La formule est directe, presque brutale dans sa clartĂ©. Dans une interview accordĂ©e au Financial Times, Donald Trump a voulu dissiper tout doute sur qui tient les rĂŞnes de la politique amĂ©ricaine vis-Ă -vis de l’Iran : « C’est moi qui dĂ©cide. Je dĂ©cide de tout. Lui (Netanyahu), il ne dĂ©cide pas. » Cette mise au point publique, formulĂ©e dans un contexte de fortes tensions après les tirs de missiles iraniens sur IsraĂ«l, en dit long sur l’Ă©tat rĂ©el des relations entre les deux alliĂ©s.
Trump a ajoutĂ© que les frappes iraniennes n’avaient pas entamĂ© sa dĂ©termination Ă conclure les nĂ©gociations sur le dossier nuclĂ©aire avec TĂ©hĂ©ran. Il a prĂ©cisĂ© que Netanyahu « n’aurait pas le choix » d’accepter l’accord en cours d’Ă©laboration. Et pour ceux qui douteraient de sa volontĂ© d’aller jusqu’au bout : si les nĂ©gociations Ă©chouaient dans leur substance, il envisagerait une opĂ©ration de commandos contre l’Iran.
Ce double message — pression maximale sur Netanyahu pour accepter un accord diplomatique, menace militaire unilatĂ©rale si cet accord venait Ă Ă©chouer — illustre la manière dont Trump gère simultanĂ©ment sa relation avec IsraĂ«l et sa politique iranienne. L’alliĂ© israĂ©lien n’est pas un partenaire de co-dĂ©cision sur ce dossier, mais un acteur dont l’accord sera obtenu, d’une manière ou d’une autre.
Dans une interview Ă Fox News enregistrĂ©e pour marquer les cent jours de la reprise des combats, Trump s’est dit très proche d’un accord mais a prĂ©cisĂ© : si cela n’aboutit pas, « je les pulvĂ©riserai ». Il a appelĂ© TĂ©hĂ©ran Ă revenir Ă la table : « Vous avez tirĂ© vos missiles, ça suffit. » Il a Ă©galement critiquĂ© la frappe israĂ©lienne sur Beyrouth, indiquant ne pas en ĂŞtre satisfait, et a annoncĂ© son intention de parler Ă Netanyahu pour lui demander de ne pas frapper l’Iran en reprĂ©sailles.
Cette pression amĂ©ricaine n’est pas nouvelle. La semaine prĂ©cĂ©dente, Netanyahu avait Ă©tĂ© vertement interpellĂ© lors d’un appel tĂ©lĂ©phonique avec Trump, ce qui l’avait conduit Ă annuler des frappes prĂ©vues sur Beyrouth et Ă accepter le principe d’un cessez-le-feu avec le gouvernement libanais. Mais ni IsraĂ«l n’a totalement arrĂŞtĂ© ses opĂ©rations au Liban, ni le Hezbollah — qui n’est pas partie Ă cet accord et est censĂ© se dĂ©sarmer dans ce cadre — n’a cessĂ© ses attaques, revendiquant le droit de conserver ses armes tant qu’IsraĂ«l continuera Ă combattre.
Trump, par ailleurs, s’engage dans ces nĂ©gociations avec une contrainte supplĂ©mentaire : il doit obtenir des conditions plus strictes que celles de l’accord de 2015 qu’il avait lui-mĂŞme dĂ©noncĂ©. Il insiste pour qu’aucun futur accord ne permette Ă TĂ©hĂ©ran de dĂ©velopper une capacitĂ© nuclĂ©aire militaire.
Pour aller plus loin :
- Juste après Shabbat, Ben-Gvir et Smotrich accourent chez Netanyahu — l’accord de Trump dĂ©chire la coalition
- Étranglement de l’industrie des missiles : Tsahal dĂ©truit un site pĂ©trochimique stratĂ©gique en Iran






