Que reste-il de notre confiance ? – Par Benjamin Dahan



Les dernières Ă©lections municipales ont Ă©tĂ© pour moi l’occasion d’un triste constat que je n’ai pas manquĂ© de partager avec vous: la prĂ©sence de la gauche aux affaires est gĂ©nĂ©ratrice d’une recrudescence de l’extrĂŞme droite, tout particulièrement s’agissant du FN.

Nous avons tous présents à l’esprit le choc perçu lors du suffrage d’avril 2002 avec la qualification du leader frontiste au second tour de ces élections présidentielles. Une présence due en grande partie à la décrépitude de la gauche en dépit d’un gouvernement de cohabitation dirigé par Lionel Jospin. Bien en amont, on retiendra l’arrivée massive de 35 députés FN en mars 1986 au sein de l’hémicycle sous l’ère mitterandienne,  conséquence directe d’une promesse de campagne ayant aboutie au scrutin proportionnel, et appliquée aux élections législatives.

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Pour en venir aux élections européennes, le FN connaît un de ses meilleurs scores en 1984 avec près de 11% des suffrages exprimés (10,95% exactement) toujours sous la présidence de François Mitterand, ce qui représente pour l’époque un véritable record de popularité.

On retiendra enfin que le FN obtiendra un score de 6,34% en 2009 pour parvenir aujourd’hui Ă  un rĂ©sultat historique de 25%

Ces dernières Ă©lections europĂ©ennes ne font donc que confirmer cet Ă©tat de fait. Avec une nuance de taille pour ce suffrage boudĂ© des français: c’est le parti de l’extrĂŞme qui nous reprĂ©sentera en majoritĂ© au parlement europĂ©en. Ce parti de l’exclusion et de la xĂ©nophobie ayant fait de la sortie de l’euro et des institutions europĂ©ennes son fonds de commerce Ă©lectoral. Ce parti exploitant habilement, je dirai mĂŞme avec opportunisme le mĂ©contentement ambiant et le marasme Ă©conomique, en vue de distiller ses idĂ©es nausĂ©abondes aux faux airs de patriotisme.

L’Europe devra donc composer avec un paradoxe de taille : négocier avec des représentants étant à l’opposé de ce que suggère l’entente et le rassemblement européen.

Outre le caractère tragi-comique de cette situation, c’est tout le dispositif politique national qui en est Ă©branlĂ©. Un appareil ayant perdu toute crĂ©dibilitĂ© auprès de nos compatriotes et qui continuera Ă  nous discrĂ©diter auprès de toutes les nations.

Car, si l’on peut aisément supputer d’une stratégie savamment concoctée en son temps par François Mitterand en vue d’affaiblir la droite, et de masquer le dysfonctionnement de son parti, il n’en est rien de l’actuel gouvernement qui encaisse cette déconvenue de plein fouet pour s’en retrouver complètement hagard.

 Se pose donc la question des responsabilitĂ©s de nos dirigeants dans cette descente aux enfers politiques qui ne semblent nullement prĂ©occupĂ©es par cette hĂ©catombe. Tout au plus parlent-ils de sĂ©isme pour en attribuer aussitĂ´t la faute Ă  l’opposition sans exprimer la moindre remise en cause de leur gestion, encore moins celle de leur personne.
Faute d’une sĂ©rieuse restructuration de notre système politique, nous risquons de connaĂ®tre très prochainement un bouleversement des comportements pouvant conduire Ă  de sĂ©rieux mouvements populaires. Plus prĂ©cisĂ©ment populistes, tant ils seront soutenus voir encouragĂ©s par ceux-lĂ  mĂŞme sensĂ©s prendre part au paysage politique, mais s’appliquant Ă  en dĂ©tourner sa noble teneur au service d’une volontĂ© dĂ©stabilisatrice et destructrice.
Sans une profonde modification de cet appareil politique, notre pays pourrait sombrer dans le désarroi et le chaos.

Car sur fond de rĂ©action populaire, c’est la question de la lĂ©gitimitĂ© du pouvoir et de ses institutions qui surgit cruellement, prenant aujourd’hui une tournure et une Ă©vidence jusque-lĂ  encore contestables. Comment nos gouvernants pourront encore manifester une quelconque sĂ©rĂ©nitĂ© dans l’exercice du pouvoir, quand coup sur coup les suffrages confirment l’absence de confiance des français tant Ă  l’égard du PrĂ©sident, que de son parti, tous deux placĂ©s au plus bas des sondages de satisfaction.

Alors chers dirigeants: il est grand temps d’assumer, de faire enfin preuve de maturitĂ© dans votre mode de gouvernance. Et au besoin de faire abstraction de vos petites personnes en acceptant de privilĂ©gier la cause nationale que vous prĂ©tendez servir.

 Par Benjamin DAHAN pour Alyaexpress-News

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