La ministre israélienne de la Justice loue le droit allemand punissant les réseaux sociaux pour les propos de haine non retirés

S’exprimant sur un forum sur le cyber-terrorisme et la propagande haineuse, lors de la semaine Cyber Ă  l’UniversitĂ© de Tel Aviv, la ministre de la Justice, Ayelet Shaked, a dĂ©clarĂ© que la capacitĂ© de l’État Ă  maintenir sa sĂ©curitĂ© interne est compromise par la manière dont les plateformes du cyberespace sont exploitĂ©es par les instigateurs et les partisans du terrorisme.

Shaked se rĂ©fère Ă  un projet de loi allemand actuel qui stipule, entre autres, que la diffamation de l’État et ses symboles, l’encouragement d’actions violentes mettant en danger l’État, l’incitation du public Ă  commettre un crime et la crĂ©ation d’organisations terroristes constituent un contenu illĂ©gal lorsqu’il est affichĂ© en ligne.

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La loi sur l’utilisation des rĂ©seaux sociaux, annoncĂ©e en mars par le ministre allemand de la Justice, Heiko Maas, dĂ©tient les sociĂ©tĂ©s de mĂ©dias sociaux responsables de contenu publiĂ© sur leurs sites, exigeant que tout cela soit conforme aux lois strictes de l’Allemagne en matière de discours haineux et de diffamation.

Avec une admirable attitude allemande, le projet de loi impose des amendes allant jusqu’Ă  55 millions de dollars aux entreprises technologiques qui ne suppriment pas les discours haineux, l’incitation Ă  la violence et d’autres contenus «évidemment illĂ©gaux» de leurs plates-formes dans les 24 heures. Un contenu plus ambigu doit ĂŞtre traitĂ© dans un dĂ©lai d’une semaine.

Le projet de loi Heiko Maas est attaquĂ© dans toute l’Europe en raison de son effet  évident sur la libertĂ© d’expression. On s’attend Ă  ce que les entreprises errent du cĂ´tĂ© de la prudence, balayant sans discernement tous les discours qui pourraient ĂŞtre considĂ©rĂ©s comme haineux .

Rappelant le dĂ©but de la vague de terreur d’IsraĂ«l, et de « loups solitaire », qui a Ă©clatĂ© en septembre 2015, la ministre Shaked a notĂ© que sept  des dix premiers cas de cette vague avaient Ă©tĂ© commis par des personnes exposĂ©es Ă  la propagande haineuse sur les rĂ©seaux sociaux. Les informations provenaient simplement de l’exploration de leurs comptes ou des tĂ©moignages de ces individus qui restaient en vie après leurs attaques.

« Ce phénomène provient de la nature même du cyberespace, qui a transformé le monde en un petit village. Les fournisseurs de services ont transformé chaque participant en porte-parole; Chaque citoyen iranien exerce une influence en Israël et aux États-Unis; Chaque activiste ISIS mobilise les citoyens européens vers la terreur « , a expliqué Shaked.

Le contrĂ´le de ce phĂ©nomène est entre les mains des fournisseurs de services, et les Ă©tats dĂ©pendent de leur volontĂ© de rĂ©guler l’activitĂ© qu’ils facilitent, poursuit Shaked, notant que «puisque les fournisseurs sont des entreprises internationales, il existe des limites Ă  la force exĂ©cutoire des lois locales».

« Les outils habituels – exposer et arrĂŞter les instigateurs, recueillir des preuves et les poursuivre – ne sont pas applicables dans la plupart de ces cas », a dĂ©clarĂ© Shaked, « tandis que Internet permet la distribution de masse, l’anonymat et les actions prises en dehors d’IsraĂ«l qui affectent les Ă©vĂ©nements Ă  l’intĂ©rieur IsraĂ«l. »

« En effet, notre souverainetĂ© est violĂ©e », souligne Shaked. « La capacitĂ© de l’État Ă  maintenir sa sĂ©curitĂ© interne est compromise par la manière dont les caractĂ©ristiques du cyberespace sont exploitĂ©es nĂ©gativement par les instigateurs et les partisans du terrorisme ».

Le ministre de la Justice a dĂ©clarĂ© qu’elle avait demandĂ© Ă  son personnel professionnel d’agir Ă  plusieurs niveaux:

1. Un groupe de travail interministĂ©riel, dirigĂ© par le cyber dĂ©partement du bureau du procureur de l’État, et en coopĂ©ration avec divers organismes de sĂ©curitĂ©, qui va identifier l’incitation au contenu associĂ© Ă  des organisations ou activitĂ©s terroristes. Après avoir localisĂ© le contenu, les demandes lĂ©gales sont soumises pour supprimer le contenu interdit, en collaboration avec les fournisseurs de services Internet.

2. Le groupe de travail s’est concentrĂ© sur le discours avec les principaux fournisseurs d’Internet, tels que Google, Facebook et Twitter, afin de clarifier la perception d’IsraĂ«l de ce qui constitue un contenu incitant et interdit.

3. La lĂ©gislation, ainsi que le ministre de la SĂ©curitĂ© publique Gilad Erdan, ont pour objectif de supprimer le contenu de l’Internet et des rĂ©seaux sociaux par une ordonnance du tribunal.

4. La lĂ©gislation visant Ă  empĂŞcher l’accès au contenu qui soutient le terrorisme.

5. Une future conférence des ministres de la justice du monde entier pourra établir une coopération dans la lutte contre la propagande haineuse, la violence et le contenu de haine dans les réseaux sociaux.

« Je veux me connecter au message que j’entends des grandes entreprises d’Internet comme Google et Facebook, que les rĂ©seaux sociaux n’ont pas la place Ă  la terreur ou Ă  la haine », a conclu Shaked.

« Je suis d’accord avec ce message et je me sens profondĂ©ment engagĂ©e Ă  remplir notre devoir d’Ă©radiquer le mal qui se dĂ©veloppe dans l’espace en ligne et qui affecte Ă©galement notre sĂ©curitĂ© physique ».