Le ministère des Affaires étrangères accuse Facebook de ne pas supprimer des milliers de messages incitant au terrorisme contre les Juifs

Le directeur du Ministère de la recherche et du développement pour la diplomatie numérique a dit que seul la moitié des 11.840 postes déclarés comme ne respectant pas les conditions générales de réseaux sociaux ont été supprimés.

Suite Ă  cette passivitĂ©, le ministère des Affaires Ă©trangères d’IsraĂ«l a accusĂ© Facebook d’inciter au terrorisme en ne supprimant pas des milliers de posts qui ont Ă©tĂ© signalĂ©s comme de l’incitation anti-israĂ©lienne sur les mĂ©dias sociaux.

Israel Hai - Toute l actualite israelienne en une seule application gratuite

Les fonctionnaires sur Facebook de leur part ont dĂ©clarĂ© qu’ils attendent de recevoir les informations sur les messages incitants du ministère des Affaires Ă©trangères.

Ce dimanche, le gouvernement israĂ©lien a approuvĂ© un projet de loi qui permettrait Ă  un tribunal d’ordonner des sites tels que Facebook et YouTube d’Ă©liminer la matière jugĂ©e « incitation » qui contribue Ă  la violence palestinienne. Le projet de loi va maintenant ĂŞtre repris par la Knesset.

D’autres ont exprimĂ© leur inquiĂ©tude concernant une telle loi qui pourrait ĂŞtre abusĂ©e et nuire Ă  la libertĂ© d’expression.

La loi, connue sous le nom « Bill Facebook », permettrait au gouvernement de demander Ă  un tribunal d’avoir du matĂ©riel en ligne, pour que l’incitation soit supprimĂ©e dans les cas oĂą elle pose « un risque rĂ©el pour la sĂ©curitĂ© d’une personne, le public ou l’Ă©tat », a dĂ©clarĂ© la ministre de la Justice Ayelet Shaked dans un communiquĂ©.

Le ministère des Affaires Ă©trangères rassemble les plaintes de ses reprĂ©sentants dans le monde entier Ă  propos de messages sur Facebook qui sont anti-sĂ©mite et/ou incitent Ă  l’assassinat des IsraĂ©liens et des Juifs.

Elad Ratson, le directeur du ministère des Affaires Ă©trangères de la Recherche et du DĂ©veloppement pour la Diplomatie numĂ©rique, a dĂ©clarĂ© Ă  Ynet que depuis le dĂ©but de l’annĂ©e, ce ministère a traitĂ© 21 957 plaintes d’incitation ou de messages antisĂ©mites sur Facebook.

Les messages sont envoyĂ©s automatiquement de l’État des reprĂ©sentants d’IsraĂ«l Ă  travers le monde. Après un examen approfondi, 11.840 d’entre eux ont Ă©tĂ© identifiĂ©s comme des messages qui violent les propres termes et conditions de Facebook.

Il a ajoutĂ© que, bien que tous les messages ont Ă©tĂ© signalĂ©s par les utilisateurs Ă  travers les mĂ©thodes proposĂ©es par Facebook, le rĂ©seau social ne les a pas encore supprimĂ©s. Suite au dĂ©veloppement d’un système technologique unique permettant au ministère des Affaires Ă©trangères de surveiller la façon dont Facebook rĂ©pond aux rapports des utilisateurs, cela a permis la suppression de 7.133 postes (53 pour cent des postes dĂ©clarĂ©s).

Noam Katz, directeur adjoint des mĂ©dias et des affaires publiques de la division du ministère des Affaires Ă©trangères, a utilisĂ© des mots durs rĂ©cemment pour dĂ©crire un contrĂ´le quasi absolu de Facebook sur l’information. Il a utilisĂ© les termes « sociĂ©tĂ© totalitaire », et a prĂ©cisĂ© les dangers liĂ©s Ă  l’Ă©chec de Facebook pour gĂ©rer le contenu incitant Ă  la haine et Ă  la violence.
Facebook IsraĂ«l a offert la rĂ©ponse suivante : « Tout le monde peut signaler un contenu sur Facebook qu’ils croient en contradiction avec la politique de l’entreprise. De plus, nous utilisons parfois des canaux de communication directs avec les gouvernements Ă  travers le monde et les organisations non-gouvernementales dans le but de se familiariser avec le contenu qui pourrait violer les règles de notre communautĂ©.

« En AoĂ»t 2015, Facebook a Ă©tĂ© informĂ© que le ministère des Affaires Ă©trangères a fait la collecte de contenu qui comprenait l’incitation. Facebook a demandĂ© Ă  voir les informations afin de supprimer tout contenu violant ses règles. Les demandes rĂ©pĂ©tĂ©es pour recevoir les informations Ă©taient sans rĂ©ponse. En outre, Facebook a suggĂ©rĂ© une rĂ©union avec le ministère des Affaires Ă©trangères afin de discuter de la façon dont le contenu est rapportĂ©, et la demande est restĂ©e sans rĂ©ponse ».

Le rĂ©seau social a ajoutĂ© dans sa rĂ©ponse que « il n’y a rien de plus important Ă  Facebook que la sĂ©curitĂ© de la communautĂ©, et la sociĂ©tĂ© est en train de faire beaucoup pour protĂ©ger ses utilisateurs. Nous espĂ©rons que dans l’avenir, le ministère des Affaires Ă©trangères fera un rapport  directement Ă  nous, tout comme d’autres organismes gouvernementaux en IsraĂ«l et dans le monde entier  afin que nous puissions travailler Ă  Ă©liminer rapidement tout contenu violant les règles communautaires ».

Le ministère des Affaires Ă©trangères a dĂ©clarĂ© en rĂ©ponse qu’il « rencontre systĂ©matiquement le manque de transparence dans chaque dialogue avec Facebook quand on parle du sujet incitant par les contenus, mais aussi la dĂ©sinformation et la haine. Le ministère des Affaires Ă©trangères serait heureux de partager avec Facebook des informations sur le contenu problĂ©matique qui a Ă©tĂ© recueilli avec beaucoup d’efforts au fil du temps. Une telle discussion, cependant, ne peut pas ĂŞtre efficace et significative aussi longtemps que Facebook insiste sur la dissimulation des règles du mĂ©canisme qu’il a construit pour gĂ©rer le contenu qui viole sa propre politique.

Malheureusement, pour une raison quelconque, Facebook insiste sur l’imposition d’une interdiction complète sur la façon dont le mĂ©canisme fonctionne, y compris les critères, l’identitĂ© des personnes qui prennent des dĂ©cisions de contenu sur une base quotidienne et le niveau de leur familiaritĂ© avec la violence et l’incitation concernant le Moyen-orient ».

Le ministère a ajoutĂ© qu’il « fait tout ce qui est en son pouvoir pour aider Ă  combattre les cas d’incitations sur Facebook, les cas de dĂ©sinformation et de haine, mais nous nous attendons Ă  ce que Facebook dĂ©montre le mĂŞme niveau d’engagement Ă  ce sujet. Le manque de transparence de la part de Facebook, est très difficile pour crĂ©er l’atmosphère constructive qui est une condition pour dĂ©fendre avec succès les utilisateurs contre l’incitation, la dĂ©sinformation et la haine. Nous nous attendons Ă  ce que Facebook agisse rapidement et avec dĂ©termination contre ce phĂ©nomène, en coopĂ©ration sincère, ouverte et transparente avec le ministère des Affaires Ă©trangères ».

Facebook a eu affaire Ă  des accusations graves depuis le dĂ©but de l’annĂ©e 2016. Le rĂ©seau social a Ă©tĂ© accusĂ© d’obtenir « un pouvoir sans prĂ©cĂ©dent » comme un monopole exclusif, qui est « non seulement une menace pour la dĂ©mocratie, mais aussi une menace pour le capitalisme », selon l’activiste social Robert McChesney.

Le gouvernement indien a accusĂ© Facebook en FĂ©vrier dernier « de colonialisme numĂ©rique » suite Ă  la violation de la neutralitĂ© du rĂ©seau par Facebook en Inde. Les organisations des droits de l’homme dans les Etats-Unis ont accusĂ© Facebook d’imposer la censure incontrĂ´lĂ©e et ont parlĂ© de la nĂ©cessitĂ© d’une lĂ©gislation qui obligerait le rĂ©seau social à tenir compte de la fermeture sans surveillance des comptes et la suppression du contenu. En outre, Facebook a Ă©tĂ© accusĂ© d’influencer l’Ă©lection prĂ©sidentielle amĂ©ricaine en raison des Ă©normes quantitĂ©s de faux contenu et de dĂ©sinformation sur le rĂ©seau.

L’AFP a contribuĂ© Ă  ce rapport.