L’homme de Netanyahu affirme : « Les meilleurs jours d’IsraĂ«l et des États-Unis sont encore devant nous »

Pendant que les voix critiques se multiplient en IsraĂ«l autour de l’accord conclu entre Washington et TĂ©hĂ©ran, un homme de confiance du Premier ministre Benjamin Netanyahu choisit une posture radicalement diffĂ©rente. Ron Dermer, ancien ministre des Affaires stratĂ©giques et figure incontournable du cercle rapprochĂ© du chef du gouvernement, a pris la parole lors d’une soirĂ©e de gala de l’organisation Ichud Hatzalah, et ses dĂ©clarations ont immĂ©diatement retenu l’attention.

Dermer s’est d’abord attaquĂ© frontalement aux craintes exprimĂ©es autour de l’accord avec l’Iran. « J’ai entendu beaucoup de peurs et d’inquiĂ©tudes au sujet de l’accord avec l’Iran », a-t-il reconnu, avant d’appeler Ă  prendre du recul. « Parfois il faut faire un pas en arrière et Ă©valuer oĂą nous en sommes. »

Israel Hai - Toute l actualite israelienne en une seule application gratuite

Son bilan est sans ambiguĂŻtĂ© : « Il y a deux ans et demi, l’Iran reprĂ©sentait une menace existentielle pour IsraĂ«l. Trois ans plus tard, la capacitĂ© nuclĂ©aire de l’Iran a Ă©tĂ© dĂ©truite. » Ce qu’il reste aux Iraniens, selon lui, se rĂ©duit Ă  du matĂ©riel enrichi enfoui dans deux sites souterrains — « c’est tout ce qu’ils ont ». Quant Ă  leur capacitĂ© balistique, elle aurait « reculĂ© de plusieurs annĂ©es ». Dermer en tire une conclusion directe : cela donne Ă  IsraĂ«l le temps de renforcer ses dĂ©fenses, face Ă  un Iran « bien plus faible » qu’auparavant.

Sur la relation avec les États-Unis, Dermer, qui fut longtemps ambassadeur d’IsraĂ«l Ă  Washington, refuse catĂ©goriquement le rĂ©cit de la rupture. Sa formule est lapidaire : « Les meilleurs jours d’IsraĂ«l et des États-Unis sont encore devant nous. » Une affirmation qui prend une rĂ©sonance particulière dans un contexte oĂą beaucoup, en IsraĂ«l, perçoivent l’accord amĂ©ricano-iranien comme une trahison ou du moins comme un signe de mise Ă  distance de l’alliĂ© amĂ©ricain.

Dermer est également revenu sur la situation du Hezbollah au Liban, ainsi que sur les questions liées aux otages et à la guerre dans la bande de Gaza, sans que les détails de ces déclarations ne soient développés dans le compte rendu publié.

Le poids de ces propos tient en grande partie au profil de leur auteur. Ron Dermer n’est pas un commentateur extĂ©rieur : il est, depuis des annĂ©es, l’un des interlocuteurs les plus proches de Netanyahu sur les dossiers stratĂ©giques et amĂ©ricains. Ses prises de position publiques sont rares et pesĂ©es. Qu’il choisisse ce moment — le lendemain de l’accord — pour adresser un message d’optimisme rĂ©solu dit quelque chose sur la lecture que fait l’entourage du Premier ministre de la situation.

Face au pessimisme ambiant, Dermer incarne une ligne : celle qui refuse de lire l’accord comme un Ă©chec, prĂ©fère insister sur les dommages infligĂ©s Ă  l’Iran, et parie sur la continuitĂ© de l’alliance israĂ©lo-amĂ©ricaine. Une lecture que beaucoup en IsraĂ«l contestent vivement, mais qui traduit l’Ă©tat d’esprit du camp Netanyahu au lendemain d’une semaine qui a Ă©branlĂ© le pays.

Pour approfondir ce sujet, vous pouvez consulter notre analyse sur le pacte de dĂ©fense amĂ©ricano-israĂ©lien et notre article sur la pression amĂ©ricaine sur IsraĂ«l avec l’offensive dans la bande de Gaza.