Pendant que les missiles continuent de fuser et que les frappes israélo-américaines recomposent le Moyen-Orient, quelque chose de plus silencieux mais tout aussi décisif se construit en périphérie du conflit. Une coalition occidentale de facto est en train de se former, pays par pays, décision par décision — sans déclaration solennelle, sans sommet commun, mais avec une cohérence qui ne doit rien au hasard. L’Australie déploie des forces spéciales de réponse aux crises. L’Italie positionne ses systèmes de défense les plus avancés. L’Espagne révise sa posture. Et autour de Chypre, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni sont déjà en place.
Canberra sort de sa réserve
Le Premier ministre australien Anthony Albanese a franchi un pas qui aurait semblé impensable il y a quelques semaines encore. Son gouvernement déploie actuellement six équipes spéciales de réponse aux crises dans toute la région, et a déjà engagé des actifs militaires dans le cadre d’un plan de contingence, dont l’objectif central est d’évacuer et d’assister les ressortissants australiens pris dans les zones de conflit et se trouvant dans l’impossibilité de partir par leurs propres moyens. maariv
Albanese a été explicite sur la doctrine qui guide cette décision : les fonctionnaires du Département des Affaires étrangères et du Commerce travaillent en permanence et élargissent considérablement leur capacité de réponse consulaire pour faire face à l’afflux de demandes. maariv Ce n’est pas un dispositif de soutien politique — c’est une opération concrète, avec des hommes et des machines déjà en mouvement.
Le déploiement de forces étrangères à des fins d’évacuation — souvent en utilisant des bases avancées dans des pays voisins comme Chypre — est devenu une pratique nécessaire, dont l’objectif principal est de garantir la disponibilité immédiate de moyens de transport stratégiques et d’équipes médicales, en cas de fermeture de l’espace aérien civil ou de dégradation soudaine de la situation sécuritaire. maariv
Rome entre diplomatie et contrainte constitutionnelle
L’Italie joue un rôle plus complexe, tiraillée entre son engagement atlantique et ses obligations institutionnelles. Les ministres des Affaires étrangères et de la Défense, Antonio Tajani et Guido Crosetto, ont comparu devant le Parlement à Rome pour légitimer le mouvement politique et militaire rapide du gouvernement, dans le cadre d’une démarche élaborée après une réunion de consultation entre Meloni et le ministre de la Défense avec le président de la République au Palais du Quirinal, suivie de discussions avec les chefs du renseignement italien. maariv
Sur le plan militaire, l’Italie devrait déployer des systèmes de défense avancés de type SAMP/T, des moyens de lutte contre les drones et des navires de guerre. maariv Mais la question des bases américaines reste un point de friction. Crosetto a précisé que les États-Unis n’avaient pas encore demandé à utiliser les bases militaires italiennes pour des frappes — une démarche qui nécessiterait, selon la loi locale, une autorisation parlementaire spéciale. maariv
Pourtant, la réalité opérationnelle dépasse la rhétorique officielle. La presse italienne fait état d’une activité inhabituelle et intense d’avions de surveillance de type P-8A Poseidon de la marine américaine à la base de Sigonella en Sicile, zone où est également situé le centre de communication satellitaire stratégique américain MUOS. maariv Les avions volent, même quand les ministres parlent prudemment.
Sur le front diplomatique, Tajani mène des contacts intensifs avec Washington et a confirmé au secrétaire d’État américain Marco Rubio le soutien ferme de Rome aux pays du Golfe, tandis que Meloni s’est positionnée comme médiatrice centrale au Moyen-Orient après avoir conduit une série d’appels avec les dirigeants de Bahreïn, du Koweït, du Qatar, d’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis. maariv
Ce qui se dessine est l’émergence d’une architecture de sécurité collective informelle, construite dans l’urgence mais avec une logique stratégique claire. Le conflit Iran–Israël–États-Unis n’est plus une affaire régionale — il est devenu, qu’ils le veuillent ou non, l’affaire de l’Occident tout entier.
(Source : Maariv – https://www.maariv.co.il/news/world/article-1292245)
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