Les deux derniers jours en IsraĂ«l ont rappelĂ© l’atmosphère d’avant la Seconde Guerre du Golfe ou, alternativement, la panique des premiers jours de l’Ă©pidĂ©mie de Corona : au lieu que l’opinion publique se rende compte jusqu’oĂą IsraĂ«l va contre l’Iran, dans l’Ă©limination audacieuse et justifiĂ©e , selon ce qui lui est attribuĂ©, d’un haut responsable de l’axe du mal iranien, les IsraĂ©liens et les femmes israĂ©liennes ont dĂ©battu de l’opportunitĂ© d’attaquer d’abord les chaĂ®nes alimentaires ou les distributeurs automatiques. Ce n’est qu’après une sĂ©rie de messages inquiĂ©tants que le porte-parole de Tsahal a lancĂ© un message et une dĂ©claration dans sa voix pour tenter de rassurer, et il a Ă©galement rĂ©ussi en partie : Les Iraniens n’ont pas encore lancĂ© un seul drone – et ils ont dĂ©jĂ atteint une rĂ©ussite mentale.
L’inquiĂ©tude de l’opinion publique, qui trouve bien entendu ses racines dans le grave Ă©chec du 7 octobre, a Ă©galement conduit des voix Ă se demander s’il Ă©tait mĂŞme nĂ©cessaire d’Ă©liminer Hassan Mahdavi, un haut responsable des Gardiens de la rĂ©volution . La rĂ©ponse est un « oui » catĂ©gorique : l’homme, son adjoint et leur Ă©quipe sont responsables de tout ce qui a volĂ© dans cette guerre contre IsraĂ«l depuis le territoire du Liban et de la Syrie. Il Ă©tait l’adjoint de Qassem Soleimani , et mĂŞme s’il Ă©tait Ă la traĂ®ne en termes d’influence et de charisme, il a accumulĂ© suffisamment de pĂ©chĂ©s pour justifier de l’envoyer Ă une rĂ©union urgente avec l’ancien commandant.
D’ailleurs, Soleimani, un haut responsable dans le domaine de l’Ă©valuation des renseignements, a rĂ©cemment posĂ© un diagnostic intĂ©ressant : « Si Soleimani Ă©tait en vie, il aurait rĂ©ussi Ă influencer le guide suprĂŞme Khamenei et Ă amener l’Iran Ă rejoindre la campagne aux cĂ´tĂ©s du Hezbollah, peut-ĂŞtre mĂŞme dès le 7 octobre. »
Ce n’est pas le cas, mais il est peu probable que l’Iran reste silencieux en rĂ©ponse Ă l’action de Damas. Les dĂ©clarations belliqueuses du sommet du rĂ©gime des Ayatollahs, depuis Khamenei et en bas, ne laissent pas beaucoup de place Ă la spĂ©culation, et la pression des autres acteurs de la scène moyen-orientale conduit Ă©galement Ă une certaine action. Cependant, et il est important de le souligner Ă l’opinion publique effrayĂ©e, sans que ce soit de sa faute, l’armĂ©e israĂ©lienne estime que la ligne d’une guerre totale ne sera pas franchie. Il est plus probable qu’il y aura une tentative de frapper un  » « cible militaire de haute qualité », mais pas nĂ©cessairement une action rompant la paritĂ©. Cependant, Tsahal se prĂ©pare Ă tous les scĂ©narios possibles, qu’ils arrivent du sol iranien ou via les succursales de la rĂ©gion. Les options extrĂŞmes ne manquent pas : missiles, roquettes, essaims de drones, infiltrations terroristes, attaques terroristes Ă l’Ă©tranger, cyberattaques et aussi certaines actions terroristes en mĂŞme temps.
Le renforcement de la vigilance vise Ă minimiser autant que possible l’hypothèse qu’une telle dĂ©marche se concrĂ©tise, et au moins qu’elle rĂ©ussisse. Et si, Dieu nous en prĂ©serve, la dĂ©fense est violĂ©e d’une manière ou d’une autre, il existe une rĂ©ponse planifiĂ©e pour chacune des possibilitĂ©s, tout en comprenant que c’est Ă cela que ressemble la dynamique de l’escalade. Une autre raison du renforcement de la dĂ©fense de Tsahal, qui comprenait la mobilisation de rĂ©serves dans les systèmes de dĂ©fense aĂ©rienne et l’annonce d’un « couvre-feu de sortie » dans les unitĂ©s de combat, est le week-end explosif qui nous attend : Ă la fois « Yom al-Quds » (JournĂ©e iranienne de JĂ©rusalem) et le dernier vendredi du Ramadan. La crainte est que ces deux dates soient utilisĂ©es pour des dommages symboliques aux cibles israĂ©liennes, certainement dans le contexte des six mois de guerre Ă Gaza et de la crise politique israĂ©lienne due aux critiques croissantes de l’Occident.
Cependant, pour comprendre pourquoi les tensions se sont transformĂ©es en hystĂ©rie, nous devons parler honnĂŞtement du fait que la division du renseignement de Tsahal souffre de la crise la plus grave de son histoire, qui a commencĂ© avec la perte totale de la confiance du public en raison de l’Ă©valuation erronĂ©e des intentions du Hamas, ainsi que son comportement dans la nuit du 7 octobre. Comme si cela ne suffisait pas, le chef de la division de recherche, qui est en fait le numĂ©ro 2 de l’aile, a Ă©tĂ© contraint de dĂ©missionner en raison d’une tumeur cancĂ©reuse qui a Ă©tĂ© dĂ©couvert dans sa tĂŞte . Le lieutenant-colonel Amit Sa’ar a annoncĂ© hier sa retraite en raison de son Ă©tat de santĂ© mais a Ă©galement assumĂ© la responsabilitĂ© de l’Ă©chec. Aujourd’hui, il faut dire qu’au-delĂ des erreurs professionnelles, c’est un officier qui a fait beaucoup pour la sĂ©curitĂ© d’IsraĂ«l.
La personne qui sera temporairement remplacĂ©e est le lieutenant-colonel Itai Baron, qui occupait le poste de gĂ©nĂ©ral de brigade Sa’ar. Cette annonce a suscitĂ© de vives critiques, notamment de la droite, puisque Baron s’est prononcĂ© ouvertement contre la Quatorzième chaĂ®ne dans une interview avec le journal « Haaretz » (« Le grand danger est que la Quatorzième chaĂ®ne entre dans les discussions sur la sĂ©curitĂ© nationale. Il s’agit d’un Ă©norme danger existentiel. ») D’un point de vue professionnel, Baron a reçu un commentaire dans le rapport du contrĂ´leur d’État sur sa performance dans l’OpĂ©ration Tsouk Ethan parce que, selon le contrĂ´leur de l’Ă©poque, il n’a pas prĂ©sentĂ© au Cabinet la menace des tunnels « dans toute sa force et sa signification ».
La personne qui est censĂ©e occuper ce poste Ă plein temps est le lieutenant-colonel A, qui Ă©tudie actuellement au Collège de sĂ©curitĂ© nationale et qui Ă©tait dans le passĂ© chef adjoint des forces de sĂ©curitĂ© nationale lorsque ce poste Ă©tait occupĂ© par l’actuel chef d’Ă©tat-major, le gĂ©nĂ©ral de brigade Herzi Halevi. Comme toutes les nominations qui seront faites d’ici Ă ce que le chef d’Ă©tat-major quitte ses fonctions, celle du colonel A devrait Ă©galement ĂŞtre passĂ©e Ă la loupe. Ce qui n’est pas clair, c’est pourquoi attendre et ne pas le nommer immĂ©diatement : s’il faut kidnapper, alors au moins une fois et non deux.

Mahdavi – et la scène où il a été éliminé
( Photo : Reuters/Firas Makdesi )
Cependant, que faut-il dĂ©plorer Ă propos du sergent-major de recherche si son commandant, le chef de l’escadre, le gĂ©nĂ©ral de division Aharon Haliva, ne parvient toujours pas Ă ne pas alimenter le feu de la panique, aidĂ© par le comportement dĂ©routant du porte-parole de Tsahal. Ce dernier a publiĂ© hier un communiquĂ© s’appuyant sur ce qu’Haliva a dit aux hauts responsables de la division de renseignement suite aux bouleversements dans la division de recherche : « Je vous ai dit Ă maintes reprises qu’il n’est pas certain que le pire soit derrière nous et nous sommes avant des journĂ©es complexes.
Il faut aussi dire l’Ă©vidence : je doute qu’il y ait des gens dans tout le pays qui soient moins aptes Ă utiliser « je vous l’avais bien dit » que Haliva. Mais ce qui est plus important, c’est que le public vigilant a Ă©tĂ© exposĂ© Ă un tel message et que des pressions ont immĂ©diatement commencĂ© sur les chefs des autoritĂ©s pour qu’ils ouvrent des abris, et les revendeurs de gĂ©nĂ©rateurs ont Ă©galement fait une belle fortune. La personne qui est tout aussi coupable dans cette situation est le porte-parole de Tsahal, qui, comme nous l’avons mentionnĂ©, a publiĂ© cette annonce dans le cadre d’une sĂ©rie de briefings et d’annonces sur le dĂ©clenchement de l’alerte. Il n’est pas dĂ©raisonnable de se demander s’il ne s’agit pas seulement d’une approche prudente, mais une manière pour Tsahal de prouver au public que cette fois, contrairement au 7 octobre, il est sur ses gardes et ne sera pas surpris. Mais nous arrivons ici au vĂ©ritable problème : le public ne croit pas – ni Ă l’intimidation ni Ă l’apaisement. Et ce n’est pas seulement malsain ; C’est juste dangereux.
