La RĂ©publique islamique d’Iran a annoncĂ© qu’elle pourrait exĂ©cuter Vahid Afkari, frère du champion de lutte Navid Afkari, victime d’une exĂ©cution extrajudiciaire par la justice iranienne pour sa protestation contre la corruption du rĂ©gime iranien.
La fondatrice de la campagne «United for Navid», Masih Alinejad, a tweetĂ© samedi : «Après avoir exĂ©cutĂ© l’athlète innocent Navid Afkari pour avoir protestĂ©, les autoritĂ©s de la RĂ©publique islamique d’Iran ont menacĂ© d’exĂ©cuter son frère emprisonnĂ©, Vahid Afkari, si vous n’acceptez pas de faire des aveux forcĂ©s. Votre vie est en danger. # United4Navid ».
Alinejad est une dĂ©fenseure des droits des femmes qui a cultivĂ© des sources dans tout l’Iran pour ses reportages et son journalisme sur les violations des droits humains en RĂ©publique islamique.
Voice of America, une organisation de presse du gouvernement amĂ©ricain, a Ă©crit sur son site Web en persan que des responsables de la RĂ©publique islamique d’Iran ont menacĂ© Vahid de mort.
Les frères de Navid, Vahid et Habib, ont également participé à des manifestations anti-régime en 2018. Pour leurs manifestations pacifiques, le régime iranien a condamné Vahid à 54 ans et six mois de prison, et Habib à 27 ans et trois mois de prison. Les deux frères ont été torturés et isolés en prison.
Saeed Afkari, frère de Navid, Vahid et Habib, a tweetĂ© en farsi au sujet de « la plainte de ses frères contre l’isolement, les coups et aussi la menace de meurtre par deux hauts responsables de la RĂ©publique islamique ».
Il a ajoutĂ© qu’«après 228 jours, une sĂ©ance d’interrogatoire informel a eu lieu uniquement en prĂ©sence de Vahid. L’interrogateur n’a pas donnĂ© la permission d’accĂ©der au dossier, Ă la vidĂ©o des passages Ă tabac, au rapport de jurisprudence mĂ©dicale sur les blessures, et l’enfermement dans la solitude continue ».
Sheina Vojoudi, une dissidente iranienne, a fourni au Jerusalem Post la traduction du tweet de Saeed Afkari.
« Il n’y a pas un seul Ă©lĂ©ment de preuve dans cette fichue affaire qui prouve que je suis coupable », a dĂ©clarĂ© Navid Afkari, 27 ans, peu de temps avant son exĂ©cution en septembre 2020, ajoutant que les juges pendus du rĂ©gime « recherchent un cou pour sa corde ».
Pendant ce temps, la campagne United for Navid et l’organisation de dĂ©fense des droits humains du sport Global Athlete ont cĂ©lĂ©brĂ© la semaine dernière la dĂ©cision de la FĂ©dĂ©ration internationale de judo de suspendre la FĂ©dĂ©ration iranienne de judo (IJF) pour une pĂ©riode de quatre ans en raison de la discrimination contre les athlètes israĂ©liens.
Les deux organisations ont Ă©crit dans un communiquĂ© conjoint que « cette sanction est le rĂ©sultat du fait que des athlètes iraniens ont Ă©tĂ© forcĂ©s d’abandonner ou de perdre des matches pour les empĂŞcher de concourir contre des athlètes israĂ©liens ».
Rob Koehler, PDG de Global Athlete, a dĂ©clarĂ© que «par cette dĂ©cision, la FIJ a clairement montrĂ© son engagement envers les droits humains fondamentaux et les droits de ses athlètes. La discrimination n’a pas sa place dans le sport et les actions de la FĂ©dĂ©ration internationale de judo ont soutenu cet engagement ».
Le communiquĂ© a notĂ© que «ces violations des droits humains ne se limitent pas au sport du judo. C’est pourquoi nous appelons Ă nouveau le ComitĂ© international olympique (CIO) Ă ouvrir immĂ©diatement une enquĂŞte sur d’autres violations des droits de l’homme commises dans le sport iranien. La campagne United for Navid a fourni des preuves des abus et le CIO n’a pas encore agi. «Â
L’ancien entraĂ®neur de l’Ă©quipe de lutte grĂ©co-romaine iranienne et membre de la campagne United for Navid, Sardar Pashaei, a dĂ©clarĂ© : «Nous saluons la dĂ©cision de l’IJF de protĂ©ger les athlètes iraniens. Nous avons Ă©galement envoyĂ© des lettres au ComitĂ© international olympique exposant de nombreux cas d’abus d’athlètes par des responsables sportifs iraniens. Des mois ont passĂ©, mais le CIO refuse de rĂ©pondre. En tant qu’athlète iranien, je sais de première main qu’il y a une grande crainte de reprĂ©sailles pour ceux qui la dĂ©noncent, une crainte très rĂ©elle non seulement pour la sĂ©curitĂ© individuelle, mais pour la sĂ©curitĂ© de leurs familles. Le CIO doit agir maintenant ».
En outre, la Turquie menace d’expulser Afshin Sohrabzadeh, un Ă©minent dissident kurdo-iranien, vers la RĂ©publique islamique, selon les mĂ©dias. Sohrabzadeh sera probablement exĂ©cutĂ© si la Turquie l’expulsait vers le rĂ©gime iranien.
Le Guardian a rapportĂ© le mois dernier que « les dissidents iraniens en Turquie ne savent pas si le pays reste un havre de paix après ce qui semble ĂŞtre une nouvelle vague d’arrestations et de mesures d’expulsion visant les demandeurs d’asile de la RĂ©publique islamique. »
Le journal a Ă©crit que «Afshin Sohrabzadeh, a Ă©tĂ© torturĂ© et mis Ă l’isolement pendant sept ans en prison en Iran avant de rĂ©ussir Ă s’Ă©chapper lors d’une visite Ă l’hĂ´pital et de fuir de l’autre cĂ´tĂ© de la frontière vers la Turquie en 2016, suivi de sa femme».
Les autoritĂ©s turques ont arrĂŞtĂ© Sohrabzadeh après une visite au poste de police de la ville d’EskiĹźehir pour obtenir des documents de voyage. Le gouvernement turc a accusĂ© Sohrabzadeh d’ĂŞtre une menace pour la sĂ©curitĂ© nationale.





