L’ancien prĂ©sident prĂ©vient dans une interview spĂ©ciale Ă paraĂ®tre : « Les dirigeants publics ne pensent pas Ă l’État, mais seulement Ă la façon d’ĂŞtre réélu »
« La vĂ©ritĂ© est que je ne croyais pas que ce gouvernement durerait ne serait-ce qu’un an », a dĂ©clarĂ© l’ancien prĂ©sident Reuven (Ruby) Rivlin, dans la première interview depuis la fin de son mandat en juillet 2021 et son dĂ©part de la rĂ©sidence prĂ©sidentielle Ă JĂ©rusalem.
Au terme de ses sept annĂ©es de mandat, le dixième prĂ©sident s’est imposĂ© le silence mĂ©diatique, mais a acceptĂ© d’accorder une interview spĂ©ciale à « IsraĂ«l Hayom. » L’interview complète est prĂ©sentĂ©e dans le nouveau livre « Rubbing » qui sera publiĂ© la semaine prochaine.
ĂŠtes-vous prĂ©occupĂ© par la dĂ©tĂ©rioration qui s’est produite au cours de l’annĂ©e Ă©coulĂ©e concernant le niveau du discours Ă la Knesset ?
« Très. Le discours Ă la Knesset a toujours Ă©tĂ© politique, mais le problème est qu’aujourd’hui, contrairement au passĂ©, les dirigeants publics qui sont censĂ©s ĂŞtre les dirigeants ne remplissent pas leur rĂ´le. Ils ne savent pas oĂą aller, mais veulent demander au public Ă©lu d’ĂŞtre réélu donc ils ne veulent pas vraiment entendre ce que veulent les Ă©lecteurs, et tournent le visage Ă cette gĂ©nĂ©ration et c’est Ă quoi ressemblent nos dirigeants aujourd’hui ».
« Dans le passĂ©, les dirigeants publics ne prenaient pas au sĂ©rieux les paroles des personnes ayant des opinions extrĂ©mistes. Lorsque le chef du mouvement, le rabbin Meir Kahana, a Ă©tĂ© Ă©lu Ă la Knesset, Menachem Begin a dĂ©clarĂ© que s’il devait obtenir son soutien pour devenir premier ministre, il dĂ©missionnerait.
« Je veux dire, le principe l’emportait alors sur la nĂ©cessitĂ© politique. Les dirigeants de ces annĂ©es-lĂ , Ben Gourion et Begin, bien qu’ils se querellaient et s’insultaient, voulaient le bien de l’État. Aujourd’hui, les dirigeants publics ne pensent pas Ă l’État mais comment ils seront réélus. »
« Avant, les personnes capables de contribuer Ă la sociĂ©tĂ© Ă©taient Ă©lues Ă la Knesset. Aujourd’hui, les membres de la Knesset prennent leurs adversaires politiques sans ambages, car ils pensent que le public ne les apprĂ©ciera que s’ils parlent durement et dĂ©signent leurs adversaires comme des traĂ®tres. »
« Les dirigeants publics, malheureusement, au lieu de pointer du doigt des rĂ©alisations qu’ils n’ont pas Ă©tĂ© en mesure d’obtenir, pointent du doigt l’Ă©chec de leurs adversaires. En consĂ©quence, la Knesset perd la confiance du peuple parce qu’elle ne peut pas prendre de dĂ©cisions. De cette façon, la dĂ©tĂ©rioration s’approfondit au point de mettre en danger la dĂ©mocratie. »
Voyez-vous l’IsraĂ«l de 2022 souffrir d’une crise de leadership ?
« Certainement. Beaucoup dans le public disent ‘si l’Etat n’intĂ©resse pas les dirigeants – pourquoi m’intĂ©resseraient-ils ?’. » comme Moshe (Boogie) Ya’alon, Gabi Ashkenazi et Bnei Gantz l’ont fait Ă l’Ă©poque. »
Pour rappel, c’est ce mĂŞme prĂ©sident qui a approuvĂ© ce gouvernement dont il critique aujourd’hui.





