Le directeur gĂ©nĂ©ral du Conseil sioniste en IsraĂ«l Ă©tait l’invitĂ© du studio d’Arutz 7 : « La peur du ‘bourbier libanais’ fait partie de la conception qui s’est effondrĂ©e — nous pouvons et devons vaincre. »
La « conception » — ce mot hante la sociĂ©tĂ© israĂ©lienne depuis le 7 octobre. Ce sont les certitudes fausses, les postulats non questionnĂ©s, les lignes rouges que l’on n’osait pas franchir par peur ou par conformisme intellectuel. Le lieutenant-colonel de rĂ©serve Yigal Brand, directeur gĂ©nĂ©ral de la direction mondiale du Betar et directeur gĂ©nĂ©ral du Conseil sioniste en IsraĂ«l, en a fait le fil conducteur d’une intervention remarquĂ©e dans le studio d’Arutz 7, oĂą il a dĂ©roulĂ© une analyse sans concession des fronts de la guerre — Liban, Gaza, Iran — et de l’Ă©tat d’esprit dans lequel IsraĂ«l devrait les aborder.
Brand a ouvert son intervention sur un sujet qui lui tient Ă cĹ“ur : le Prix des hĂ©ros du front intĂ©rieur que le Conseil sioniste dĂ©cerne chaque annĂ©e depuis le dĂ©but de la guerre. « La sociĂ©tĂ© israĂ©lienne a fait preuve d’une force extraordinaire — aide aux soldats, soutien aux populations dans le besoin, assistance aux Ă©vacuĂ©s, soutien aux familles des otages. Le prix est nĂ© du dĂ©sir de reconnaĂ®tre et d’honorer les personnes et les organisations qui ont agi. » Il appelle le public Ă soumettre des candidatures pour la prochaine Ă©dition.
Le Hezbollah n’est plus le protecteur du Liban — il en est le destructeur
Sur le front nord, Brand parle en connaissance de cause : il a Ă©tĂ© rappelĂ© au service pour la deuxième fois dans cette rĂ©gion. Et ce qu’il observe sur le terrain le distingue radicalement de la situation d’il y a dix-huit mois. « Avant, nous les avions surpris avec l’Ă©limination de Nasrallah, les bippers, etc. Le Hezbollah Ă©tait en Ă©tat de choc. » Mais depuis, la donne a changĂ© — et pas dans le sens qu’espĂ©rait l’organisation terroriste.
« Pendant trente ans, le Hezbollah s’est construit comme le protecteur du Liban. D’une guĂ©rilla qui combattait Tsahal dans les annĂ©es quatre-vingt-dix, il s’est muĂ© en gardien du Liban. Mais la rĂ©alitĂ© a radicalement changĂ© ces derniers mois — et surtout ces trois dernières semaines. Le Hezbollah n’est plus le protecteur du Liban, il en est le destructeur. » Brand estime que mĂŞme au sein de l’organisation, il devient difficile de se prĂ©senter comme les dĂ©fenseurs du pays.
« Le bourbier libanais » : une idĂ©e parmi d’autres dans la conception effondrĂ©e
La question du « bourbier libanais » — cette crainte viscĂ©rale d’un enlisement prolongĂ© dans le sud du Liban — revient comme un refrain dans le dĂ©bat public israĂ©lien. Brand la balaie sans dĂ©tour. « Qu’est-ce que le bourbier libanais ? Qu’est-ce qu’une zone de sĂ©curitĂ© ? Une zone de sĂ©curitĂ© est lĂ pour protĂ©ger les civils israĂ©liens. Une armĂ©e est censĂ©e protĂ©ger les habitants. Nous devons rester lĂ -bas pour que les rĂ©sidents du Nord puissent enfin vivre en sĂ©curitĂ©. Ne pas se contenter d’un accord quelconque et rentrer. Nous savons qu’un monstre terroriste est en train de se reconstruire lĂ -bas. »
Pour Brand, le retrait du Liban en son temps Ă©tait une erreur qui dĂ©coule d’un Ă©tat d’esprit progressiste qui a gangrĂ©nĂ© l’État et l’armĂ©e au cours des dernières dĂ©cennies. « C’est un esprit qui ne voit pas le Moyen-Orient comme il faut. Nous avons reçu la gifle terrible du 7 octobre, mais nous en avions reçu d’autres avant. » Il reconnaĂ®t cependant qu’il n’est pas certain qu’un maintien prolongĂ© et significatif au Liban après la prĂ©cĂ©dente opĂ©ration aurait Ă©tĂ© possible, compte tenu des autres dĂ©fis auxquels IsraĂ«l faisait face simultanĂ©ment — le retour des otages, la guerre intense Ă Gaza, la menace iranienne.
Gaza : « Nous n’avons pas terminĂ© le travail »
BlessĂ© il y a environ huit mois lors d’un accrochage avec des terroristes Ă Gaza, Brand porte un regard lucide et sĂ©vère sur cette zone. « À Gaza, nous n’avons pas terminĂ© le travail. Il faut dire la vĂ©ritĂ©. Nous contrĂ´lons plus de cinquante pour cent du territoire de la bande, mais les objectifs de guerre Ă©taient de retirer le contrĂ´le sĂ©curitaire et civil au Hamas — et nous ne l’avons pas fait. Nous avons ramenĂ© des otages, nous avons tuĂ© de nombreux terroristes, mais nous n’avons pas terminĂ© ce travail. »
Et Brand d’avertir : « Si nous ne voulons pas revenir aux jours d’avant le 7 octobre, nous devons savoir qu’au Moyen-Orient, les missions militaires doivent ĂŞtre menĂ©es Ă leur terme. Nous ne pouvons pas permettre que les habitants du Sud vivent Ă cĂ´tĂ© de ces monstres terroristes. Le Hamas doit ĂŞtre Ă©radiquĂ©, liquidĂ©, chassĂ©. »
Iran : « Ce que nous faisons là -bas est historique »
Sur le front iranien, Brand choisit dĂ©libĂ©rĂ©ment un registre Ă©levĂ© — presque solennel. « Ce qui se passe en Iran, c’est un changement historique. Le problème, c’est que dans les studios, on entend de plus en plus d’appels Ă la mollesse et aux cessez-le-feu. On demande comment l’opĂ©ration va se terminer, quelle est la stratĂ©gie de sortie. Écoutez : l’Iran est un pays soixante-quinze fois plus grand qu’IsraĂ«l, avec un million six cent mille kilomètres carrĂ©s. Et IsraĂ«l frappe librement en Iran avec son armĂ©e, aux cĂ´tĂ©s des AmĂ©ricains. Ce que nous faisons lĂ -bas est extraordinaire et stupĂ©fiant. »
Les objectifs de guerre doivent rester clairs, rĂ©pète-t-il : neutraliser la menace nuclĂ©aire et la menace balistique, et crĂ©er les conditions d’un changement de rĂ©gime. « Il y a un peuple iranien et c’est son choix. Si ce peuple ne le fait pas et que le rĂ©gime revient Ă sa volontĂ© de reconstruire l’axe du mal autour de nous, nous devrons y retourner. J’espère que nous n’attendrons pas la dernière minute, mais que nous empĂŞcherons dès le dĂ©part ce renforcement. »
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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