Nadav Selah raconte en dĂ©tail le massacre de sa famille : « Je les ai tuĂ©s parce qu’ils sont des AmalĂ©cites (Amalek) »

Un acte d’accusation a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© aujourd’hui (jeudi) au tribunal de district de Nazareth contre Selah Nadav qui est accusĂ© du meurtre de sa femme Dor Karsenti, de ses deux enfants Joseph et Benjamin et de son petit voisin Nachman Attia.

Suite Ă  l’assassinat, le père de Dor est rentrĂ©, a remarquĂ© ce qui se passait et a appelĂ© la Police ; une patrouille est arrivĂ©e sur la scène et a retrouvĂ© Nadav Selah près d’une oliveraie oĂą il a avouĂ© sur place en marmonnant « ils sont des AmalĂ©cites, ce sont des AmalĂ©cites » (Amalek).

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Pendant son interrogatoire, de nombreux dĂ©tails, jusqu’ici interdits, ont Ă©tĂ© autorisĂ©s Ă  la publication.

Selon l’acte d’accusation, autour de 14 h 00, Dor Karsenti, la dĂ©funte Ă©pouse de l’accusĂ© de l’assassinat, Ă©tait dans la cuisine de la maison, prĂ©parant le dĂ©jeuner, tandis que le petit Benjamin se trouvait dans son lit et que Nachman et Nathan Attia (les deux voisins) jouaient dans le salon avec Yossef.

L’accusĂ©, armĂ© de couteaux de chef de cuisine de la maison, selon l’acte d’accusation, se positionna devant Dor et commença Ă  la poignarder avec diffĂ©rents couteaux dans diffĂ©rents endroits de son corps.

Dor le supplia de cesser et essaya de se défendre mais il poursuivit ses actions et la tua.

Nachman s’enfuit et essaya de sortir par une fenĂŞtre de la maison, mais sans succès. L’assassin continua et se dirigea vers Nathan puis commença Ă  le poignarder avec des couteaux dans divers endroits de son corps dans le but de le tuer. Nathan le supplia de ne pas lui faire du mal et essaya de se dĂ©fendre mais il continua Ă  le poignarder.

Ă€ un moment donnĂ©, Nathan fit semblant de mourir dans l’espoir qu’il le laisserait, mais Nadav Selah continua Ă  le poignarder devant les yeux de Nachman et de son jeune fils Yossef à proximitĂ©.

Lors de l’accusation, il a dĂ©clarĂ© : « Je leur ai tranchĂ© la gorge et les enfants imploraient ma pitiĂ© pour ne pas que je les tue. »

L’assassin commença Ă  poignarder Nachman et Yossef en utilisant un couteau avec l’intention de les tuer. Nachman plaida avec l’accusĂ© pour qu’il ne lui fasse pas de mal, il essaya de se protĂ©ger avec ses mains, mais l’agresseur continua Ă  le poignarder dans divers endroits de son corps jusqu’Ă  ce qu’il soit en mesure de le maĂ®triser. Puis il jeta Nachman au bas d’un escalier menant au sous-sol de la maison.

L’assassin se dirigea alors vers Yossef et lui trancha la gorge avec un couteau. Puis il entra dans la chambre, prit son nouveau-nĂ© Benjamin âgĂ© de dix mois et ouvrit sa gorge à l’aide du couteau.

Pendant tous ces moments de terreur, Nathan continua Ă  faire le mort, mais Ă  un certain moment, il dĂ©plaça lĂ©gèrement son corps. Nadav Selah remarqua cela, alla vers Nathan et lui donna des coups de pied dans la tĂŞte pour ĂŞtre sĂ»r qu’il soit mort. Par la suite, Nathan continua Ă  se dĂ©placer entre les morts. Ă€ ce stade, Nadav Selah était confiant d’avoir rĂ©ussi Ă  tuer tout le monde dans la maison. Nathan l’entendit.

Il entra ensuite dans sa chambre Ă  coucher, changea ses vĂŞtements et ses chaussures et fuit par la porte arrière de la maison. Nathan entendit l’accusĂ© quitter la maison et se leva, se dirigea vers Dor et lui demanda si elle vivait. Ne recevant pas de rĂ©ponse, Nathan se mit Ă  pleurer, essaya de sortir par la porte d’entrĂ©e et quand il vit qu’elle Ă©tait verrouillĂ©e, il ouvrit la fenĂŞtre et quitta la maison.

Il marcha Ă  quelques centaines de mètres de la rue principale oĂą il arrĂŞta une voiture qui passait et appela Ă  l’aide. Nadav Selah a quittĂ© la maison et a atteint une oliveraie Ă  proximitĂ©. Le suspect a Ă©tĂ© arrĂŞtĂ© et a admis les meurtres : « Ils sont des AmalĂ©cites et sont condamnĂ©s Ă  mort. »

Pendant ce temps, Ethan, le père de Dor Karsenti, vivant Ă  proximitĂ©, remarqua la fenĂŞtre ouverte et l’horreur a dĂ©butĂ© devant ses yeux : sa fille, ses deux petits-enfants et le fils du voisin  se trouvant dans des mares de sang et morts. Ethan, ainsi que d’autres rĂ©sidents, ont appelĂ© la Police et la centrale de Police de TibĂ©riade qui a arrĂŞté l’assassin.

ImmĂ©diatement après son arrestation, il a avouĂ© et a dĂ©clarĂ© Ă  la police : « Ils sont des AmalĂ©cites, ils sont des AmalĂ©cites. J’ai tuĂ© car ils Ă©taient des AmalĂ©cites. »

Tout au long de l’enquĂŞte, il n’a pas versĂ© une larme. Quand il a Ă©tĂ© informĂ© qu’il Ă©tait apte Ă  subir son procès, son visage a soudainement changĂ© et il a versĂ© quelques larmes.

Lors d’un interrogatoire, il a dit : « Il y a sept mois j’ai eu un accident de vĂ©hicule et il est arrivĂ© pour moi un miracle. Hachem m’a sauvĂ©. L’accident est un accident bizarre. Je veux dire, Ă  l’intĂ©rieur, la voiture a gelĂ© et n’a pas reçu de coups. Je suis un miracle surnaturel. Depuis, le temps a passĂ© jusqu’au jour de l’assassinat. Le jour de l’assassinat, on m’a demandĂ© de faire l’acte. »
Et pour les attaques au couteau, il a ajoutĂ© : « J’ai ouvert un livre de psaumes et j’ai commencĂ© Ă  les poignarder sans dire un mot. »

L’acte d’accusation a Ă©tĂ© dĂ©crit Ă©tape par Ă©tape et rĂ©vèle les horreurs de ce samedi 28 janvier 2017, oĂą le père avait abattu un par un les membres de la famille et le jeune voisin lors du repas de Shabath en lisant les Psaumes.

Le second enfant du voisin de 10 ans Ă©tait encore en vie et son tĂ©moignage a Ă©tĂ© un Ă©lĂ©ment clĂ© pour conclure une condamnation de Nadav Selah pour quatre cas d’assassinat et une tentative. S’il est reconnu coupable, il sera passible de quatre condamnations Ă  perpĂ©tuitĂ© plus 20 ans de prison.

Suite Ă  cela, il a Ă©tĂ© envoyĂ© en observation psychiatrique Ă  l’hĂ´pital « Sha’ar Menashe ».

Le lendemain de l’assassinat, il a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© qu’il Ă©tait apte Ă  subir un procès malgrĂ© des propos aliĂ©nants et suggĂ©rant la folie : « Je suis un chat, j’ai commis l’adultère et je fume du cannabis tous les jours. »

La Police a dit : « Nous avons vĂ©rifiĂ© tous les antĂ©cĂ©dents familiaux de Dor ; sa mère a dit qu’elle avait une maison impeccable et qu’elle avait gardĂ© sa dignitĂ©, avait Ă©duquĂ© les enfants et laissĂ© entendre que tout allait bien. Ses parents les ont aidĂ©s financièrement. »

La Police a interrogĂ© pendant des semaines des dizaines d’amis, la famille de l’assassin et les rabbins, essayant de comprendre si quelque chose avait provoquĂ© l’assassinat terrible. « Nous avons trouvĂ© la correspondance dans un de ses livres saints oĂą il a Ă©tĂ© dit quelque chose sur les AmalĂ©cites », a ajoutĂ© la Police.