Russie : les forces ukrainiennes bombardent les rebelles pro-russes

L’armĂ©e ukrainienne et les sĂ©paratistes pro-russes de l’est du pays ont tenu un Ă©change de tirs au milieu des craintes que Moscou puisse utiliser l’escalade des combats dans la rĂ©gion du Donbass comme excuse pour intervenir dans le pays.

Selon l’armĂ©e ukrainienne, lors d’un bombardement rebelle, un jardin d’enfants de la ville du district de Lugansk a Ă©tĂ© touchĂ©. L’armĂ©e a dĂ©clarĂ© qu’il n’y avait pas eu de victimes. Un tĂ©moin oculaire a racontĂ© Ă  Reuters des tirs d’artillerie près de l’aĂ©roport de Donetsk et d’Alnovka, une ville de l’oblast de Donetsk, des zones contrĂ´lĂ©es par des sĂ©paratistes pro-russes qui ont lancĂ© un soulèvement contre Kiev en 2014 après l’Ă©viction du prĂ©sident pro-russe.

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En Ukraine, il a Ă©tĂ© dit que le bombardement d’aujourd’hui n’Ă©tait pas une violation de routine du cessez-le-feu, et le prĂ©sident Volodymyr Zalansky a dĂ©clarĂ© qu’il s’agissait d’une « grande provocation ». De source diplomatique, des observateurs de l’Organisation pour la sĂ©curitĂ© et la coopĂ©ration en Europe ont documentĂ© de nombreux bombardements le long des lignes de front.

Le Kremlin s’est dit « rĂ©ellement prĂ©occupé » par l’escalade des hostilitĂ©s, et en mĂŞme temps il y a eu une exacerbation de la crise diplomatique avec les Etats-Unis, lorsque Moscou a annoncĂ© l’expulsion de l’ambassadeur adjoint sans raison apparente. Washington a promis de rĂ©pondre.

La Russie, qui a dĂ©ployĂ© environ 150 000 soldats Ă  la frontière ukrainienne, nie avoir la moindre intention d’attaquer son voisin et continue de dĂ©clarer aujourd’hui encore qu’une partie de ses forces est rentrĂ©e dans ses bases. Cependant, l’Occident et Kiev disent que non seulement il n’y a aucune preuve sur le terrain, mais que Moscou n’a fait que condenser ses arsenaux menaçants.

Le secrĂ©taire amĂ©ricain Ă  la DĂ©fense, Lloyd Austin, a dĂ©clarĂ© aujourd’hui que la Russie continuait de combattre des forces Ă  la frontière ukrainienne, d’augmenter son approvisionnement en sang et de dĂ©ployer davantage d’avions offensifs. Dans le mĂŞme temps, le secrĂ©taire d’Etat amĂ©ricain Anthony Blinken a annoncĂ© Ă  la dernière minute qu’il assisterait Ă  une discussion sur la crise qui aurait lieu plus tard dans la journĂ©e au Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU.

Dans un autre secteur, le dictateur biĂ©lorusse Alexandre Loukachenko, dont l’armĂ©e mène des exercices majeurs avec l’armĂ©e russe, a dĂ©clarĂ© aujourd’hui qu’une partie du matĂ©riel militaire russe pourrait rester dans son pays après la fin des jeux de guerre dimanche. Il a mĂŞme averti qu’il pourrait dĂ©ployer des armes nuclĂ©aires en BiĂ©lorussie si son pays Ă©tait « convoité » par l’Occident. Demain, il rencontrera le prĂ©sident russe Vladimir Poutine.

Les États-Unis ont mis en garde hier contre une augmentation de la fausse propagande dans les mĂ©dias officiels russes, destinĂ©e Ă  façonner l’opinion publique dans un scĂ©nario d’invasion. Le prĂ©sident Vladimir Poutine a dĂ©jĂ  affirmĂ© cette semaine qu’un « gĂ©nocide » avait lieu dans l’est de l’Ukraine, et les autoritĂ©s russes ont ouvert hier une enquĂŞte sur des allĂ©gations de « charniers communs » dans la zone de conflit.

Un scĂ©nario possible dans la crise actuelle autre qu’une attaque gĂ©nĂ©ralisĂ©e est la reconnaissance par la Russie de l’indĂ©pendance des deux rĂ©gions sĂ©paratistes, Lougansk et Donetsk, et leur future annexion. Le Parlement russe a approuvĂ© cette semaine la proposition de Bezeq, qui est sur la table du prĂ©sident Vladimir Poutine. Le Kremlin a dĂ©clarĂ© hier que la reconnaissance des deux provinces est incompatible avec les accords de Minsk – les accords de cessez-le-feu signĂ©s en 2014 et 2015 et qui ont depuis Ă©tĂ© violĂ©s Ă  maintes reprises.

Un haut responsable amĂ©ricain a dĂ©clarĂ© ce soir aux journalistes aux États-Unis que 7 000 autres soldats russes Ă©taient arrivĂ©s Ă  la frontière ukrainienne ces derniers jours. Il a dĂ©clarĂ© que la Russie pourrait trouver une excuse pour justifier son invasion de l’Ukraine « à tout moment ». Concernant les affirmations de la Russie de rĂ©duire ses forces, le haut responsable a dĂ©clarĂ© : « Ils ont reçu beaucoup d’attention sur cette affirmation, ici et dans le monde, mais nous savons que c’est un mensonge. »

Le prĂ©sident amĂ©ricain Joe Biden, qui a envoyĂ© des milliers de soldats en Europe de l’Est depuis le dĂ©but de la crise, s’est entretenu hier soir de la situation avec le chancelier allemand Olaf Schultz, qui a rencontrĂ© le prĂ©sident russe Vladimir Poutine Ă  Moscou en dĂ©but de semaine.

« La Russie doit prendre des mesures concrètes pour arrĂŞter l’escalade », ont convenu les deux dirigeants, qui se sont rencontrĂ©s Ă  la Maison Blanche au dĂ©but du mois, a dĂ©clarĂ© le bureau de la chancelière dans un communiquĂ©.

La Russie accuse l’Occident d’ « hystĂ©rie », mais insiste pour accepter des garanties que l’Ukraine ne rejoindra pas l’OTAN et que l’alliance retirera des forces des pays d’Europe de l’Est qui ont rejoint ses rangs après la guerre froide. Le prĂ©sident d’Ukraine Volodymyr Zalansky, qui d’une part tente pour transmettre le calme au public et d’autre part accĂ©lĂ©rer les prĂ©paratifs de toute attaque, a dĂ©clarĂ© hier que « nous n’avons vu aucun retrait des forces, nous en avons seulement entendu parler » selon des sources de renseignement en Occident.

Hier, le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a fait Ă©cho au scepticisme dans les dĂ©clarations de Moscou, affirmant qu’il ne faisait qu’accĂ©lĂ©rer son renforcement du pouvoir aux frontières de l’Ukraine. Il a averti que la menace posĂ©e par la Russie Ă©tait devenue une « nouvelle norme », ajoutant que l’alliance envisageait de mettre en place de nouvelles Ă©quipes de combat en Europe centrale et du Sud-Est. Il a dĂ©clarĂ© que cela faisait partie d’un effort visant Ă  renforcer les dĂ©fenses en Europe – dans lequel 270 milliards de dollars ont Ă©tĂ© investis depuis 2014, l’annĂ©e oĂą la Russie a annexĂ© la pĂ©ninsule de CrimĂ©e – tout en essayant de rassurer la Russie sur le fait que l’alliance ne la menace pas.

En Russie, ses propos ont Ă©tĂ© dĂ©mentis, affirmant qu’ils n’Ă©taient « plus intĂ©ressĂ©s » par les dĂ©clarations du secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral.