L’Iran a franchi une nouvelle Ă©tape dans la violation de l’accord sur le nuclĂ©aire signĂ© avec les grandes puissances mondiales en 2015, a annoncĂ© lundi l’agence de contrĂ´le atomique des Nations Unies, selon un rapport.
Après le retrait unilatĂ©ral des États-Unis de l’accord nuclĂ©aire l’annĂ©e dernière, l’Iran a violĂ© les termes du pacte au cours des derniers mois en augmentant ses rĂ©serves d’uranium enrichi et ses capacitĂ©s d’enrichissement.
Lundi, l’Agence internationale de l’Ă©nergie atomique (AIEA) a envoyĂ© un rapport aux États membres indiquant que l’ Iran avait dĂ©passĂ© les 130 tonnes d’eau lourde autorisĂ©es par l’accord , selon l’agence de presse Reuters, qui en aurait obtenu un exemplaire.
 » Le 16 novembre 2019, l’Iran a informĂ© l’Agence que son stock d’eau lourde dĂ©passait 130 tonnes « , indique le rapport de l’AIEA.
« Le 17 novembre 2019, l’Agence a vĂ©rifiĂ© que l’installation de production d’eau lourde Ă©tait en exploitation et que les stocks d’eau lourde de l’Iran s’Ă©levaient Ă 131,5 tonnes mĂ©triques », ajoute le rapport.
Un membre important du puissant Conseil des Gardiens iraniens, Abbas Ali Kadkhodaei, a dĂ©clarĂ© Ă l’Associated Press la semaine dernière que la RĂ©publique islamique devrait cesser d’honorer tous les termes de l’accord effondrĂ©, tĂ©moignant ainsi d’une volontĂ© croissante des partisans extrĂ©mistes de l’Iran d’utiliser le programme nuclĂ©aire du pays pour faire pression sur les puissances occidentales.
Les experts en matière de non-prolifĂ©ration s’inquiètent dĂ©jĂ des mesures prises par TĂ©hĂ©ran au cours des derniers mois pour s’Ă©loigner de l’accord, ce qui rĂ©duirait le nombre d’annĂ©es nĂ©cessaires Ă la construction d’une bombe nuclĂ©aire s’il dĂ©cidait d’aller de l’avant.
L’Iran permet toujours aux inspecteurs des Nations Unies de superviser ses installations nucléaires et n’a pas poussé son enrichissement à des niveaux proches de 90% d’armes.
Téhéran dit que ces derniers mois, il a franchi quatre étapes dans la direction opposée à l’accord.
L’Iran enrichit maintenant l’uranium jusqu’à 4,5%, au-dessus des 3,67% autorisĂ©s par l’accord . Les autoritĂ©s iraniennes affirment que leurs rĂ©serves d’uranium faiblement enrichi dĂ©passent 500 kilogrammes (1 100 livres), au-delĂ de la limite de 300 kilogrammes (661 livres) de l’accord. Elle a Ă©galement commencĂ© Ă utiliser des centrifugeuses de pointe interdites par l’accord et a repris l’enrichissement dans ses installations souterraines de Fordo.
La décision de reprendre les travaux sur le site Fordo préoccupe particulièrement les experts en non-prolifération.
ProtĂ©gĂ© par les montagnes, l’Ă©tablissement est Ă©galement entourĂ© de canons anti-aĂ©riens et d’autres fortifications . Il a Ă peu près la taille d’un terrain de football, assez grand pour accueillir 3 000 centrifugeuses, mais suffisamment petit et durci pour que les autoritĂ©s amĂ©ricaines puissent soupçonner que son objectif Ă©tait l’enrichissement rapide de l’uranium Ă des niveaux de qualitĂ© militaire.
L’Iran insiste sur le fait que Fordo a été construit sur place pour le protéger des attaques aériennes menacées d’Israël et de l’Occident, mais que son seul objectif est de servir le programme nucléaire pacifique de l’Iran.
L’abandon total de l’accord pourrait conduire Ă une confrontation immĂ©diate. IsraĂ«l, qui a dĂ©jĂ bombardĂ© l’Irak et la Syrie pour arrĂŞter ses programmes atomiques, a plusieurs fois averti qu’il ne permettrait pas Ă l’Iran de construire une arme nuclĂ©aire.
En 2015, le Conseil des gardiens a approuvĂ© l’accord sur le nuclĂ©aire, en vertu duquel l’Iran limitait l’enrichissement d’uranium en Ă©change de la levĂ©e des sanctions Ă©conomiques. Les Iraniens ont cĂ©lĂ©brĂ© dans les rues de TĂ©hĂ©ran, espĂ©rant que l’accord entre leur prĂ©sident relativement modĂ©rĂ© Hassan Rouhani et le prĂ©sident amĂ©ricain Barack Obama permettrait Ă l’ Iran de normaliser ses relations avec l’Occident après des dĂ©cennies d’inimitiĂ©.
Mais le prĂ©sident des États-Unis, Donald Trump, s’est retirĂ© de l’accord en mai 2018, affirmant que l’accord n’allait pas assez loin pour empĂŞcher la RĂ©publique islamique de dĂ©velopper ses armes nuclĂ©aires, pour arrĂŞter le programme de missiles balistiques de l’Iran et ce qu’il a dĂ©crit comme l’influence malĂ©fique de TĂ©hĂ©ran Ă travers le Moyen-Orient.
Le retrait des États-Unis de l’accord nuclĂ©aire a entraĂ®nĂ© une chute libre de l’Ă©conomie iranienne . Des manifestations Ă©conomiques dans tout le pays ont provoquĂ© la colère de l’Iran Ă la fin de 2017. De nombreuses manifestations et Ă©meutes ont eu lieu rĂ©cemment contre le gouvernement pour protester contre la hausse impopulaire des prix de l’essence.





