La Coupe du monde 2026 appartient déjà au passé, et les regards se tournent désormais vers le prochain tournoi. En vue du Mondial 2030, que le Maroc accueillera conjointement avec l’Espagne et le Portugal, le royaume accélère ses préparatifs et élargit son offre d’hébergement. La ministre du Tourisme du Maroc a annoncé que, d’ici l’ouverture du tournoi, environ 60 000 lits supplémentaires seraient ajoutés dans les hôtels du pays, soit une augmentation d’environ 20 % par rapport à l’offre actuelle. Parallèlement, le gouvernement investit plus de 190 milliards de dirhams (environ 20 milliards de dollars) dans le développement des infrastructures, dans le but de faire de l’accueil du Mondial un moteur de croissance à long terme pour le secteur touristique.
Le Maroc bénéficie ces dernières années d’une exposition internationale accrue, notamment grâce à la performance de son équipe nationale de football lors du Mondial au Qatar, où elle était devenue la première équipe africaine et arabe à atteindre les demi-finales. Le gouvernement espère transformer cette attention en une croissance durable pour un secteur qui emploie des centaines de milliers de personnes et contribue à hauteur d’environ 7 % au produit intérieur brut du pays.
« Un accélérateur, pas une fin en soi »
« Nous considérons le Mondial 2030 comme un accélérateur, et non comme une fin en soi », a déclaré la ministre du Tourisme du Maroc, Fatim-Zahra Ammor, à l’agence de presse Reuters. Selon elle, le gouvernement investit plus de 190 milliards de dirhams dans la construction et l’extension de lignes ferroviaires, de routes, d’aéroports, de stades et d’autres infrastructures urbaines en vue du tournoi.
Selon les données officielles, au cours des quatre dernières années, le Maroc a déjà ajouté environ 45 000 lits d’hôtel, portant aujourd’hui l’offre d’hébergement du pays à un peu plus de 300 000 lits. L’année dernière, le Maroc a accueilli près de 20 millions de touristes, un chiffre qui en a fait la destination la plus visitée d’Afrique. L’objectif fixé par le gouvernement est d’atteindre 26 millions de visiteurs d’ici 2030.
Diversification des marchés et des destinations
La banque centrale du Maroc estime que les revenus du pays issus du tourisme atteindront un record de 161 milliards de dirhams en 2027, contre 138 milliards de dirhams en 2025. Selon Fatim-Zahra Ammor, l’expansion des liaisons aériennes depuis l’Europe a contribué à la croissance du secteur, et la prochaine étape se concentrera sur l’augmentation du nombre de visiteurs venus de Chine, des États-Unis et du Moyen-Orient, grâce à l’amélioration de la connectivité aérienne.
Parallèlement, le Maroc cherche à répartir le tourisme au-delà des destinations traditionnelles, comme Marrakech et Agadir. L’un des objectifs est de positionner la capitale Rabat, avec ses sites historiques, ses musées et ses installations sportives, comme un centre pour les événements culturels, sportifs et le tourisme d’affaires. « Nous devons réaliser des investissements qui créeront une valeur durable pour le tourisme marocain », a conclu la ministre.
Un plan hôtelier déjà engagé depuis 2025
Cette accélération s’inscrit dans une stratégie de développement touristique dévoilée dès l’année dernière par le ministère marocain du Tourisme, qui prévoyait déjà l’ajout de 25 000 nouvelles chambres d’hôtel via 700 projets répartis dans les grandes villes du pays, financés par divers investisseurs, dont environ 15 % des nouveaux établissements exploités par des enseignes hôtelières internationales. Le responsable de l’Agence marocaine de développement du tourisme, Imad Barrakad, avait alors souligné que l’ampleur et la rapidité de cette initiative étaient sans précédent dans l’histoire du pays, marquant un changement de stratégie : passer d’un objectif centré sur le nombre de visiteurs à un modèle privilégiant la qualité et l’impact à long terme.
Pour prolonger ce sujet, deux articles déjà publiés sur infos-israel.news reviennent sur les relations entre le Maroc et Israël, notamment dans les domaines touristique et sécuritaire :
- Le Maroc est intéressé par l’achat du dôme de fer israélien, qui détaille la coopération sécuritaire croissante entre Rabat et Jérusalem depuis les Accords d’Abraham.
- Gantz a entendu les juifs marocains : « Il n’y a pas d’antisémitisme », qui évoque les espoirs de la communauté juive marocaine de voir se développer le tourisme israélien vers le royaume.






