Le prĂ©sident turc tentera de gagner au moins la moitiĂ© des voix en Turquie, ce qui lui permettra de se prĂ©parer Ă changer la constitution et d’instaurer son règne absolu.
Le 18 avril, Erdogan a annoncĂ© des Ă©lections anticipĂ©es de novembre 2019 au 24 juin de cette annĂ©e après avoir rĂ©ussi Ă neutraliser les centres d’opposition après le coup d’Etat avortĂ© de Juillet 2016. La dĂ©cision de l’armĂ©e indique que Erdogan se sent sĂ»r de lui et qu’il aimerait avoir dĂ©jĂ la lĂ©gitimitĂ© car il cherche Ă apporter des modifications Ă la constitution, vers un rĂ©gime prĂ©sidentiel. Erdogan lui-mĂŞme a dĂ©clarĂ© que la dĂ©cision d’avancer la date des Ă©lections est survenue dans le contexte de la situation Ă©conomique et de la crise en Syrie.
Selon un sondage publiĂ© le 7 juin, Erdogan obtiendra 48,7% des voix au premier tour, moins que les 50% nĂ©cessaires pour la victoire au premier tour. Le chef de l’opposition Incha obtiendrait 25,8% des voix, alors que l’ancien ministre de l’IntĂ©rieur, maintenant une opposante Ă Erdogan, Merle Aksener, recevra 14,4%. Le candidat kurde (HDP), tenu en prison, Selahattin Demirtas, recevra 10,1%.
Selon l’enquĂŞte, le parti «la justice et le dĂ©veloppement» et le parti nationaliste, connu sous le nom du «bloc du peuple», ne rĂ©alisera que 48,7% des voix. La «nation bloc», qui comprend le parti rĂ©publicain du peuple et le parti TDAA, recevra 38,9% des voix. Les Kurdes recevront 11,5% des voix pour le Parlement.
Les Ă©lections ont lieu alors que l’Ă©conomie turque souffre d’une crise et que la valeur de la livre turque s’Ă©rode. Depuis septembre 2017, le taux de la livre a chutĂ© de 24%. 20% d’entre eux dans la dernière annĂ©e. Certains pointent un doigt accusateur sur les «États du Golfe» et disent qu’ils ont agi contre l’Ă©conomie turque. Cette crise est critique pour Erdogan et son gouvernement. MalgrĂ© ceci, selon les rapports l’Ă©conomie turque croĂ®t de 7,4%, soit deux fois plus que l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente. Cependant, la Turquie souffre d’une inflation de plus de 10% et d’un dĂ©ficit croissant.
Les résultats de ces élections ont cinq scénarios principaux:
1. Erdogan va gagner dès le premier tour, et va devenir un sultan officiel et remporter la majorité au parlement.
2. Il gagnera au deuxième tour contre Incha et servira de président pour un autre mandat.
3. Il gagnera, mais perdra sa majorité absolue au parlement, et Ankara deviendra politiquement instable, ce qui nuira à son économie.
4. Incha va surprendre et remporter le second tour, qui conduira Ă un changement radical dans les relations entre la Turquie, l’Occident et IsraĂ«l.
5. L’opposition remportera la prĂ©sidence et le parti au pouvoir d’Erdogan remportera le parlement, ce qui provoquera un vĂ©ritable chaos.
Dans n’importe quelle situation, au moins trois dirigeants au Moyen-Orient souhaitent voir Erdogan s’Ă©loigner de la barre: le prĂ©sident Ă©gyptien Abd al-Fattah al-Sisi, le roi saoudien Salman et le dirigeant des Ă©mirats. Et certains se demandent si les rĂ©sultats des Ă©lections ont Ă©tĂ© fixĂ©s Ă l’avance.
Ă€ la fin de la semaine dernière, l’agence de presse turque Endolo a publiĂ© ses «rĂ©sultats Ă©lectoraux» et a Ă©tĂ© obligĂ©e de s’excuser après que plusieurs stations de tĂ©lĂ©vision et sites Internet eurent suivi. Selon ces «rĂ©sultats», Erdogan a remportĂ© l’Ă©lection avec 52,7% des voix, devant Incha, qui a obtenu 26,2%, Aksener 11,7% et Demirtas 7,1%. L’opposition Ă©tait furieuse et a affirmĂ© que l’agence avait l’intention de «jouer» avec les rĂ©sultats des Ă©lections.






