On ne peut qu’imaginer le choc sur le visage de ce boulanger malheureux. Le maĂ®tre d’hĂ´tel du pharaon vient de faire interprĂ©ter son rĂŞve et a reçu l’heureuse nouvelle qu’il va bientĂ´t ĂŞtre rĂ©intĂ©grĂ© dans son poste prĂ©cĂ©dent. Mais quand le boulanger pitoyable demande Ă son tour une autre interprĂ©tation du rĂŞve, les rĂ©sultats sont totalement diffĂ©rents, Yossef lui disant que sa fin est proche.
Les prĂ©dictions de Yossef se rĂ©vèlent ĂŞtre telles qu’annoncĂ©es et le majordome a retrouvĂ© son ancienne gloire et le boulanger arrive Ă sa fin prĂ©maturĂ©e. Mais quelle Ă©tait la diffĂ©rence entre les deux? Pourquoi Pharaon a-t-il pardonnĂ© l’un et condamnĂ© Ă mort l’autre?
Les erreurs font partie intégrante de l’être humain et elles ont souvent un impact non seulement sur nous-mêmes, mais également sur ceux qui nous entourent. Lorsque cela se produit, le facteur qui détermine si les personnes touchées nous pardonnent est notre attitude générale à tous les autres moments.
Si nous avons montré que nous faisons habituellement tous nos efforts et que nous nous soucions de notre tâche, nous pouvons être excusés pour nos erreurs en partant du principe que nous nous efforcerons de les éviter.
Le rĂŞve du majordome, oĂą il pressait lui-mĂŞme les raisins pour donner du vin Ă Pharo, signifiait un tel engagement envers son travail. Le rĂŞve du boulanger dans lequel son pain Ă©tait dĂ©jĂ dans la corbeille et avait Ă©tĂ© fabriquĂ© sans lui, rĂ©vĂ©lait son indiffĂ©rence vis-Ă -vis de son poste au sein de l’effectif de Pharaon et donc la probabilitĂ© de nouvelles erreurs.
Selon le Rav Yitzchok Zilberstein, c’est pourquoi l’un a été gracié et l’autre condamné.
MĂŞme lorsque nos actes sont empreints de sincĂ©ritĂ© et sont bien intentionnĂ©s, il y a des moments oĂą nous trĂ©buchons. Si Hachem peut nous pardonner ou non, cela dĂ©pend de notre attitude Ă l’Ă©gard de notre objectif et de nos responsabilitĂ©s.
Faisons-nous tout ce que nous avons ou est-ce une tentative timide de succès qui nous suffit?
Si c’est le premier cas, nous serons probablement excusés, car nous pourrons toujours compter sur nous pour tenter de résoudre les problèmes qui ont conduit à notre déchéance.
Mais si nous montrons que nous ne nous soucions pas vraiment de faire ce qui est juste, alors pourquoi devrions-nous ĂŞtre absous, juste pour que cela se reproduise Ă cause de notre apathie!
Hachem ressent notre intérêt ou notre désintérêt et réagit en conséquence, de même que ceux dont nous sommes proches. Si nous voulons être pardonnés pour les erreurs que nous commettons, nous devons montrer à quel point cela représente pour nous.
Si nous voulons que nos enfants nĂ©gligent nos dĂ©fauts, ils doivent d’abord constater les efforts que nous dĂ©ployons pour essayer de bien faire les choses. Tout peut ĂŞtre pardonnĂ©, sauf quand on s’en fiche tout simplement.





