Les gardiens de prison français ont lancé une grève nationale lundi dans une confrontation avec le gouvernement du président Emmanuel Macron au sujet de la sécurité du personnel et de la violence qui, disent-ils, sont hors de contrôle dans les prisons surpeuplées du pays.
La grève, qui a dĂ©butĂ© par des piquets d’avant l’aube, a marquĂ© une escalade de protestations après que les syndicats aient rejetĂ© cette semaine une proposition du gouvernement d’employer 100 gardes supplĂ©mentaires cette annĂ©e et 1 000 autres avant la fin du mandat Macron.
Les gardes ont brûlé des pneus et des palettes de bois devant les portes de plusieurs prisons avant les pourparlers précipités convoqués par la ministre de la Justice, Nicole Belloubet.
« Nous ne serons pas utilisés comme chair à canon. Nous ne donnerons pas un pouce », a déclaré à CNews Yoan Karar, un haut responsable syndical de la Force Ouvrière (FO).
Son syndicat exige des salaires plus Ă©levĂ©s et l’embauche rapide de 2 400 employĂ©s.
Le président Macron subit des pressions de plus en plus fortes pour résoudre les troubles parmi le personnel pénitentiaire après plusieurs attaques par des détenus dans différentes prisons, la semaine dernière.
Vendredi, la police anti-Ă©meute a affrontĂ© des gardes devant la prison de Fleury Merogis, oĂą des protestations ont Ă©clatĂ© après qu’un militant islamiste emprisonnĂ© pour l’assassinat de 21 personnes en Tunisie en 2000 ait attaquĂ© des gardes avec une paire de ciseaux dans le nord de la France.
Au cours du week-end, le gouvernement a Ă©galement proposĂ© de sĂ©parer les dĂ©tenus les plus violents de France du reste des 70 000 dĂ©tenus, l’un des plus grands d’Europe.
Le prĂ©sident Emmanuel Macron a dĂ©clarĂ© au dĂ©but de ce mois qu’un plan serait prĂ©sentĂ© en fĂ©vrier qui irait au-delĂ d’une promesse de construire des milliers de nouvelles cellules de prison.
La population carcĂ©rale française a plus que doublĂ© depuis les annĂ©es 1970 et les gardiens de prison se plaignent de plus en plus du manque de personnel, d’Ă©quipement et de soutien pour les dĂ©tenus violents, notamment les islamistes condamnĂ©s et les petits dĂ©linquants radicalisĂ©s en prison.
Le reprĂ©sentant syndical Karar, gardien depuis 13 ans Ă la prison de Fresnes aux portes de Paris, a dĂ©clarĂ© que le nombre d’attaques contre le personnel de sĂ©curitĂ© Ă©tait de 4 000 par an.
« Vous ne pouvez pas mettre un garde en charge de 100 ou 150 prisonniers et juste lui donner un sifflet », a déclaré Karar, appelant les gardes à être armés de pistolets Taser.





