Vendredi, Shimrit Meir, conseiller politique du Premier ministre Naftali Bennett, a dĂ©missionnĂ©. Les raisons et la signification de son dĂ©part au plus fort de la crise dans la coalition au pouvoir est l’un des sujets centraux des communiquĂ©s de samedi des mĂ©dias israĂ©liens.
Il n’y a pas de dĂ©saccord sur les raisons de la dĂ©mission : l’ancien journaliste et expert des pays arabes Shimrit Meir, invitĂ© par Bennett « de l’extĂ©rieur », n’a pas bien travaillĂ© avec les associĂ©s de longue date du parti du Premier ministre qui ont reçu d’autres postes clĂ©s dans son bureau. Des intrigues internes se sont tissĂ©es contre elle, empoisonnant l’atmosphère au bureau du Premier ministre, et Bennett lui-mĂŞme n’a jamais pu « mettre les choses en ordre » et Ă©tablir un travail plus ou moins coordonnĂ© de ses subordonnĂ©s immĂ©diats.
Barack Ravid (Wallanews) estime que le terrain du conflit au sein du bureau du Premier ministre n’Ă©tait pas des divergences politiques ou idĂ©ologiques, mais des ambitions purement personnelles et la « jalousie » des associĂ©s du parti de Bennett pour le nouveau conseiller, dont l’influence ne cessait de croĂ®tre. Jonathan Lis (Haaretz) et Daphne Liel (Hadashot 12) voient les causes profondes du conflit – Meir a tentĂ© de faire de Bennett un leader national, l’orientant sur la voie du « centrisme » selon le « modèle Ariel Sharon », qui Ă©tait très dĂ©testĂ© des proches du Premier ministre, ministre du parti et menaçait constamment de scinder la faction Yamina.
Après ĂŞtre devenu Premier ministre, Sharon a cessĂ© de se limiter aux limites de la politique des partis Ă tel point qu’il est allĂ© diviser le Likud – et a acquis le charisme d’un « leader fort » qui pense Ă l’État plutĂ´t qu’aux intĂ©rĂŞts Ă©troits du parti. Naftali Bennet n’a pas pu faire cette transition.
Du point de vue de Barak Ravid et du commentateur politique de Haaretz Yossi Werther, la dĂ©mission de Meir est « l’Ă©chec administratif » de Bennett. DaphnĂ© Liel y voit un choix politique sobre – le Premier ministre « est descendu sur un terrain solide » et a stoppĂ© la « dĂ©rive vers le centre » risquĂ©e.
Dans la situation actuelle, un tel choix signifie en pratique une course vers la dissolution du « gouvernement d’unité » et de nouvelles Ă©lections, dans lesquelles Bennett ira Ă la tĂŞte du mĂŞme parti Yamina, et non Ă la tĂŞte de quelque nouveau bloc du centre-droit.
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