Les agences de voyage israeliennes vivent une période de suspension inhabituelle. Pessa’h approche, les vols ne partent plus, et la grande question qui circule dans le secteur du tourisme est simple : qui va profiter de cette situation ? Les hôtels en Israël, ou le vide ?
La guerre a tout chamboulé. Des familles avaient réservé des billets pour la Thaïlande, les États-Unis, des destinations lointaines. Ces réservations sont en suspens ou annulées. Selon Neta Gafni, directrice marketing d’Ophir Tours, beaucoup de clients appellent encore en espérant que la situation évolue d’ici fin mars ou début avril. Certains ont déjà reçu une notification d’annulation mais refusent d’y croire tout à fait. L’espoir israélien de dernière minute reste intact.
Nia Mazor, directeur marketing de Kesher Aviation, se montre lucide sur l’état des infrastructures. L’aéroport de Dubaï a été touché, mais de façon mineure selon lui — et les Émirats arabes unis, précise-t-il, ont la capacité de reconstruire à une vitesse remarquable. Aucune attraction touristique majeure n’aurait été endommagée. Dubaï reste l’une des destinations préférées des Israéliens depuis les accords Abraham, et il est convaincu que dès la réouverture des cieux, les touristes y retourneront. Dans l’intervalle, il observe que des recherches en ligne pour Dubaï continuent malgré tout.
L’intérieur du pays comme alternative par défaut
Si Pessa’h se déroule avec des restrictions de vol maintenues, ce sont les hôtels et les maisons d’hôtes en Israël qui capteront la demande. Benny Levi, directeur commercial de la chaîne Isrotel, nuance cependant : le Nord du pays reste une zone à très haute tension. La probabilité que les hôtels du Nord rouvrent à temps pour Pessa’h est faible. Pour les établissements du reste du pays, la situation est plus ouverte — à condition que le calme revienne progressivement.
Tamar Garzon, PDG de Gulliver Tourism, apporte une observation intéressante sur le comportement des voyageurs israéliens en temps de crise : ils ont appris. Comparé à l’opération « Avec Lionnes » qui avait déclenché une avalanche d’appels paniqués depuis l’étranger et sur les réservations futures, la gestion des annulations et des reports se fait cette fois de manière beaucoup plus calme et organisée. Moins de panique, plus de pragmatisme.
Elle attribue cela en partie au calendrier : l’opération Rugissement du Lion a commencé avant la période touristique de Pessa’h, contrairement à l’opération précédente qui avait frappé en plein mois de juin. De plus, les Israéliens avaient été avertis plusieurs semaines à l’avance qu’une guerre était possible — ce qui a réduit les réservations spontanées de dernière minute, habituelles en hiver.
La conclusion de tous les professionnels du secteur converge : les Israéliens sont un public optimiste, avec une mémoire courte. Dès que les cieux s’ouvriront, l’élan pour partir sera immédiat et massif. Certains ont même déjà commencé à réserver pour l’été, convaincus que d’ici là, « le chaos sera passé. »
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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