Les soldats qui ont chantĂ© le « Shema Israel » dans la mosquĂ©e de Jenine et ont Ă©tĂ© licenciĂ©s s’expriment : « Nous sommes en colère contre cette campagne politique »

Les combattants qui se trouvaient dans la mosquĂ©e de Nin oĂą ils faisaient le « Shema Yisrael » ont racontĂ© ce qui s’est passĂ© Ă  l’intĂ©rieur du camp de rĂ©fugiĂ©s, les durs combats, le dĂ©sir de remonter le moral et la douleur d’avoir appris qu’ils avaient Ă©tĂ© licenciĂ©es par les mĂ©dias avant mĂŞme un procès.

« Le manque de soutien a été un coup dur pour les combattants qui ont donné leur vie »

J., un combattant de rĂ©serve qui a combattu Ă  Jenine et est arrivĂ© Ă  la mosquĂ©e, dĂ©clare : « Nous sommes des combattants qui ont tout quittĂ©, famille, enfants, travail, pour nous lancer dans des combats intenses avec des explosions, et contre le terrorisme et au lieu de nous concentrer principalement sur la victoire et les durs combats, nous nous concentrons sur l’action du petit « Shema Yisrael ». L’objectif Ă©tait de remonter le moral de la compagnie, le manque de renforts a Ă©tĂ© un coup dur pour tous les combattants qui donnent leur vie pour le peuple et le pays.

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DĂ©crivant le dĂ©roulement des Ă©vĂ©nements « Quelques heures avant notre arrivĂ©e Ă  la mosquĂ©e, nous avons opĂ©rĂ© une très grande opĂ©ration de dĂ©tection d’explosifs, nous avons trouvĂ© des explosifs qui pouvaient exploser sur des soldats et mĂŞme des explosifs qui pouvaient faire exploser des vĂ©hicules blindĂ©s. JĂ©nine n’est pas un jeu de quelques enfants qui jettent des pierres, ce sont des terroristes dont le but est de faire Sim’hat Torah 2, JĂ©nine n’est pas diffĂ©rente de Gaza. Ă€ Gaza, des mosquĂ©es explosent et personne ne dit que c’est immoral, notamment parce que les racines du terrorisme sont profondes et que nous devons nous attaquer Ă  la source.

« Nous avions envie de reprendre un peu »

« Ce que nous voulions faire, c’etait juste de remonter le moral, ce n’est pas une chose nĂ©gative, ni en termes de valeurs de Tsahal, ni politiquement.

« Nous Ă©tions dans une opĂ©ration folle, on nous a tirĂ© dessus Ă  plusieurs reprises, nous avons trouvĂ© des explosifs et des armes lors des fouilles, il y avait des terroristes qui se promenaient autour de Jenine et selon les renseignements il y avait un nombre exact de terroristes qui devaient ĂŞtre Ă©liminĂ©s. C’est toute une ville pleine de terreur, nous avons trouvĂ© des centaines d’archives, ce qui prouve qu’ils fonctionnent comme une armĂ©e organisĂ©e. A Jenine (en JudĂ©e Samarie) il y a du terrorisme comme Ă  Gaza, ils n’ont pas encore fait comme le 7.10 mais ils n’en sont pas loin, on y a trouvĂ© beaucoup de drapeaux d’Amal et du Hamas.
« Personne n’a pensĂ© Ă  endommager la mosquĂ©e, mĂŞme si cela comportait un danger »

Le jour de l’opĂ©ration C’ raconte  « Nous nous sommes levĂ©s vers cinq heures du matin, trois heures d’activitĂ© intense. Habituellement, trois charges exposives sont localisĂ©es et le maximum est de sept charges dans la structure, mais dans cet endroit, nous avons trouvĂ© 35 charges (!). La recherche Ă©tait intense avec une terrible odeur de cadavre dans l’air. La procĂ©dure militaire consiste Ă  faire sauter le bâtiment oĂą se trouve la charge. Parce que nous avons trouvĂ© une charge Ă  l’intĂ©rieur d’une mosquĂ©e et que nous respectons leurs lieux saints, nous avons retirĂ© la charge avec nos mains, c’est une chose très inhabituelle. La charge avait la taille d’un extincteur, nous l’avons emmenĂ©e Ă  l’extĂ©rieur du bâtiment pour la faire exploser Ă  l’extĂ©rieur, personne n’a pensĂ© Ă  faire exploser la charge dans la mosquĂ©e mĂŞme si cela comportait un danger.

« Nous sommes allĂ©s nous reposer après cette opĂ©ration dangereuse, nous nous sommes assis pour manger quelques collations et en fouillant la mosquĂ©e, nous avons trouvĂ© le haut-parleur. Nous avons donc fait le Shema pour la compagnie et le peloton afin de nous donner le moral dont tout n’a pas Ă©tĂ© diffusĂ©, seul le verset « Écoutez IsraĂ«l » les a dĂ©rangĂ©s »

c’ ajoute que des explosifs ont Ă©galement Ă©tĂ© retrouvĂ©e dans le minaret de la mosquĂ©e.

(Amal Bagnin, photo : porte-parole de Tsahal)

« Ils ont publiĂ© dans les mĂ©dias que j’avais Ă©tĂ© destituĂ© alors que je combattais contre les terroristes »

Les mĂ©dias ont gonflĂ© l’Ă©vĂ©nement : « Les premiers Ă  condamner l’affaire n’ont pas Ă©tĂ© l’ennemi mais les mĂ©dias, ils n’ont pas soutenu les militaires et ils se sont empressĂ©s de nous dĂ©clarer destituĂ©s avant mĂŞme qu’il y ait un procès. L’ordre ne nous est pas encore parvenu et il a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© annoncĂ© que nous serons destituĂ©s alors que nous nous battons contre les terroristes. Le porte-parole de Tsahal a dĂ» vĂ©rifier les dĂ©clarations et ce n’est que tard Ă  dix heures du soir que nous avons reçu un message indiquant qu’elles avaient Ă©tĂ© renvoyĂ©s.

La semaine prochaine les soldats reprendront le combat. Les mĂ©dias ont rĂ©chauffĂ© l’histoire, et tout le peuple d’IsraĂ«l remarque que depuis le 7.10 , rien a changĂ© et nous sommes tristes de dĂ©couvrir que rien n’a changĂ©.

Le soldat explique que les combattants n’ont pas agi contre les procĂ©dures : « Il n’y a eu aucun problème, nous n’avons pas violĂ© l’ordre ou les valeurs de Tsahal, nous n’avons pas reçu d’instructions contraires.  Nous avons envoyĂ© la vidĂ©o au groupe et nous ne savions pas qu’elle ferait du bruit pour le meilleur ou pour le pire. Nous avons marchĂ© avec des chaussures sur le tapis et avons mangĂ© dans la mosquĂ©e, ce qui est contraire aux règles de la mosquĂ©e, et ils n’en ont rien dit aux soldats. »

Le rabbin Yitzhak Yossef à propos des documents des soldats : « Vous ne devriez pas vous comporter ainsi »

MĂŞme au niveau du commandement, ils ne comprenaient pas de quoi il s’agissait. Il n’a pas entendu les parties, mais a reçu des conseils d’en haut, le pouvoir des mĂ©dias est fort, ils dictent le ton, ils ont fixĂ© une sentence alors que le soldat se battait encore pour IsraĂ«l. »

« Nous nous sentons comme des soldats de backgammon, utilisant et lançant »

Le licenciement a blessĂ© les combattants : « Je peux clairement dire que le moral des combattants a considĂ©rablement baissĂ©, il y a mĂŞme eu 150 soldats qui ont menacĂ© de quitter le bataillon mais ils ont finalement dĂ©cidĂ© que les habitants du secteur n’Ă©taient pas coupables. MĂŞme si d’autres nous mĂ©prisent et que nous nous sentons comme des soldats de backgammon qui nous utilisent quand ils ont besoin de nous et nous jettent ensuite, les soldats ont dĂ©cidĂ© de faire preuve de responsabilitĂ© et sont restĂ©s dans le secteur. Mais ils sont très blessĂ©s et en colère et se sentent nĂ©gligĂ©s pour toute absurdité ».

Le soldat C. a Ă©crit ce qui s’est passĂ© sur le terrain par rapport Ă  ce qui parvient finalement aux mĂ©dias « Nous avons combattu Ă  Jenine dans des conditions difficiles, quand il n’y avait pas de rations de combat, nous mangions des vieilles choses que nous trouvions dans les maisons, nous dormions Ă  peine, des gardes sans fin. Il est triste qu’après les combats intenses, nous ne parlions que du haut-parleur de la mosquĂ©e. Et pas pour autant du succès de l’Ă©radication du terrorisme sans faire de victimes dans le pays.

C. a Ă©galement rejetĂ© l’affirmation selon laquelle cela montait la tension des arabes :  « Le gĂ©nĂ©ral » a affirmĂ© que le chef d’Ă©tat-major et le chef du Shin Bet Ă©taient prĂ©occupĂ©s par le fait que cet acte rĂ©chauffait les Arabes israĂ©liens. Les Arabes israĂ©liens n’ont jamais Ă©tĂ© si mignons, ils ne manquent pas d’excuses pour s’échauffer, nous sommes toujours responsables de leurs actes de toutes les façons ! »

(Amal Bagnin, photo : porte-parole de Tsahal)

« Relever le moral devrait ĂŞtre l’un des objectifs de la guerre »

L’Ă©pouse du soldat C. a rejoint la conversation et ajoute un accent particulier : « la guerre ne concerne pas seulement notre existence physique mais aussi l’esprit. Il Ă©tait important que l’ennemi documente, affaiblisse, intimide et diminue notre moral. Remonter le moral du peuple devrait ĂŞtre l’un des objectifs de la guerre. Le minimum est de soutenir les combattants lorsqu’ils font quelque chose qui remonte le moral, comme le « Shema Yisrael » Ă€ Jenine, qui n’est pas diffĂ©rente de Gaza, oĂą il est permis de dire Shema Yisrael, l’éviction consistait simplement Ă  se tirer une balle dans la tĂŞte. C’est vraiment une insulte envers l’ennemi et une dĂ©monstration de faiblesse. »

C. ajoute qu’il s’agissait d’une opĂ©ration tout Ă  fait opĂ©rationnelle « Il y a eu un ordre Ă  Jenine de dĂ©monter les drapeaux ennemis et de les brĂ»ler, pour leur faire baisser le moral, il y a une guerre contre l’esprit ici et nous ne vivrons pas dans l’humiliation. Nous avons soutenu que la loi n’Ă©tait pas opĂ©rationnelle, je ne suis pas d’accord avec cela, c’est extrĂŞmement important pour remonter le moral des combattants, c’est comme manger quelque chose qui n’est pas le plus sain pour avoir du sucre et de la force, donc ici aussi. Pendant Hanoukka, ils ont affirmĂ© que c’Ă©tait une mitsva d’allumer des bougies Ă  Gaza, alors ils les ont allumĂ©s, selon la Halacha, ils sortent de leur devoir et quittent leur famille qui  allume pour eux, mais il est important de les allumer pour le bien de l’esprit, pour le bien du moral. »

« Nous entrons dans Tsahal pour des considérations politiques qui ne sont pas des considérations opérationnelles »

C. dĂ©crit la douleur de tous les combattants qui Ă©taient avec lui et la politique qui s’est infiltrĂ©e dans Tsahal. « Les combattants ont connu un manque total de soutien parce que Tsahal opère selon la politique, la politique menace et puis des considĂ©rations politiques entrent dans Tsahal qui n’aide absolument pas , pour des raisons opĂ©rationnelles, il existe de nombreux cas qui affectent les ordres donnĂ©s aux soldats. En tant que combattants, nous n’avons pas le droit de parler de politique, mais quand cela vient d’en haut, c’est permis. Quand je vois une bombe ou une grenade, je sauve mon ami et peu m’importe qu’il soit de gauche, druze ou chrĂ©tien, nous sommes des soldats sans politique et eux nous imposent leur politique. »

MĂŞme en cas de troubles, il y a beaucoup de politique, affirme G’ « Nous nous mettons en danger pour ne pas nuire Ă  l’ennemi qui combat contre nous en lançant des pierres et des cocktails Molotov. Nous ne devons pas rĂ©agir tant qu’il n’y a pas de danger rĂ©el pour la vie, nous ne devons pas mettre le drapeau israĂ©lien sur un vĂ©hicule de l’armĂ©e, nous devons faire profil bas, la politique est profondĂ©ment ancrĂ©e au sein de Tsahal.

« Nous sommes arrivĂ©s au cĹ“ur de JĂ©nine, dans une mosquĂ©e pleine de terreur et avons prononcĂ© le verset le plus important pour le peuple d’IsraĂ«l »

C. considère l’Ă©vĂ©nement comme beaucoup plus important que l’Ă©vĂ©nement privĂ© du combattant Ă©liminĂ©. « Il est important pour moi de prĂ©ciser que cette histoire n’est pas une histoire privĂ©e, nous sommes toute une compagnie », c’est quelque chose de plus grand, c’est une punition pour tout le peuple d’IsraĂ«l, le peuple d’IsraĂ«l a perdu, c’est un Ă©vĂ©nement systĂ©mique qui se reflète ici. Nous avons hissĂ© le drapeau auquel croient 80% du peuple, nous avons gagnĂ©, nous avons atteint le cĹ“ur de JĂ©nine, lĂ  oĂą ils veulent nous tuer. Ils ont dit lĂ  le verset le plus important pour nous en tant que peuple et c’est prĂ©cisĂ©ment lĂ  qu’ils nous mettent le doigt dans les yeux. Mais nous ne serons pas brisĂ©s Ă  cause de telles choses, si cela a dĂ©jĂ  explosĂ©, alors il y a un point ici qui doit ĂŞtre aiguisĂ©, le peuple d’IsraĂ«l devrait ĂŞtre fier ».