Dans la salle d’une circoncision, le rabbin Doron Peretz a entendu le nom de son fils mort résonner à nouveau — cette fois pour accueillir une vie qui commence.
Il y a des moments dans lesquels la douleur et l’espérance se rencontrent de façon inattendue. C’est ce qui s’est passé cette semaine lors de la circoncision du fils d’Elchanan Schakolnik, directeur du district Centre-Nord du mouvement Ezra. Au moment de l’annonce du prénom, Schakolnik a pris la parole devant les invités et a déclaré que son fils s’appellerait Yishaï Daniel — en mémoire du capitaine Daniel Peretz, tué au combat au poste de Nahal Oz le 7 octobre.
Le père du soldat, le rabbin Doron Peretz, président de l’Organisation sioniste mondiale et président du Mizrahi mondial — dont le fils a été enlevé le 7 octobre et dont le corps n’a été restitué qu’en octobre dernier — était présent à la cérémonie. Il a été honoré de la récitation des bénédictions. Ému, il a parlé aux convives de Daniel, de sa vie, de son sacrifice.
« Donner un nom à un combattant »
Ce moment n’est pas né du hasard. Schakolnik est à l’origine d’un projet d’hommage unique qu’il a lancé au lendemain du massacre : « Donner un nom à un combattant ». L’idée est aussi simple que puissante — encourager les familles qui attendent un enfant à choisir le prénom d’un soldat tombé, créant ainsi un lien vivant entre la mémoire des morts et la continuité des vivants.
« L’idée, c’est d’honorer chaque soldat tombé à travers un enfant qui portera son nom. Pour donner vie et continuité, des valeurs et une grandeur aux côtés du récit de bravoure de cette personne », a expliqué Schakolnik. Le projet a démarré peu après le premier anniversaire du massacre et se développe depuis dans les communautés religieuses-sionistes d’Israël.
Ce que ce projet incarne dépasse la simple commémoration. Il transforme le deuil collectif en acte fondateur : chaque enfant qui naîtra avec un prénom de soldat tombé deviendra, dans sa famille et sa communauté, le porteur vivant d’une histoire de bravoure. Une façon de ne pas laisser ces noms s’effacer avec le temps, mais de les inscrire dans les générations futures.
Dans une période où Israël vit simultanément la guerre, le deuil quotidien et la pression diplomatique internationale, ces moments de circoncision où un père endeuillé entend le nom de son fils mort prononcé avec amour pour un enfant qui vient de naître sont peut-être les plus humains de tous.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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