Avant mĂŞme que l’armĂ©e de l’air israĂ©lienne ne lâche ses bombes sur l’Iran, Omer Adam en avait dĂ©jĂ lâchĂ© une avec son album Chelek Min HaNetzach (« Une part de l’Ă©ternité »). L’annonce avait Ă©tĂ© soigneusement orchestrĂ©e : sortie Ă minuit, villa en France pour l’enregistrement, ambiance de mystère entretenue, deux reprises cachĂ©es en fin de tracklist pour les plus patients. Beaucoup de mise en scène. L’album, lui, tient un niveau honnĂŞte — sans plus.
Ce n’est pas qu’il n’y ait rien Ă retenir. Mishpacha VeKavod (« Famille et honneur ») a tout du titre qu’Adam interprètera encore dans dix ans en concert. Plaza AthĂ©nĂ©e contient une dose d’autotune — non pour corriger la voix, mais pour alimenter l’esthĂ©tique rapper que l’artiste cultive depuis quelques annĂ©es. La plume de Tal Kastiel, qui accompagne Adam depuis longtemps, livre quelques saillies efficaces. Mais dans l’ensemble, la majoritĂ© des titres ressemblent Ă une tentative de reproduire SymptĂ´mes de sĂ©paration, son album prĂ©cĂ©dent — avec en plus une saturation de rĂ©fĂ©rences Ă l’argent, Ă l’honneur et Ă une ex.
Le problème Yael Shelbia
La rupture entre Omer Adam et l’actrice et mannequin Yael Shelbia avait alimentĂ© les tabloĂŻds. Sur cet album, Adam ne s’y rĂ©fère pas avec la discrĂ©tion habituelle. Certains textes contiennent des accusations directes et pesantes. L’une d’elles : « comment tu m’as montĂ© contre un frère, tu tournes le couteau et tu es partie. » De l’autre cĂ´tĂ©, l’Ă©quipe d’Adam a pris soin d’intĂ©grer des dĂ©tails rĂ©els et vĂ©rifiables de leur histoire commune — notamment le nom du palace parisien Plaza AthĂ©nĂ©e, prĂ©sentĂ© comme « leur » hĂ´tel lors de leurs voyages ensemble, et dont un clip cĂ©lèbre avait Ă©tĂ© tournĂ©. Ces dĂ©tails rendent difficile l’argument selon lequel « c’est juste une chanson. »
Le critique du site Mako le formule sans dĂ©tour : ce que fait Adam ici n’est pas tout Ă fait fair-play. Il peut s’abriter derrière la libertĂ© artistique, mais ses fans sur TikTok alimentent dĂ©jĂ les thĂ©ories depuis les paroles. Shelbia, elle, se retrouve dans une position asymĂ©trique : sans plateforme artistique Ă©quivalente pour rĂ©pondre, sans la possibilitĂ© de se rĂ©fugier derrière la fiction.
Une semaine Ă Paris ne suffit pas
L’article conclut sur un point de fond qui dĂ©passe la polĂ©mique : l’industrie musicale israĂ©lienne a redĂ©couvert l’album comme format, et c’est une bonne chose. Mais le fait d’aller enregistrer dans une villa française pendant une semaine est devenu une fin en soi plutĂ´t qu’un moyen. La destination exotique, la soirĂ©e d’Ă©coute exclusive, la sortie Ă minuit — tout cela est devenu un emballage qui ne garantit pas la qualitĂ© du contenu. Pour un vrai projet marquant, il faut un peu plus qu’une semaine Ă Paris avec Tal Kastiel.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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