Des documents confidentiels rendus publics par le mĂ©dia Iran International rĂ©vèlent l’existence d’un rĂ©seau financier sophistiquĂ© opĂ©rant depuis la Grande-Bretagne, la Chine et les Émirats arabes unis, soupçonnĂ© de blanchiment de capitaux au profit des Gardiens de la rĂ©volution iraniens. Au centre de ce dispositif : la famille Zaringhalam, dont plusieurs membres rĂ©sident selon toute vraisemblance Ă Londres, et qui font dĂ©sormais l’objet de sanctions britanniques.
Le 11 mai, le gouvernement britannique a imposĂ© des sanctions Ă quatre membres de cette famille pour des liens avec des individus dont les activitĂ©s contribuent Ă dĂ©stabiliser le Royaume-Uni. L’un d’eux, Nasser Zaringhalam, est un ancien employĂ© de Nokia qui possède la citoyennetĂ© britannique. Il siège au conseil d’administration du groupe Pergas Petro Trade en Iran et dirige une sociĂ©tĂ© Ă Singapour. L’adresse enregistrĂ©e Ă son nom est celle d’une entreprise dans la tour Sama de DubaĂŻ. Ces deux entitĂ©s ont Ă©tĂ© inscrites sur la liste des sanctions amĂ©ricaines en raison de soupçons de blanchiment de capitaux au profit des Gardiens de la rĂ©volution.
37 sociétés-écrans et 140 comptes bancaires
En juin 2025, le ministère américain du Trésor avait déjà imposé des sanctions à Nasser et à son bureau de change, pour implication dans le financement du terrorisme. Des documents révélés par WikiIran montrent que Nasser et son bureau ont enregistré au moins 37 sociétés-écrans aux Émirats et en Chine, et détenaient dans ces pays plus de 140 comptes bancaires servant à contourner les sanctions internationales.
L’un des documents montre Nasser demandant Ă la sociĂ©tĂ© Zagros Petrochemical de virer trois millions d’euros Ă Fanzhian International, une sociĂ©tĂ©-Ă©cran basĂ©e en Chine. La transaction a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e via la Zhishank Bank. Or, l’actionnaire principal de Zagros Petrochemical est la Parsian Oil and Gas Group, elle-mĂŞme appartenant Ă la sociĂ©tĂ© d’investissement Ghadir, bras financier de l’organisme de sĂ©curitĂ© sociale des forces armĂ©es iraniennes. Le directeur gĂ©nĂ©ral de Parsian Oil and Gas Group est un gĂ©nĂ©ral de brigade des Gardiens de la rĂ©volution, Ahmad Vahidi Dastjardi, ancien vice-ministre de la DĂ©fense.
Un autre document dĂ©crit comment un second membre de la famille, Mansour, s’est engagĂ© Ă construire une « structure financière adaptĂ©e » pour transfĂ©rer des fonds et recevoir des paiements en devises Ă©trangères, tout en rĂ©duisant les risques de transfert grâce Ă la mise en place d’un rĂ©seau respectant « les principes de sĂ©curité ». Ce mĂŞme Mansour aurait blanchi des fonds pour la Persian Gulf Petrochemical Industries Company, deuxième entreprise d’Iran par le chiffre d’affaires et classĂ©e sur la liste des sanctions pour financement de la Force Qods des Gardiens de la rĂ©volution. L’un des documents retrace une transaction de plus de 890 000 euros acheminĂ©e via une sociĂ©tĂ©-Ă©cran vers un compte bancaire en Chine, avant d’ĂŞtre redirigĂ©e vers l’Allemagne.
Une sœur à Téhéran, une coordination au sommet
La coordination de l’ensemble du dispositif Ă TĂ©hĂ©ran serait assurĂ©e en partie par Mitra Zaringhalam, sĹ“ur des deux frères, âgĂ©e de 53 ans. Elle est propriĂ©taire de la sociĂ©tĂ© Zarin Tehran Investment. Elle et son entreprise figurent toutes deux sur la liste des sanctions amĂ©ricaines pour financement du terrorisme.
Nasser Zaringhalam, selon les registres disponibles, possède Ă©galement la citoyennetĂ© de Saint-Kitts-et-Nevis et est propriĂ©taire d’une maison Ă Finchley, quartier du nord de Londres abritant une importante communautĂ© iranienne.
Ces sanctions arrivent dans un contexte de surveillance accrue des activitĂ©s liĂ©es Ă l’Iran en Grande-Bretagne, après une sĂ©rie d’incidents dans le nord de Londres ciblant des sites juifs et des organisations mĂ©diatiques opposĂ©es Ă la RĂ©publique islamique. L’organisation Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiya, proche du gouvernement iranien, a revendiquĂ© sur les rĂ©seaux sociaux une partie de ces attaques.
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