« Lors de mes dernières conversations avec Yonathan, juste avant sa libĂ©ration, il m’a fait part de son rĂŞve de devenir directeur d’Ă©cole et de s’engager dans l’Ă©ducation. Je sens que je rĂ©alise sa vision Ă©ducative. » C’est ainsi qu’Uri Deutsch, 51 ans, originaire de Beit Shean, a dĂ©clarĂ© qu’il y a deux semaines et demie, son fils Jonathan , un soldat dĂ©mobilisĂ© de Magellan a Ă©tĂ© tuĂ©.
Uri dirige le lycĂ©e Yamin Ored, qui compte 400 Ă©lèves. Un tiers d’entre eux sont des enfants immigrĂ©s et tous sont des enfants en internat. « MĂŞme s’il y avait une ombre de rĂ©flexion sur la possibilitĂ© de quitter ce poste, je suis dĂ©terminĂ© après la catastrophe Ă continuer et Ă comprendre qu’il s’agit du poste le plus important qui existe aujourd’hui », a-t-il expliquĂ©. Aujourd’hui, Uri apparaĂ®tra devant des centaines d’Ă©tudiants et partagera sa douleur personnelle face au vide profond laissĂ© par la chute de son fils bien-aimĂ©.
Dans une position similaire se trouvera Ilan Simchi, 56 ans, originaire de Massad en Basse Galilée, qui a encadré son fils le major (resp.) Netzer, , commandant de compagnie du bataillon blindé de réserve. Ilan est le directeur du lycée Ort nommé d’après Yigal Alon à Nof HaGalil, où étudient environ 680 étudiants, dont des dizaines qui ont récemment immigré en Israël, et environ 20 pour cent des étudiants sont membres des minorités résidantes de la ville.
Ynet et « Yediot Ahronoth » ont réuni les dirigeants, dont les circonstances de la vie les ont transformés de parfaits inconnus en amis partageant un dénominateur commun, douloureux et triste.
Yonatan devait Ă©pouser le choix de son cĹ“ur dans deux mois et lorsqu’il est rentrĂ© chez lui Ă Beit Shan, il a Ă©tĂ© assassinĂ© lors d’une attaque terroriste du Hamas sur la route 90. « Je savais dĂ©jĂ avant le dĂ©sastre que l’Ă©ducation en IsraĂ«l Ă©tait excellente,  » a dĂ©crit Uri. « L’unitĂ© de Yonathan ne nous a pas quittĂ©s un instant. Je sens qu’une gĂ©nĂ©ration de Nephilim a grandi ici, qui ne descend pas de la gĂ©nĂ©ration de 578 combattants. Le gĂ©nĂ©ral Noam Tivon est venu nous voir lors des shivas et a dĂ©crit comment Yonatan s’est battu Ă ses cĂ´tĂ©s Ă Nahal Oz. Au moment oĂą ils sont arrivĂ©s, 15 personnes de Nahal Oz avaient Ă©tĂ© assassinĂ©es, et quand ils sont arrivĂ©s, il n’y avait plus de morts. »
Une semaine et demie après la fin des sept jours, Uri est retournĂ© travailler au lycĂ©e. « Dimanche, je rencontrerai des centaines de mes Ă©tudiants, certains d’entre eux pour la première fois depuis la catastrophe », a-t-il expliquĂ©. « Je pense constamment Ă cette première rencontre avec les Ă©tudiants et je rĂ©flĂ©chis Ă ce que je vais dire, car mes paroles ont du pouvoir. Avant de partir pour les funĂ©railles, j’ai rassemblĂ© tous mes enfants, je les ai serrĂ©s chaleureusement contre mon cĹ“ur et leur ai dit que nous continuerions dans la vie, nous continuerons Ă ĂŞtre heureux avec beaucoup de douleur et de dĂ©sir. Je dirai Ă des centaines de mes Ă©tudiants : « J’ai choisi la vie ! »
Netzer a quittĂ© sa femme au milieu de leur lune de miel en ThaĂŻlande, est retournĂ© en IsraĂ«l lorsque la guerre a Ă©clatĂ© et s’est portĂ© volontaire pour s’enrĂ´ler dans son bataillon de rĂ©serve. Il a Ă©tĂ© tuĂ© par un tir de RPG dans la zone du camp de rĂ©fugiĂ©s de Shatti Ă Gaza. Son pere Ilan a dit : « Il m’inspire, moi et les Ă©tudiants, sur des valeurs telles que l’amour de l’homme, l’amour du peuple et du pays. »
Trois jours après la shiva, Ilan Ă©tait dĂ©jĂ de retour Ă l’Ă©cole. « L’idĂ©e de rester Ă la maison et de me noyer dans le chagrin ne me permettait pas de rester », se souvient Ilan. « Les premiers jours n’ont pas Ă©tĂ© faciles, je les ai Ă©courtĂ©s et je ne venais pas tous les jours. Après environ un mois, j’ai rĂ©alisĂ© que l’Ă©cole n’est pas seulement un poids, c’est un point d’ancrage – un endroit stable que je m’efforce d’atteindre chaque jour. Et l’amour que je reçois des Ă©lèves et des parents, ainsi que le sens de la mission, m’encouragent et m’incitent Ă continuer Ă le faire.









