Le nouveau Premier ministre par intĂ©rim de la Syrie, Mohammed al-Bashir, a annoncé la situation financière catastrophique du pays. Il est encore difficile d’estimer le montant des ressources restant dans le pays après la fuite d’Assad, mais il est dĂ©jĂ clair qu’il n’y a presque plus d’argent.Â
« Le TrĂ©sor ne dispose que de livres syriennes, qui valent peu ou rien. Pour un dollar amĂ©ricain, ils donnent 35 000 de nos pièces », a-t-il dĂ©clarĂ© dans une interview au journal italien Il Corriere della Sera. « Nous n’avons pas de devises Ă©trangères, et lorsqu’il s’agit de prĂŞts et d’obligations, nous continuons Ă collecter des donnĂ©es. Alors oui, financièrement, nous sommes très mauvais. »
Al-Bashir a également appelé les Syriens à retourner dans leur patrie : « La Syrie est désormais un pays libre qui a gagné sa fierté et sa dignité. » Il a assuré que « les droits de tous les peuples et de toutes les confessions en Syrie » seront garantis.
Dans le mĂŞme temps, le chef du groupe Hayat Tahrir al-Sham, Abu Mohammed al-Julani, a dĂ©clarĂ© que les personnes impliquĂ©es dans la torture des dĂ©tenus pendant le règne d’Assad seraient poursuivies et qu’il ne pouvait ĂŞtre question de grâce.Â
« Nous les poursuivrons en Syrie et nous demandons aux pays de livrer ceux qui ont fui afin que nous puissions obtenir justice », a-t-il dĂ©clarĂ© dans un message publiĂ© sur la chaĂ®ne Telegram de la tĂ©lĂ©vision d’État syrienne.
Le monde suit de près l’évolution de la situation en Syrie après 13 ans de guerre civile. Les États-Unis interagissent avec prudence avec les nouvelles autorités, même si HTS est toujours considéré comme une organisation terroriste internationale par Washington, l’ONU, l’UE et d’autres pays.
Le secrĂ©taire d’État amĂ©ricain Antony Blinken a dĂ©clarĂ© que le nouveau gouvernement doit « respecter des engagements clairs visant Ă respecter les droits des minoritĂ©s, Ă faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire Ă tous ceux qui en ont besoin et Ă empĂŞcher que la Syrie ne soit utilisĂ©e comme base pour le terrorisme ou comme menace pour ses voisins ».
Deux membres des deux principaux partis du Congrès amĂ©ricain ont appelĂ© la Maison Blanche Ă suspendre une sĂ©rie de sanctions contre la Syrie afin d’attĂ©nuer la pression sur l’Ă©conomie en difficultĂ© du pays. L’appel a Ă©tĂ© signĂ© par le rĂ©publicain Joe Wilson, chef de la sous-commission Moyen-Orient de la commission des affaires Ă©trangères de la Chambre, et le dĂ©mocrate Brendan Boyle, qui dirige le groupe de libĂ©ration de la Syrie.
L’Allemagne a annoncĂ© 8 millions d’euros supplĂ©mentaires d’aide humanitaire Ă la Syrie. « Nous voyons un moment d’espoir », a dĂ©clarĂ© la ministre des Affaires Ă©trangères Annalena Baerbock en prĂ©sentant le plan d’action en huit points, tout en ajoutant que la situation n’Ă©tait « en aucun cas stable ».






