RĂ©ouverture de l’espace aĂ©rien israĂ©lien : un avion par heure, sous rĂ©serve de la situation

Après cinq jours de ciel fermé, Israël commence à rouvrir sa fenêtre sur le monde — prudemment, au compte-gouttes, et sans garantie de lendemain.

La ministre israĂ©lienne des Transports Miri Regev a annoncĂ© mercredi la rĂ©ouverture « graduelle » de l’espace aĂ©rien israĂ©lien Ă  compter de la nuit de mercredi Ă  jeudi. Le rythme d’ouverture prĂ©vu dit tout de l’Ă©tat d’incertitude qui prĂ©vaut : un avion par heure dans les premières vingt-quatre heures. Et exclusivement pour les vols de rapatriement — aucun dĂ©part n’est autorisĂ© dans un premier temps. « Très prudemment », a insistĂ© la ministre, ajoutant que le processus restait « sous rĂ©serve de l’Ă©volution de la situation ». Autrement dit : une vague de frappes iraniennes peut interrompre la procĂ©dure Ă  tout moment.

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L’espace aĂ©rien israĂ©lien avait Ă©tĂ© fermĂ© dès le 28 fĂ©vrier, Ă  l’aube de l’opĂ©ration Rugissement du Lion, et c’est l’une des fermetures les plus longues de l’histoire aĂ©ronautique du pays. Pendant cinq jours, Ben Gourion est restĂ© muet. Selon les donnĂ©es du ministère des Affaires Ă©trangères, ce sont au moins 35 000 ressortissants israĂ©liens qui se trouvaient bloquĂ©s Ă  l’Ă©tranger au premier week-end du conflit, sur un total estimĂ© Ă  133 000 voyageurs si la fermeture s’Ă©tait prolongĂ©e jusqu’Ă  mercredi. El Al avait prĂ©parĂ© un plan de rapatriement massif : les passagers dĂ©jĂ  porteurs de billets devaient se voir attribuer automatiquement des sièges dès la rĂ©ouverture.

La paralysie n’a pas Ă©tĂ© uniquement israĂ©lienne. Le conflit a provoquĂ© la fermeture totale ou partielle de onze espaces aĂ©riens rĂ©gionaux simultanĂ©ment : Iran, Irak, Qatar, KoweĂŻt, BahreĂŻn, Syrie, Émirats arabes unis, Jordanie, et partiellement l’Arabie saoudite et le Liban. C’est la dislocation complète du Golfe Persique en tant que plaque tournante mondiale de l’aviation — un rĂ´le que les Émirats, Qatar Airways et Etihad s’Ă©taient disputĂ© au cours des deux dernières dĂ©cennies pour en faire l’un des hubs les plus importants au monde, connectant l’Europe, l’Asie et l’Afrique.

Les dĂ©gâts sur ces infrastructures sont concrets. Un drone iranien a frappĂ© le Terminal 3 de l’aĂ©roport de DubaĂŻ — premier aĂ©roport international du monde avec plus de 95 millions de passagers en 2025. L’incendie a Ă©tĂ© maĂ®trisĂ© mais l’aĂ©roport a Ă©tĂ© Ă©vacuĂ©. Ă€ Abu Dhabi, des dĂ©bris de drones ont causĂ© la mort d’une personne et blessĂ© plusieurs autres Ă  l’aĂ©roport international Zayed. Au KoweĂŻt, le Terminal 1 a Ă©tĂ© partiellement dĂ©truit. Ces attaques contre les hubs civils constituent une escalade d’un type nouveau : l’Iran a dĂ©libĂ©rĂ©ment ciblĂ© des infrastructures Ă©conomiques fondamentales des États du Golfe qu’il tient pour complices de l’offensive.

Les compagnies europĂ©ennes ont appliquĂ© des suspensions de vol massives dès le premier jour : Air France, British Airways, Lufthansa et son groupe, Turkish Airlines, Aegean, Swiss, LOT et des dizaines d’autres. Les routes entre l’Europe et l’Asie du Sud-Est, qui passent traditionnellement au-dessus de l’Iran ou des pays du Golfe, ont dĂ» ĂŞtre massivement dĂ©viĂ©es — vers le Nord, par le corridor azerbaĂŻdjanais et gĂ©orgien, ou vers le Sud, au-dessus de l’ocĂ©an Indien. Les surcoĂ»ts en carburant et en temps de vol sont considĂ©rables.

En cinq jours, plus de 19 000 liaisons aĂ©riennes ont Ă©tĂ© annulĂ©es Air Journal dans la rĂ©gion. Le rĂ©tablissement sera long et conditionnel. La rĂ©ouverture israĂ©lienne est un signal encourageant, mais elle ne signifie pas la normalisation : les espaces aĂ©riens irakien, iranien, qatari et koweĂŻtien restent fermĂ©s, et les compagnies maintiennent leurs suspensions jusqu’Ă  mi-mars pour la plupart. L’aviation civile mondiale a intĂ©grĂ© le message que cette guerre, mĂŞme si elle se conclut rapidement sur le plan militaire, laissera des cicatrices durables dans la cartographie aĂ©rienne du Moyen-Orient.

Un avion par heure au-dessus de Ben Gourion. C’est peu. Mais après cinq jours de silence, c’est au moins quelque chose.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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