Les prix de la sécurité pour 2018 décernés aux agents du Mossad qui ont pénétré dans les archives nucléaires iraniennes au cœur de Téhéran

Photo : https://www.mako.co.il/

Les prix de la sĂ©curitĂ© pour 2018 ont Ă©tĂ© dĂ©cernĂ©s la nuit dernière aux agents du Mossad qui ont pĂ©nĂ©trĂ© dans les archives nuclĂ©aires iraniennes, aux agents qui ont dĂ©celĂ© les cachettes du tunnel du Hezbollah dans le nord, au Shin Bet et au personnel de l’armĂ©e de l’air dans une très grande discrĂ©tion.

Ils se sont assis dans la première rangée à gauche, attendant tranquillement leur tour sur scène en écoutant les discours du président et du premier ministre.

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Lorsque le Premier ministre a annoncĂ© la dĂ©cision de les envoyer au cĹ“ur de TĂ©hĂ©ran, l’une d’entre elles, aux longs cheveux bruns, a tournĂ© la tĂŞte vers le grand homme assis Ă  cĂ´tĂ© d’elle, leurs yeux se sont croisĂ©s et elle a souri. Ses lèvres lui murmurèrent : « C’est nous » et lui, les cheveux en abondance et les cheveux tirĂ©s en arrière, sourit, posa sa main sur sa paume et la serra fort. « Je me tenais Ă  trois mètres de ces membres du Mossad qui avait apportĂ© les archives nuclĂ©aires iraniennes » a dit le journaliste militaire Nir Dvori.

« J’ai regardĂ© ces hommes d’opĂ©ration, ces combattants, ces techniciens, partenaires d’une opĂ©ration audacieuse, crĂ©ative et pleine de suspense, avec beaucoup d’ingĂ©niositĂ© et de courage. Ils ont l’air si « ordinaires ». Cependant, il est impossible de ne pas se demander oĂą ils se trouvaient et ce qu’ils ont fait, comment ils se sont risquĂ©s pour nous tous, car eux aussi ont des enfants » a dit le journaliste militaire Nir Dvori.

Six personnes ont assistĂ© Ă  la cĂ©rĂ©monie : quatre hommes et deux femmes âgĂ©s de 35 Ă  45 ans. Les hommes portent un pantalon noir et une chemise blanche, les femmes un Ă©lĂ©gant tailleur, un petit bijou, une bague. Beaucoup de retenue – mais vous voyez aussi l’excitation sur leurs visages. Les uns après les autres, passent devant le prĂ©sident, le premier ministre et le chef de cabinet, se serrent la main, reçoivent la mĂ©daille du prix, jettent un nouveau coup d’Ĺ“il et reviennent Ă  leur place.

Le commandant de l’opĂ©ration, un homme petit et calme, semblait le plus âgĂ©. Ses cheveux Ă©taient gris et il Ă©tait assis au bout de la ligne. Il tenait la carte qu’il venait de recevoir et lisait les mots Ă©crits, lisait attentivement et souriait. Il semblait le plus introverti de tous.

Plus tard, le chef du Mossad, Yossi Cohen, me dira que « ce gars est l’homme le plus courageux que j’ai vu » Ce n’est pas la première fois qu’il est ici, dans la maison du prĂ©sident. Il a dĂ©jĂ  reçu le Prix de la sĂ©curitĂ© israĂ©lienne pour une autre opĂ©ration, il y a plusieurs annĂ©es : « Une rĂ©compense personnelle pour une performance exceptionnelle », a-t-il dĂ©clarĂ© sans plus rien ajouter de plus.

Peu voient ce que j’ai vu hier soir Ă  la rĂ©sidence du prĂ©sident. La censure ne permet pas au public de voir les moments importants et Ă©mouvants de la cĂ©rĂ©monie des prix de la sĂ©curitĂ© israĂ©lienne : quelques personnes qui ont fait des choses uniques avec courage, audace, crĂ©ativitĂ©, dĂ©termination et idĂ©es technologiques pionnières. Sans clichĂ©s, les citoyens d’IsraĂ«l leur doivent beaucoup.

Ce sont eux qui agissent discrètement dans les coulisses pour la sĂ©curitĂ© d’IsraĂ«l, comme cela, et garantissent notre sĂ©curitĂ©. Les hommes du service de sĂ©curitĂ© du Shin Bet, des hommes et des femmes qui ont mis au point un système technologique qui permet de contrecarrer les attaques terroristes, Rafael et l’armĂ©e de l’air, qui ont mis au point une bombe intelligente avec laquelle l’armĂ©e de l’air a attaquĂ© des officiers syriens et le MI, où le corps technique et la division technologie et logistique ont dĂ©couvert, et dĂ©truit les tunnels du Hezbollah.

Puis ce fut la chanson de l’Hatikva et les chefs d’État ont quittĂ© la zone. Le chef du Mossad  a serrĂ© dans ses bras chaque agent, un par un, je m’approche et les regarde. Ce n’est pas juste une poignĂ©e de main, c’est un très long moment de quelqu’un qui sait ce qu’ils ont vĂ©cu, ce qu’ils ont fait. Il les a envoyĂ©s, a cru en eux et savait qu’ils reviendraient. Au siège du Mossad pendant l’opĂ©ration, il a regardĂ© en temps rĂ©el toutes les Ă©tapes et a pris part Ă  cette operation d’un grand danger et de tension jusqu’à ce que tout le monde, quittent l’Iran avec les archives nuclĂ©aires Ă  la main.

« Vous le mĂ©ritez », leur dit-il. Il n’y avait pas de membres de la famille. Il n’est pas certain qu’ils sachent exactement ce que font leur père ou leur mère, leur mari ou leur femme. Le plus jeune, barbu, a ri : « Ma femme est sĂ»re que je suis dans une autre journĂ©e ennuyeuse au bureau. » C’Ă©tait aussi la seule fois oĂą la fille blonde riait. « Ils ont l’air silencieux, gentil, » dis-je au chef du Mossad. « Tout ce que tu peux dire Ă  leur sujet – ils sont gentils, » il se mit Ă  rire et me fit un clin d’Ĺ“il. Et le commandant de l’opĂ©ration a fait remarquer Ă  voix basse : « Après l’opĂ©ration prĂ©cĂ©dente, je ne pensais pas que j’aurais une autre Ă©tincelle d’excitation dans ma vie. »