La pression Ă TĂ©hĂ©ran, la promesse des pays du Golfe – et l’aide amĂ©ricaine : l’Iran est en tension en prĂ©vision d’une Ă©ventuelle rĂ©ponse israĂ©lienne Ă l’attaque de missiles balistiques et est engagĂ© 24 heures sur 24, selon des sources proches du dossier, en urgence des efforts diplomatiques avec les pays de la rĂ©gion pour vĂ©rifier s’ils peuvent contribuer Ă rĂ©duire la portĂ©e de l’opĂ©ration israĂ©lienne – et peut-ĂŞtre aussi pour protĂ©ger les puristes. C’est ce que rĂ©vèle un reportage du rĂ©seau CNN.
Ce soir (samedi), IsraĂ«l a dĂ©clarĂ© que, conformĂ©ment Ă l’accord, les États-Unis transfĂ©reraient immĂ©diatement Ă IsraĂ«l un système de dĂ©fense aĂ©rienne de type THAAD pour aider Ă l’interception des missiles balistiques. Les AmĂ©ricains, en revanche, ont niĂ© qu’une telle dĂ©cision ait Ă©tĂ© prise – et au sein de l’establishment de la dĂ©fense, ils se sont davantage alignĂ©s et ont dĂ©clarĂ© que cette question Ă©tait toujours en discussion.
Le transfert de la batterie, s’il a lieu, se fait Ă la demande d’IsraĂ«l de la part des AmĂ©ricains, Ă©galement pour projeter de la puissance en envoyant des moyens militaires supplĂ©mentaires dans la rĂ©gion. Ă€ son arrivĂ©e, le système sera exploitĂ© par des soldats amĂ©ricains. Cela fait partie des prĂ©paratifs en cas d’une rĂ©ponse iranienne Ă l’attaque israĂ©lienne attendue. Selon un responsable de TĂ©hĂ©ran citĂ© par CNN, l’Iran a informĂ© les États-Unis qu’il riposterait Ă toute nouvelle attaque d’IsraĂ«l.
THAAD – Terminal High Altitude Area Defense – est un système mobile de dĂ©fense spatiale Ă haute altitude, similaire dans ses capacitĂ©s de pression. Il a Ă©galement la capacitĂ© d’intercepter des missiles en dehors de l’atmosphère et utilise l’énergie cinĂ©tique pour intercepter les missiles. Le système cible diffĂ©rentes parties de la trajectoire des missiles ennemis, ainsi que d’autres menaces.
L’inquiĂ©tude du rĂ©gime des Ayatollahs vient, entre autres, de l’incertitude quant Ă la capacitĂ© des États-Unis Ă convaincre IsraĂ«l de ne pas attaquer les installations nuclĂ©aires ou pĂ©trolières de l’Iran. Selon les sources, une autre raison de cette inquiĂ©tude est l’affaiblissement significatif du Hezbollah suite aux opĂ©rations de Tsahal au Liban le mois dernier.
 Au cours de la semaine et demie qui s’est Ă©coulĂ©e depuis l’attaque iranienne contre IsraĂ«l, Washington a eu des discussions continues avec JĂ©rusalem sur la nature de la rĂ©ponse. Les États-Unis ont clairement fait savoir, Ă huis clos comme publiquement, qu’ils ne voulaient pas qu’IsraĂ«l attaque ces sites stratĂ©giques en Iran, Ă la veille des Ă©lections prĂ©sidentielles qui auront lieu au dĂ©but du mois prochain. Lors de la première conversation depuis des semaines entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le prĂ©sident amĂ©ricain Joe Biden, ce dernier a dĂ©clarĂ© que la rĂ©ponse d’IsraĂ«l devait ĂŞtre « proportionnelle ».
Ceux qui s’inquiètent encore d’une Ă©ventuelle attaque importante contre les installations pĂ©trolières en Iran sont les alliĂ©s des États-Unis dans le Golfe, notamment le Qatar, BahreĂŻn et les Émirats arabes unis. Avec l’Arabie saoudite, ils auraient promis Ă TĂ©hĂ©ran et Ă Washington qu’ils ne permettraient pas Ă IsraĂ«l d’utiliser leur espace aĂ©rien pour attaquer l’Iran.
Les pays du Golfe souhaitent rester en dehors du conflit, mais ils sont conscients que toute escalade du conflit direct entre Jérusalem et Téhéran pourrait également leur nuire. Il est toutefois peu probable qu’ils agissent activement pour protéger le régime iranien. Les responsables arabes ont déclaré à CNN que leur inquiétude venait de la diminution de l’influence de Washington, après qu’Israël a ignoré à plusieurs reprises les appels à éviter une escalade dans le nord – et s’est lancé dans une série d’actions dramatiques (de l’explosion des bips à l’élimination de Nasrallah) au Liban.
Des responsables israĂ©liens ont affirmĂ© hier lors d’une conversation avec CNN que le cabinet n’avait pas encore dĂ©cidĂ© d’une action en Iran en rĂ©ponse Ă l’attaque de missile, mais si quelqu’un cherchait d’autres preuves de l’aggravation de la crise de confiance entre JĂ©rusalem et Washington, elles pourraient ĂŞtre trouvĂ©es dans la citation suivante d’un responsable amĂ©ricain. « Nous ne savons pas si le cabinet a rĂ©ellement votĂ© ou non », a-t-il admis, alors qu’après la conversation Netanyahu-Biden, il a Ă©tĂ© affirmĂ© que les diffĂ©rences entre les partis s’Ă©taient en rĂ©alitĂ© rĂ©duites.
La source a exprimĂ© des doutes quant au niveau de transparence d’IsraĂ«l avec les États-Unis. La semaine dernière, plusieurs mĂ©dias amĂ©ricains ont mĂŞme rapportĂ© qu’IsraĂ«l n’avait en rĂ©alitĂ© pas promis aux AmĂ©ricains qu’il n’attaquerait pas les installations nuclĂ©aires ou pĂ©trolières. IsraĂ«l, note le rapport, planifiait une attaque contre les capacitĂ©s nuclĂ©aires de l’Iran depuis des dĂ©cennies et avait organisĂ© il y a seulement deux ans un exercice militaire simulant une attaque contre ces capacitĂ©s.
Quelle sera la réponse à la réponse ?
Les États-Unis ne croient pas que l’Iran veuille entrer dans une guerre totale avec Israël, et de hauts responsables de Téhéran l’ont également déclaré haut et fort. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a déclaré cette semaine dans une interview à la chaîne Al-Jazeera que Netanyahu « est le seul à vouloir la guerre et à mettre le feu à la région pour rester au pouvoir ».
Malgré ces déclarations, un responsable américain a déclaré que Washington implorait les Iraniens, de manière indirecte, de calibrer leur réponse, si Israël attaquait le territoire du pays. Celui qui négocie régulièrement avec l’Iran est le Qatar, qui joue le rôle de médiateur sur tous les fronts depuis le début de la guerre.
Le responsable amĂ©ricain a admis qu’en fin de compte, « nous ne savons tout simplement pas ce que fera l’Iran ». Selon les estimations, les principales voix Ă TĂ©hĂ©ran auront des idĂ©es diffĂ©rentes sur l’opportunitĂ© et la manière de rĂ©pondre Ă IsraĂ«l. Une autre source au sein de l’administration Biden a dĂ©clarĂ© que cela « dĂ©pendra de l’ampleur de la dĂ©cision israĂ©lienne ». Il a notĂ© que les pourparlers avec l’Iran se sont poursuivis rĂ©gulièrement depuis qu’il a lancĂ© un barrage de missiles balistiques sur IsraĂ«l.
La menace de Gallant
Peu de temps après cette conversation entre Netanyahu et Biden, Ă laquelle s’est Ă©galement jointe la candidate dĂ©mocrate Ă la prĂ©sidentielle et vice-prĂ©sidente Kamala Harris, le ministre de la DĂ©fense Yoav Galant – qui a visitĂ© l’unitĂ© 9900 de la Division du renseignement, utilisĂ©e pour collecter des renseignements visuels – a dĂ©clarĂ© que « L’attaque iranienne Ă©tait agressive mais pas prĂ©cise. D’un autre cĂ´tĂ©, notre attaque sera meurtrière, prĂ©cise et surtout surprenante, ils ne comprendront pas ce qui s’est passĂ© et comment, et ils verront les rĂ©sultats. »
Il a soulignĂ© que l’armĂ©e de l’air n’a pas Ă©tĂ© blessĂ©e lors des frappes iraniennes, que toutes les pistes d’atterrissage fonctionnent et qu’aucun soldat ni civil n’a Ă©tĂ© blessĂ© non plus. Selon le bureau de Gallant, il a reçu dans l’unitĂ© 9900 un rapport sur la prĂ©paration des dernières attaques au Liban – ainsi que sur les attaques qui devraient avoir lieu dans les « diverses regions ». « Grâce Ă vous, nous voyons tout le Moyen-Orient : l’Iran, le Liban, la Syrie, le YĂ©men, l’Irak et partout ailleurs », a-t-il dĂ©clarĂ©. « Nous voyons exactement et de manière très ciblĂ©e n’importe quel endroit que nous voulons. »
Avant la conversation entre Biden et Netanyahu, le Premier ministre a posĂ© deux conditions pour le vol de Gallant vers les États-Unis – avant son approbation. L’une d’elles est une conversation qu’il aura avec Biden, après que les deux ne se soient pas parlĂ© pendant de nombreuses semaines malgrĂ© les dĂ©veloppements importants dans le nord, preuve des relations fragiles entre les deux dirigeants.








