L’oncle du capitaine Maoz Recanati, tombé au Liban : « Il a empêché l’explosion de toucher sa force et a sauvé de nombreux soldats »

L’oncle du capitaine Maoz Recanati, tombé au Liban : « Il a empêché l’explosion de toucher sa force et a sauvé de nombreux soldats »

Yehuda Ashaël, oncle du capitaine Maoz Israël Recanati tombé vendredi dans le sud du Liban, a accordé ce dimanche matin une interview à l’antenne de Ynet. Ce qu’il a dit dépasse le portrait d’un homme — c’est le récit d’un acte.

« Il a empêché l’explosion de toucher sa force et a sauvé de nombreux soldats », a déclaré Ashaël. « C’est ça, Maoz. En silence, sans relations publiques. Sans arrogance. Tout dans l’humilité et le calme. C’est une grande perte. »

Une phrase, et tout est dit. Le capitaine Recanati n’est pas mort en spectateur de la guerre. Il est mort en l’arrêtant.

Le sixième d’une fratrie de sept

Yehuda Ashaël a également livré un détail intime jusqu’alors inconnu du public : Maoz était le sixième enfant d’une fratrie de sept. « Il était le rouquin de la famille », a-t-il confié, avec cette tendresse que les familles réservent aux disparus dont on veut garder vivante l’image concrète — pas seulement le rang, le grade, le bataillon.

Maoz Israël Recanati avait 25 ans. Originaire du village d’Itamar, en Samarie, il était commandant de section au 12e bataillon de la brigade Golani. Il était fiancé à Rani, qui étudiait à la midrasha du village. Ils devaient se marier dans environ un mois.

L’oncle n’a pas cherché à adoucir la douleur. « Nous, dans la famille, nous souffrons et sommes sous le choc », a-t-il dit. « Et en même temps, nous sommes certains que ce n’était pas en vain. »

Vendredi, en plein Chabbat, un drone

Vendredi midi, des terroristes du Hezbollah ont lancé un drone explosif contre la force israélienne opérant dans le secteur central du sud du Liban. Le drone a atteint Recanati. Un autre combattant du même détachement a également été blessé — le même groupe avait déjà essuyé la frappe d’un obus de mortier qui avait coûté la vie au sergent Negev Dagan, du village de Dekel.

Ce que l’oncle a révélé ce matin ajoute une dimension que les communiqués officiels ne disaient pas : entre le drone et ses hommes, Maoz Recanati s’est trouvé. Délibérément ou par réflexe de commandant, il a absorbé le choc. Les soldats sous ses ordres sont vivants.

« Bravour et humilité »

Le chef du Conseil régional du Shomron, Yossi Dagan, l’avait décrit samedi comme « l’un des meilleurs d’entre nous — un officier courageux et un combattant dévoué, fils d’une famille pionnière et enracinée à Itamar, qui a grandi dans les valeurs de l’amour de la terre et du dévouement à l’État. » Il avait ajouté : « Le cœur se brise sur une vie jeune fauchée au moment même où il allait fonder un foyer en Israël. »

Le témoignage de l’oncle vient compléter ce portrait. Dagan parlait du soldat, du fils, du fiancé. Ashaël parle du commandant dans l’instant décisif — celui où, entre la mort et ses hommes, Maoz Recanati n’a pas hésité.

Ce dimanche matin, ses funérailles se tiennent en Samarie. Itamar enterre l’un de ses fils. Une famille perd son sixième enfant, le rouquin. Une fiancée perd le foyer qu’elle allait construire. Et plusieurs soldats de la brigade Golani rentrent chez eux parce que leur commandant a fait ce que font les commandants qui méritent leur grade.

Le capitaine Maoz Israël Recanati, que sa mémoire soit bénie.


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