rationnel sĂ©rieux.

Mais ce qui est prĂ©sentĂ© comme l’ »arme du Jugement dernier » se situe au-delĂ . Dans la logique iranienne, certaines capacitĂ©s sont conservĂ©es comme ultime recours — soit parce qu’elles sont trop prĂ©cieuses pour ĂŞtre gaspillĂ©es dans les premiers Ă©changes, soit parce que leur utilisation constitue un point de non-retour que TĂ©hĂ©ran n’a pas encore dĂ©cidĂ© de franchir. Le fait qu’elles n’aient pas encore Ă©tĂ© utilisĂ©es ne signifie pas qu’elles n’existent pas.

Les pistes : ce que les analystes envisagent

Plusieurs hypothèses circulent dans les cercles de dĂ©fense occidentaux sur la nature de ce que l’Iran pourrait encore mettre en jeu. La première concerne les capacitĂ©s nuclĂ©aires. Bien que l’Iran nie officiellement possĂ©der l’arme nuclĂ©aire, les Ă©valuations des services de renseignement amĂ©ricains, israĂ©liens et europĂ©ens convergent depuis des annĂ©es pour estimer que TĂ©hĂ©ran est Ă  quelques semaines ou quelques mois d’un seuil de franchissement, si ce n’est dĂ©jĂ  fait. Une arme nuclĂ©aire — ou la simple annonce crĂ©dible d’en possĂ©der une — serait, littĂ©ralement, l’arme du Jugement dernier.

La seconde hypothèse porte sur des vecteurs de frappe non conventionnels : sous-marins capables de lancer des missiles, drones maritimes de surface capables de cibler des navires dans le Golfe Persique, ou encore des engins capables de neutraliser des satellites de communication et de surveillance — ce qu’on appelle les capacitĂ©s anti-accès/dĂ©ni de zone, qui rendraient la projection de puissance amĂ©ricaine dans la rĂ©gion infiniment plus complexe.

La troisième piste, plus imminente dans son activation potentielle, concerne les armes biologiques ou chimiques — des capacitĂ©s que la communautĂ© internationale soupçonne depuis longtemps Ă  l’Iran de dĂ©tenir, mais que personne ne peut certifier avec prĂ©cision. L’utilisation de telles armes reprĂ©senterait un franchissement de ligne rouge absolu, susceptible de transformer une guerre rĂ©gionale en crise internationale d’une ampleur sans prĂ©cĂ©dent depuis 1945.

La dissuasion comme stratégie : montrer sans utiliser

Ce qui est frappant dans la communication iranienne de ces dernières semaines, c’est la gestion calculĂ©e de l’ambiguĂŻtĂ©. TĂ©hĂ©ran montre assez pour intimider — des missiles de longue portĂ©e, des menaces sur les infrastructures Ă©lectriques, des avertissements sur l’Ormuz — sans jamais aller jusqu’au point de rupture qui forcerait une rĂ©ponse amĂ©ricaine totale et dĂ©cisive. Cette posture de dissuasion active, qui consiste Ă  brandir la menace de l’arme ultime sans la dĂ©gainer, est en elle-mĂŞme une forme de guerre.

L’arme la plus efficace est souvent celle qu’on ne tire pas. Sa seule existence dans l’arsenal adverse contraint les dĂ©cideurs ennemis Ă  la prudence, force des calculs sur des scĂ©narios catastrophiques, et introduit une hĂ©sitation dans la chaĂ®ne de dĂ©cision qui peut ĂŞtre plus prĂ©cieuse que n’importe quelle frappe rĂ©elle.

Ce que ce titre dit du moment

La publication de cet article Ă  ce moment prĂ©cis — en pleine crise de l’ultimatum de Trump, alors que les missiles continuent de tomber sur IsraĂ«l et que l’expiration du dĂ©lai de 48 heures approche — n’est pas anodine. Elle participe d’une mise en garde : ce conflit a des profondeurs que les bilans des frappes quotidiennes ne rĂ©vèlent pas. Il y a des Ă©tages encore sous-sol dans cet Ă©difice militaire iranien que personne n’a encore vus.

La vraie question n’est pas de savoir ce que l’Iran cache. C’est de savoir dans quelles circonstances il choisirait de le rĂ©vĂ©ler — et si, Ă  ce moment-lĂ , il serait encore possible de revenir en arrière.

Source : Maariv

 


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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