Pendant que les alliĂ©s occidentaux d’IsraĂ«l nĂ©gociaient leur degrĂ© d’engagement aux cĂ´tĂ©s de Washington et de JĂ©rusalem, une autre partie du monde choisissait une position radicalement diffĂ©rente. La Chine, la Turquie, le BrĂ©sil, Cuba et plusieurs autres pays ont officiellement condamnĂ© les opĂ©rations militaires israĂ©lo-amĂ©ricaines en Iran. Certains sont allĂ©s plus loin en dĂ©nonçant spĂ©cifiquement l’Ă©limination du Guide suprĂŞme Ali Khamenei. Cette fracture internationale dessine les contours d’un monde profondĂ©ment divisĂ© face Ă un conflit qui redĂ©finit les règles du jeu gĂ©opolitique mondial.
Un bloc de condamnations qui dépasse le monde arabe
Ce qui frappe dans la liste des pays ayant condamnĂ© IsraĂ«l et les États-Unis, c’est son Ă©tendue gĂ©ographique et idĂ©ologique. On y trouve la Chine — première puissance Ă©conomique mondiale et rivale stratĂ©gique des États-Unis — mais aussi la Turquie, membre de l’OTAN, le BrĂ©sil de Lula, Cuba, et d’autres encore. Des pays qui n’ont pas en commun leur système politique ni leur culture, mais qui convergent dans leur refus de valider l’offensive en cours.
Pour PĂ©kin, la condamnation s’inscrit dans une logique de long terme : toute action militaire unilatĂ©rale qui redistribue les Ă©quilibres rĂ©gionaux au profit de Washington est perçue comme une menace Ă l’ordre multipolaire que la Chine s’efforce de construire. L’Ă©limination de Khamenei — chef d’État d’un pays souverain — est prĂ©sentĂ©e comme une violation flagrante du droit international, un prĂ©cĂ©dent que PĂ©kin ne peut laisser passer sans rĂ©action.
Turquie : le double langage d’Ankara
La position turque mĂ©rite une attention particulière. Membre de l’OTAN, partenaire commercial d’IsraĂ«l par le passĂ©, la Turquie d’Erdogan a choisi la condamnation — une position cohĂ©rente avec sa rhĂ©torique pro-palestinienne des dernières annĂ©es, mais qui accentue encore davantage sa marginalisation au sein de l’alliance atlantique. Ankara se positionne ainsi Ă l’intersection de plusieurs mondes : formellement occidental par son appartenance Ă l’OTAN, mais culturellement et politiquement en rupture croissante avec les valeurs et les prioritĂ©s que cet alignement est censĂ© incarner.
Brésil et Cuba : le Sud global prend position
Le BrĂ©sil de Lula et Cuba ont tous deux choisi de s’exprimer clairement. Pour Brasilia, qui cherche Ă incarner une voix autonome du Sud global sur la scène internationale, la condamnation s’inscrit dans une posture de principe : le refus de tout unilatĂ©ralisme militaire, quelle qu’en soit la justification. Cuba, fidèle Ă son positionnement historique anti-impĂ©rialiste, n’a fait que confirmer une ligne politique sans surprise.
Une fracture qui va durer
Ce que cette liste de condamnations rĂ©vèle dĂ©passe le cadre immĂ©diat du conflit en Iran. Elle signale la profondeur de la fracture entre un Occident — États-Unis, Europe, IsraĂ«l — engagĂ© dans une logique de confrontation avec l’Iran, et un reste du monde qui refuse de valider cette confrontation comme lĂ©gitime. Cette fracture ne se refermera pas avec la fin des bombardements. Elle structure dĂ©sormais les relations internationales pour les annĂ©es Ă venir, redessinant les alliances, les dĂ©pendances Ă©conomiques et les Ă©quilibres de pouvoir Ă l’Ă©chelle planĂ©taire.
Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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