La visite prĂ©vue du premier ministre israĂ©lien Benjamin Netanyahu Ă New York s’est transformĂ©e en nouveau terrain d’affrontement entre le maire de la ville, Zohran Mamdani, et le prĂ©sident des États-Unis, Donald Trump. Mamdani est revenu ce lundi, lors d’une confĂ©rence de presse, sur la possibilitĂ© d’ordonner l’arrestation du premier ministre Netanyahu, mais a cette fois-ci reconnu de facto que la lĂ©gislation amĂ©ricaine ne le lui permettait pas.
« Il s’agit d’un homme visĂ© par un mandat d’arrĂŞt de la Cour pour crimes prĂ©sumĂ©s contre l’humanitĂ© et crimes de guerre, et il est l’architecte du gĂ©nocide contre les Palestiniens Ă Gaza, dans ses fonctions de premier ministre d’IsraĂ«l », a-t-il dĂ©clarĂ©. « Ce ne sont pas des apprĂ©ciations personnelles de ma part, ce sont des faits documentĂ©s. »
Selon lui, « lorsque quelqu’un est visĂ© par un mandat d’arrĂŞt de la Cour, c’est une affaire Ă prendre au sĂ©rieux, qu’il s’agisse de Benjamin Netanyahu, de Vladimir Poutine ou de n’importe qui d’autre », mais il a ajoutĂ© que « son administration agira conformĂ©ment Ă toutes les lois locales pertinentes ». InterrogĂ© pour savoir s’il ordonnerait l’arrestation d’autres personnalitĂ©s figurant sur la liste des personnes recherchĂ©es par la Cour, il a rĂ©pondu qu’un tel mandat « mĂ©rite d’ĂŞtre appliquĂ© », tout en rĂ©pĂ©tant : « Nous agirons selon nos lois locales. »
Face Ă lui, le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump s’est montrĂ© très ferme et sans ambiguĂŻtĂ©. Selon lui, « Benjamin Netanyahu ne sera pas arrĂŞtĂ©, d’aucune façon, sous aucune forme, pendant son sĂ©jour aux États-Unis ». Trump a Ă©tabli un lien entre l’image de Netanyahu dans le monde et la guerre contre l’Iran. Selon ses mots, « il combat la RĂ©publique islamique d’Iran, qui a rĂ©cemment assassinĂ© 52 000 manifestants innocents, et qui, depuis 47 ans, tue des soldats amĂ©ricains et d’autres. Les seuls qui mĂ©ritent d’ĂŞtre arrĂŞtĂ©s sont ceux qui ont conduit l’Iran dans cette spirale de mort et de destruction sans prĂ©cĂ©dent — quelque chose qui aurait dĂ» ĂŞtre traitĂ© il y a des annĂ©es dĂ©jĂ , par des prĂ©sidents prĂ©cĂ©dents. »
Un mandat d’arrĂŞt Ă©mis en 2024, toujours contestĂ©
Le mandat d’arrĂŞt de la Cour pĂ©nale internationale visant Benjamin Netanyahu remonte Ă novembre 2024, lorsque la Cour l’a inculpĂ© pour crimes de guerre et crimes contre l’humanitĂ© liĂ©s au conflit Ă Gaza, notamment pour « l’utilisation de la famine comme mĂ©thode de guerre ». Le bureau du premier ministre israĂ©lien a vivement rĂ©agi Ă la reprise de cette affaire par Mamdani, qualifiant la Cour de « tribunal fantoche n’ayant aucune juridiction sur les AmĂ©ricains ou les IsraĂ©liens », et rappelant que le mandat avait Ă©tĂ© Ă©mis par l’ancien procureur de la Cour, Karim Khan, quelques jours seulement avant que des accusations d’inconduite sexuelle ne soient rendues publiques contre lui.
Mamdani, qui avait affirmĂ© lors d’un entretien avec le podcast « The Interview » du New York Times que « le premier ministre Netanyahu a sa place Ă La Haye » et qu’il est « un criminel de guerre inculpĂ© par la Cour pĂ©nale internationale », a prĂ©cisĂ© que ses services juridiques discutaient activement de la possibilitĂ© pour la ville d’agir sur la base de ce mandat, dans la perspective de la visite de Netanyahu Ă New York pour l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies en septembre.
Cette prise de position n’a pas fait consensus, y compris dans son propre camp. Le sĂ©nateur dĂ©mocrate John Fetterman a qualifiĂ© Mamdani de « clown », soulignant qu’il n’avait de toute façon aucun moyen concret d’agir. L’Ă©lu dĂ©mocrate Ro Khanna, pourtant proche des positions pro-palestiniennes de Mamdani, a lui aussi pris ses distances, estimant que Netanyahu pouvait se rendre Ă l’AssemblĂ©e des Nations unies et que la procĂ©dure judiciaire devant la Cour suivrait son cours sans qu’il soit nĂ©cessaire, selon lui, de « crĂ©er un spectacle ».
Netanyahu attendu pour les funĂ©railles d’un alliĂ©
Le contexte de cette polĂ©mique n’est pas anodin : Netanyahu doit se rendre aux États-Unis pour assister mardi aux funĂ©railles du sĂ©nateur rĂ©publicain pro-israĂ©lien Lindsey Graham, dĂ©cĂ©dĂ© subitement ce mois-ci, avant une rencontre initialement prĂ©vue avec le prĂ©sident Trump. Sur le plan politique local, l’Ă©lue municipale rĂ©publicaine Inna Vernikov, elle-mĂŞme juive et critique de longue date de Mamdani, a Ă©crit au secrĂ©taire d’État Marco Rubio pour demander qu’un avertissement officiel soit adressĂ© au maire, et qu’une position soit rendue publique sur la question de savoir si une tentative d’arrestation de Netanyahu exposerait Mamdani lui-mĂŞme Ă des poursuites fĂ©dĂ©rales.
Cette controverse s’inscrit dans une relation dĂ©jĂ tendue entre le maire de New York et l’État d’IsraĂ«l, Mamdani Ă©tant connu pour ses positions très critiques envers la politique israĂ©lienne depuis son Ă©lection.
Pour prolonger ce sujet, deux articles déjà publiés sur infos-israel.news permettent de mieux cerner le contexte de cette affaire :
- Le nouveau Congrès rĂ©publicain dĂ©clare la guerre Ă la CPI Ă cause des mandats d’arrĂŞt israĂ©liens, qui revient sur la rĂ©action amĂ©ricaine aux mandats d’arrĂŞt de la Cour contre des responsables israĂ©liens.
- « Marie Ă©tait une Palestinienne » en territoire occupĂ© : l’Ă©pouse de Mamdani dĂ©clenche une polĂ©mique, qui Ă©claire le climat de tensions dĂ©jĂ existant autour du maire de New York et de ses positions sur IsraĂ«l.






