DĂ©jĂ  112 000 personnes dĂ©placĂ©es au Sud Liban : « Nous dormons par terre, nous n’avons mĂŞme pas reçu de matelas du Hezbollah »

DĂ©jĂ  112 000 personnes dĂ©placĂ©es au Sud Liban : « Nous dormons par terre, nous n’avons mĂŞme pas reçu de matelas du Hezbollah »

« Nous souhaitons rentrer chez nous et inscrire nos enfants Ă  l’Ă©cole » : le nombre de personnes dĂ©placĂ©es au sud du Liban , au 23 aoĂ»t, et selon la dernière publication du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires, s’Ă©lève Ă  112 mille Ă  Sidon, situĂ©e au bord de la mer MĂ©diterranĂ©e et la troisième plus grande ville du Liban, qui participe de manière significative Ă  l’accueil des personnes dĂ©placĂ©es des villages et des villes frontalières.

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Le journal qatari « Al-Arabi Al-Jadid », qui a publiĂ© un article sur les personnes dĂ©placĂ©es accueillies Ă  Sidon, a dĂ©clarĂ© que la plupart d’entre elles venaient des villages et villes de Sheba, Shuba, Al-Habariya, Hammam, Rashia, Al-Fakhar, Al-Mari et Al-Paradis.

L’article citait les propos de Suha al-Qadri, dĂ©placĂ©e avec sa famille du village de Shuba vers Sidon. « La maison dans laquelle nous avons emmĂ©nagĂ© nous appartient, mais elle ne contient aucun meuble », a-t-elle dĂ©clarĂ©. « Nous avons besoin de plus de choses, nous n’avons qu’un matelas, du gaz et quelques vĂŞtements que nous avons pu emporter avec nous. Notre vie n’est plus ce qu’elle Ă©tait Ă  Kfar Shuba, mĂŞme le temps ici est diffĂ©rent. J’ai trois enfants « Je vais essayer de les inscrire dans les Ă©coles de Sidon, mais les dĂ©penses ici sont Ă©levĂ©es. C’est moins cher Ă  Kfar Shuba. » Il est difficile d’ignorer les similitudes entre les espoirs des habitants des deux cĂ´tĂ©s de la frontière, mais la diffĂ©rence est claire.

Le Hezbollah mène une guerre contre IsraĂ«l depuis près de 11 mois, en tant que front de « soutien Ă  Gaza » selon sa dĂ©finition, et opère Ă  partir de zones peuplĂ©es du sud du Liban. Ses membres tirent des roquettes sur le territoire israĂ©lien depuis les villes et villages du sud et se cachent dans des maisons proches de la frontière. L’organisation terroriste a en fait entraĂ®nĂ© les combats jusqu’aux maisons des habitants du Sud-Liban, les a forcĂ©s Ă  se dĂ©placer et a dĂ©truit leurs villages.

« Mon mari est militaire, mais il cherche un emploi pour que nous puissions subvenir Ă  nos besoins », a ajoutĂ© Al-Qadri. Ses propos illustrent la situation difficile de l’armĂ©e libanaise, dont les soldats sont incapables de subvenir aux besoins de leurs familles avec le maigre salaire qu’ils reçoivent et sont contraints de chercher d’autres emplois.

MĂŞme avant la guerre des « ÉpĂ©es de fer », il a Ă©tĂ© rapportĂ© que les soldats de l’armĂ©e libanaise Ă©taient contraints de trouver des emplois supplĂ©mentaires pour survivre. En mai 2023, il a Ă©tĂ© annoncĂ© que des milliers de militaires et de forces de sĂ©curitĂ© libanaises avaient commencĂ© Ă  exercer une deuxième profession pour compenser la baisse de la valeur de leurs salaires suite Ă  la crise Ă©conomique que traverse le pays – mĂŞme si la rĂ©glementation militaire interdit tout travail supplĂ©mentaire.

Un militaire de l’armĂ©e libanaise nommĂ© Samer dĂ©clarait Ă  l’Ă©poque Ă  l’agence de presse française : « Le système militaire sait que nous travaillons, mais il ferme les yeux, car l’armĂ©e ne peut plus le supporter. Si nous ne le faisions pas , tout le monde s’enfuirait, personne ne resterait dans l’armĂ©e. » Bien entendu, la guerre et les dĂ©placements n’ont pas facilitĂ© la situation des militaires.

Le journal a citĂ© une autre femme dĂ©placĂ©e, Umm Muhammad, qui a Ă©tĂ© dĂ©placĂ©e du village d’Itatron Ă  Sidon et qui a parlĂ© de l’incertitude. « La situation est difficile parce que mon mari ne travaille pas et les dĂ©penses ici sont plus Ă©levĂ©es que celles de notre village. Nous savons que la maison de nos voisins a Ă©tĂ© dĂ©truite, mais nous ne savons rien de notre maison et nous ne pouvons pas venir pour le vĂ©rifier. Nous dormons ici par terre », a-t-elle dĂ©clarĂ©. « Nous espĂ©rons que la guerre prendra fin et que nous pourrons rentrer chez nous ».

Elle a ajoutĂ© : « Je veux envoyer les enfants Ă  l’Ă©cole, l’annĂ©e dernière, ils ont Ă©tudiĂ© Ă  distance. J’ai vendu le chat pour avoir de l’argent et peut-ĂŞtre que je devrai vendre l’autre chat pour pouvoir acheter des fournitures scolaires Ă  mes enfants. » Selon elle, sa famille possĂ©dait un magasin dans le village, et maintenant son mari cherche un emploi et leur fils essaie de l’aider financièrement.

Selon des publications publiĂ©es ces derniers mois au Liban, les dĂ©placĂ©s des villes et villages du sud sont obligĂ©s de « repartir de zĂ©ro ». Le Hezbollah les a forcĂ©s Ă  se dĂ©placer, mais ils ne reçoivent plus dĂ©sormais l’assistance de base pour survivre. Dans son dernier discours dimanche, après la rĂ©ponse de l’organisation terroriste Ă  l’Ă©limination du haut dirigeant du Hezbollah Fouad Shukar , le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a dĂ©clarĂ© que « le pays peut se reposer maintenant » mais de nombreux habitants du sud du Liban n’ont nulle part oĂą aller et les Ă©changes de tirs dans les campagnes et dans les villes frontalières se poursuivent.

De nombreux habitants du sud critiquent le soutien du Hezbollah Ă  Gaza. Selon eux, ce soutien n’aide pas du tout les Palestiniens de la bande de Gaza – et finit par nuire au Liban. Un rĂ©sident libanais interrogĂ© ces derniers jours par un mĂ©dia local a dĂ©clarĂ© que lui et sa famille « ont dormi par terre pendant plus d’un mois, nous n’avons reçu ni matelas ni quoi que ce soit du Hezbollah ».

Dans « Al-Arabi Al-Jadeed », le coordinateur gĂ©nĂ©ral des associations de Sidon, Majed Hamdu, aurait expliquĂ© que certaines des personnes dĂ©placĂ©es possèdent des maisons qu’elles ont achetĂ©es dans la ville Ă  la suite des guerres prĂ©cĂ©dentes. Selon lui, de nombreux habitants du sud du Liban ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©s vers la rĂ©gion de Tyr, et un plus petit nombre d’habitants vers Sidon.

Il a soulignĂ© que depuis le dĂ©but de la guerre, des Ă©coles ont Ă©tĂ© ouvertes pour les dĂ©placĂ©s dans les zones oĂą ils se sont installĂ©s et que les associations apportent une aide, mais pas de manière continue. Il a ajoutĂ© qu’il y avait des problèmes avec le niveau d’approvisionnement nĂ©cessaire Ă  la population, mais aussi en termes de manque d’Ă©lectricitĂ© et d’eau dans la ville. Selon lui, les associations recherchent des solutions avec diffĂ©rentes parties.