Le conflit au Moyen-Orient vient de franchir un nouveau seuil. Deux soldats américains ont été tués et un troisième est porté disparu après une attaque iranienne visant la base aérienne « Muwaffaq Salti » en Jordanie. Cet événement marque la première mort de militaires américains sous le feu ennemi depuis le début du mois d’avril, et met à l’épreuve la promesse du président Donald Trump de reconsidérer l’implication de Washington dans la guerre si des forces américaines venaient à être touchées.
Parallèlement à cette escalade militaire, une autre information est venue éclairer les intentions réelles de Téhéran. Selon le Wall Street Journal, l’Iran a profité d’une fenêtre d’environ un mois pour faire passer clandestinement près de 70 millions de barils de pétrole, d’une valeur estimée entre 5 et 6 milliards de dollars. Une manœuvre destinée à garantir le financement de la poursuite de sa campagne militaire.
Une trêve utilisée comme couverture
Téhéran menait alors des négociations en vue d’un accord censé apaiser les tensions et rouvrir le détroit d’Ormuz. Mais cette fenêtre temporelle a servi un tout autre objectif : faire passer en contrebande des dizaines de millions de barils de pétrole et remplir les caisses du régime de plusieurs milliards de dollars. Ces ressources économiques ont été immédiatement redirigées vers un réarmement accéléré, les Iraniens utilisant des missiles balistiques et des drones avancés pour mener à bien l’attaque meurtrière en Jordanie.
L’attaque contre la base « Muwaffaq Salti », utilisée par les États-Unis pour mener des opérations contre l’Iran, a été menée au moyen de missiles balistiques et de drones à haute vitesse capables de manœuvres complexes. Ce niveau de sophistication technique alimente les craintes à Washington quant à une possible assistance technologique russe ou chinoise fournie à Téhéran. Le commandement central américain a confirmé que quatre membres du personnel avaient été évacués vers des hôpitaux en Jordanie avant d’en être libérés, tandis que d’autres blessés légers ont repris leur service. Des appareils pilotés et sans pilote présents sur la base ont également été touchés.
Le système de défense américain « Thaad », déployé sur cette même base, avait déjà subi des dommages par le passé, notamment une avarie de son radar en mars dernier ayant contraint les États-Unis à remplacer le composant endommagé. Depuis le début de cette guerre, 15 soldats américains ont perdu la vie.
Washington entre fermeté et division
Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a affirmé que la mort de ces soldats allait « durcir la détermination » des États-Unis. Du côté du Congrès, les réactions divergent : le président de la Chambre des représentants Mike Johnson a exprimé ses condoléances, tandis que la sénatrice Jeanne Shaheen a appelé le président à « négocier la fin de cette guerre destructrice ». En face, Mojtaba Khamenei a menacé de « leçons inoubliables » si les États-Unis poursuivaient leurs attaques.
Pour répondre, Washington déploie d’importantes forces aériennes dans la région, notamment des avions F-16 capables de frapper les radars depuis la base de Spangdahlem en Allemagne, des chasseurs furtifs F-35 depuis la base de Lakenheath en Angleterre, ainsi que des avions de ravitaillement.
Un système de contournement pétrolier bien rodé
Sur le plan économique, l’Iran a eu recours à une méthode déjà connue : le transfert de pétrole en haute mer, au large des côtes malaisiennes, vers d’autres navires, avant sa revente à prix cassé à des raffineries privées chinoises. Jonathan Panikoff, du Conseil atlantique, a relevé que le régime devrait donner la priorité à ses revenus pour des objectifs stratégiques, en tête desquels la guerre contre les États-Unis.
Dans la foulée, le commandement central des États-Unis a annoncé cette nuit le lancement d’une nouvelle vague de frappes aériennes intensives sur l’Iran, la huitième nuit consécutive. L’armée américaine a précisé que ces nouvelles frappes visaient à sanctionner les Gardiens de la révolution pour leurs attaques contre les forces américaines, et à poursuivre l’érosion des capacités stratégiques iraniennes.
Alors que les premières frappes de l’opération visaient exclusivement des cibles tactiques — radars, dépôts de drones et sites de lancement —, la campagne s’étend désormais à des objectifs plus profonds. Selon plusieurs rapports, des sites de surveillance, des infrastructures logistiques, des dépôts d’armes souterrains et même des voies d’approvisionnement essentielles, dont des ponts et des voies ferrées menant au port de Bandar Abbas, ont été visés. Cet élargissement des cibles traduit une volonté américaine de frapper non seulement les capacités opérationnelles immédiates de l’Iran, mais aussi les infrastructures fondamentales qui permettent la poursuite de sa campagne.
L’analyste politique Tamir Morag a souligné que l’accumulation des données de ces derniers jours dessine de nouvelles lignes concernant la campagne en Iran, sans pour autant constituer une preuve certaine du déclenchement d’une guerre de grande ampleur. Le schéma d’activité américain a changé : du département d’État recommandant aux citoyens de reconsidérer tout déplacement dans la région, à l’évacuation d’avions depuis des bases du Golfe, jusqu’à l’arrivée de dizaines de chasseurs avancés dans des bases au Royaume-Uni et en Israël.
Ces mouvements, associés à des publications officielles de la Maison Blanche évoquant des préparatifs similaires à ceux d’opérations précédentes, font grimper le niveau de tension à son comble. En face, le régime de Téhéran accélère le rythme de ses attaques contre des cibles au Koweït, en Jordanie et en Arabie saoudite, signalant ainsi son intention de poursuivre l’escalade, au risque d’entraîner la région vers un affrontement total.
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