L’Iran exploite les filières d’immigration illégale pour infiltrer des agents secrets en Grande-Bretagne via le tunnel sous la Manche, révèle le journal britannique « Daily Telegraph » vendredi soir. Selon cette enquête, les autorités d’immigration britanniques ont intercepté des individus liés aux services de renseignement de Téhéran qui tentaient d’entrer dans le pays à bord de petites embarcations.
Des passeurs au service des Gardiens de la révolution
Des passeurs opérant en Europe ont confié au journal que le régime iranien aidait des migrants installés dans la ville française de Calais à rejoindre la Grande-Bretagne, en échange d’une « faveur future » qu’ils devraient rendre une fois installés en Angleterre. Pour tenter d’endiguer ce phénomène, le ministère britannique de l’Intérieur a recours à des drones et à des tours d’observation intelligentes équipées d’intelligence artificielle pour surveiller les embarcations traversant la Manche.
Selon des sources officielles à Téhéran, ces réseaux de passage sont en réalité gérés par les Gardiens de la révolution islamique (IRGC), et une partie des filières de trafic d’êtres humains entre le Moyen-Orient et l’Europe se trouve sous leur contrôle total. Les suspects interpellés à bord des petites embarcations seraient vraisemblablement liés au ministère du Renseignement et de la Sécurité iranien. Cette révélation intervient peu après que l’Iran a menacé d’attaquer une base de la Royal Air Force britannique, à la suite d’une décision de prolonger l’autorisation d’usage américain de cette base.
Des sources iraniennes ont précisé que ces réseaux de contrebande sont exploités par « l’Unité 700 », bras logistique de la Force Qods — la branche des opérations secrètes extérieures des Gardiens de la révolution —, laquelle a été associée à la fourniture d’armes et de financements au Hamas, au Hezbollah, aux Houthis, ainsi qu’à d’autres organisations terroristes islamistes. Une source iranienne a déclaré : « N’oubliez pas que nos forces armées ont de l’influence, et dans certains cas elles gèrent ces filières de passage si elles le souhaitent. En ce moment même, nous avons des hommes à Londres, des révolutionnaires qui se soucient du monde et de la vie des enfants — ils attendent que nous leur disions ce qu’ils doivent faire. Nous ne l’avons pas encore fait, mais nous pourrions facilement rendre Londres dangereuse pour vous si nous le voulions. Ces filières de passage nous sont plus utiles et plus importantes que des missiles — nous n’avons pas besoin d’un missile pour frapper Londres, c’est plus simple que ça. »
Une menace jugée plus sérieuse que les petites embarcations elles-mêmes
Il est toutefois établi que le nombre de menaces provenant des petites embarcations reste minime comparé au nombre de personnes liées aux Gardiens de la révolution qui entrent en Grande-Bretagne par des vols réguliers en provenance d’Europe. Des responsables ont indiqué au « Telegraph » que la radicalisation et l’activation de la diaspora iranienne à Londres, ainsi que le recours à des relais sur le sol britannique, représentent un risque pour la sécurité nationale bien plus important que les petites embarcations, lesquelles constituent le plus souvent une voie coûteuse et peu fiable.
Ken McCallum, chef du MI5, avait averti en octobre que l’agence de renseignement avait suivi « plus de 20 complots potentiellement mortels parrainés par l’Iran » au cours des 12 mois précédents. Il avait également averti que l’Iran fait un « usage massif de criminels », y compris des trafiquants de drogue utilisés comme relais pour exécuter des missions pour le compte de Téhéran en Grande-Bretagne.
Sur ce sujet, retrouvez nos articles sur le réseau financier des Gardiens de la révolution démasqué en plein cœur de Londres ainsi que sur le réseau d’espionnage iranien démantelé en Israël.






