La Maison Blanche frappe fort : Trump boycotte le gouvernement polonais Ă  la Maison Blanche et menace de stopper le financement militaire avec la Pologne !

Donald Trump Andrzej Duda Wikimedia

Un site d’information de premier plan en Pologne a dĂ©clarĂ© lundi avoir obtenu des documents suggĂ©rant que les plus hauts responsables du pays n’Ă©taient pas les bienvenus Ă  la Maison Blanche après le vote d’une loi limitant le discours sur la Seconde Guerre mondiale.

Les documents, venant du site d’information Onet indiquent que le prĂ©sident Andrzej Duda et le Premier ministre Mateusz Morawiecki ne seront pas reçus par le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump ni aucun autre membre de son administration.

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Le personnel de l’ambassade amĂ©ricaine Ă  Varsovie a Ă©galement menacĂ© de suspendre le financement de projets militaires conjoints entre les États-Unis et la Pologne, selon Onet.

Le rapport a été refusé mardi par des fonctionnaires du gouvernement polonais.

Le vice-ministre polonais des Affaires étrangères, Bartosz Cichocki, a déclaré que Washington exprimait « des préoccupations et des questions » au sujet de la loi, mais que les rapports sur les mesures étaient faux.

La porte-parole du gouvernement, Joanna Kopcinska, a soulignĂ© que les canaux diplomatiques restent ouverts. Elle a fait remarquer que d’autres reprĂ©sentants du gouvernement se sont rĂ©cemment rendus Ă  Washington et le feront dans un proche avenir.

« La coopĂ©ration stratĂ©gique bilatĂ©rale avec les États-Unis n’est pas menacĂ©e, les contacts diplomatiques restent au niveau actuel » a dĂ©clarĂ© M. Kopcinska.

La crise rapportĂ©e dans les relations entre les États-Unis et la Pologne est due au passage, le mois dernier, d’une loi polonaise qui criminalise le fait de blâmer la Pologne pour les crimes nazis pendant la Shoah. La Pologne a Ă©tĂ© occupĂ©e en 1939 par l’Allemagne nazie, qui a construit certains de ses camps de la mort les plus notoires, y compris Auschwitz, sur le sol polonais.

Yad Vashem, le musĂ©e de la Shoah Ă  JĂ©rusalem, a averti que cela nuit au dĂ©bat et Ă  la recherche sur le gĂ©nocide. Et les politiciens israĂ©liens, y compris le dĂ©putĂ© de l’opposition Yair Lapid, ont dĂ©clarĂ© qu’ils blanchissaient ce qu’ils appelaient la complicitĂ© polonaise dans la Shoah — allĂ©gations que de nombreux Polonais trouvent choquantes et que le gouvernement polonais rejette.

« S’il est vrai que les AmĂ©ricains ont mis en place des sanctions contre la Pologne, alors l’affaire est sĂ©rieuse. Cela pourrait nuire Ă  la sĂ©curitĂ© de la Pologne » a dĂ©clarĂ© mardi Stanislaw Tyszka, vice-prĂ©sident du parlement d’un petit parti de droite, Kuziz ’15.

Le mois dernier, l’ambassade amĂ©ricaine en Pologne a dĂ©clarĂ© qu’elle Ă©tait « prĂ©occupĂ©e par les rĂ©percussions sur les relations bilatĂ©rales depuis l’adoption de la loi par le SĂ©nat polonais. »

Plus tard, le mĂŞme mois, Morawiecki, lors d’une interview, fit une remarque suggĂ©rant qu’il y avait des « exĂ©cutants juifs » de la Shoah, ainsi que des exĂ©cutants polonais, ukrainiens et allemands.

DĂ©criĂ©e comme une forme de dĂ©ni de la Shoah ou de rĂ©visionnisme en Pologne et Ă  l’Ă©tranger, sa remarque a suscitĂ© une rĂ©action inhabituellement sĂ©vère de la part de Netanyahu, qui a qualifiĂ© l’assertion de Morawiecki de « scandaleuse ».

Jonny Daniels, fondateur du groupe de commĂ©moration «From the Depths» en Pologne, a qualifiĂ© l’interdiction de la Maison Blanche de « rĂ©ponse très forte ». Il a suggĂ©rĂ© que les relations amĂ©ricano-polonaises s’amĂ©liorent depuis la conclusion des pourparlers entre IsraĂ«l et la Pologne pour mettre fin Ă  la crise de façon lĂ©gale.

« Je suis certain qu’avec les pourparlers et la bonne entente entre les gouvernements polonais et israĂ©lien afin de rĂ©soudre ce problème, les affaires reprendront bientĂ´t leur cours normal » a-t-il dĂ©clarĂ©.

La législation sur la complicité dans la Shoah, qui attend toujours un contrôle judiciaire en Pologne, est entrée en vigueur jeudi.

Sous la direction du vice-ministre polonais des Affaires Ă©trangères, une dĂ©lĂ©gation polonaise de hauts responsables venus de Varsonie s’est rendue en IsraĂ«l la semaine dernière pour discuter d’Ă©ventuels amendements Ă  la loi.

Dans sa version actuelle, la loi prĂ©voit des peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’Ă  trois ans pour avoir attribuĂ© les crimes de l’Allemagne nazie Ă  l’État ou Ă  la nation polonais. Le projet de loi prĂ©voit Ă©galement des amendes ou une peine d’emprisonnement maximale de trois ans pour quiconque se rĂ©fère aux camps de la mort allemands nazis comme polonais.

Un paragraphe clĂ© de la loi stipule : « Quiconque prĂ©tend, publiquement et contrairement aux faits, que la nation polonaise ou la RĂ©publique de Pologne est responsable ou coresponsable des crimes nazis commis par le Troisième Reich […] ou d’autres crimes comme les crimes contre la paix, les crimes contre l’humanitĂ© ou les crimes de guerre, ou quiconque diminuera de manière flagrante la responsabilitĂ© des vĂ©ritables auteurs desdits crimes, sera passible d’une amende ou d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’Ă  trois ans. »

Le site Times of Israel (en anglais) a contribué à ce rapport.