Les réactions de droite et de gauche : « Téhéran doit brûler » ; « Les ennemis voient que Netanyahu est faible »

La salve de missiles iraniens a dĂ©clenchĂ© une autre salve — verbale celle-lĂ  — dans l’arène politique israĂ©lienne. De part et d’autre de l’Ă©chiquier, Ă©lus de coalition et chefs de l’opposition ont rĂ©agi avec une intensitĂ© qui traduit Ă  la fois l’Ă©tat de choc du pays et les calculs politiques de chacun face Ă  une crise qui s’approfondit.

Du cĂ´tĂ© de la droite dure et de la coalition, le mot d’ordre Ă©tait clair dès dimanche soir : passer de la dĂ©fense Ă  l’attaque, frapper les infrastructures stratĂ©giques iraniennes. Le ministre de la SĂ©curitĂ© nationale Itamar Ben Gvir a lancĂ© une formule qui rĂ©sume la tonalitĂ© de son camp : « Cette nuit, TĂ©hĂ©ran doit brĂ»ler. » Le dĂ©putĂ© Amit Halevi du Likoud, membre de la commission des Affaires Ă©trangères et de la DĂ©fense, a averti que les tirs iraniens s’expliquent par l’estimation de TĂ©hĂ©ran qu’elle peut dĂ©sormais dicter son agenda rĂ©gional. La rĂ©ponse, selon lui, ne peut ĂŞtre ni ponctuelle ni proportionnĂ©e — elle doit signifier la reprise immĂ©diate et totale de l’offensive, faute de quoi IsraĂ«l accepterait tacitement la dictĂ©e des Gardiens de la RĂ©volution. Le ministre Micky Zohar a renchĂ©ri : l’heure de la « konspetzia » est terminĂ©e, IsraĂ«l doit frapper l’Iran avec force et inverser la posture dĂ©fensive.

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Dans les faits, les consĂ©quences de l’escalade se font dĂ©jĂ  sentir sur le front intĂ©rieur. Le ministre de l’Éducation Yoav Kish a confirmĂ© que les cours, les examens du baccalaurĂ©at et l’ensemble des activitĂ©s Ă©ducatives seraient suspendus le lendemain sur tout le territoire national, conformĂ©ment aux directives du Commandement du Front IntĂ©rieur — signal clair que le système se prĂ©pare Ă  une prolongation de l’escalade, pas Ă  un incident isolĂ©.

Hors coalition, les voix de l’opposition ont adoptĂ© des angles diffĂ©rents tout en rĂ©clamant, elles aussi, une rĂ©ponse forte. L’ancien Premier ministre Naftali Bennett a qualifiĂ© l’Ă©vĂ©nement de « moment-test » sur la question de savoir si IsraĂ«l est encore un État souverain capable de se dĂ©fendre. Sa mise en garde : toute riposte symbolique ou retenue signalerait aux ennemis d’IsraĂ«l que le sang des civils est dĂ©sormais soluble dans la diplomatie. Avigdor Lieberman, chef d’IsraĂ«l Beiteinou, a exigĂ© l’arrĂŞt immĂ©diat de la politique de contention et une frappe sur les infrastructures stratĂ©giques iraniennes.

Mais c’est depuis la gauche que vient la critique la plus acĂ©rĂ©e contre Netanyahu personnellement. Yair Golan, chef du parti Demokratim, a dĂ©clarĂ© que les ennemis d’IsraĂ«l voient ce que tout le monde voit : « Netanyahu est faible. » Il a pointĂ© la chaĂ®ne des Ă©checs, l’absence de dĂ©cision politique et le mĂ©lange de politique personnelle dans la conduite de la guerre, et y voit la raison pour laquelle les adversaires jugent qu’attaquer IsraĂ«l est possible. Sa conclusion : ni le gouvernement ni son chef n’ont le mandat pour entraĂ®ner IsraĂ«l dans une nouvelle guerre, et c’est aux citoyens de trancher dans les urnes.

Cette polarisation du dĂ©bat — entre ceux qui veulent frapper plus fort et ceux qui veulent frapper diffĂ©remment ou changer de gouvernement — dessine les contours d’une sociĂ©tĂ© sous tension, dont les fractures politiques ne s’effacent pas face Ă  la menace extĂ©rieure mais s’y superposent, ajoutant Ă  la complexitĂ© de la gestion de crise.

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