Sources sécuritaires : « Nous atteignons le point d’ébullition, nous sommes sur le qui-vive jusqu’au bout »

Le sommet politique israélien observe depuis plusieurs jours un silence total sur l’éventualité qu’Israël rejoigne la campagne militaire en cours contre l’Iran. Un mutisme qui, loin de rassurer, alimente au contraire le sentiment d’une tension à son comble. Preuve de cette vigilance accrue : le cabinet restreint se réunira dès demain, vendredi, à la mi-journée, pour faire le point sur les développements.

« La région atteint son point d’ébullition, mais c’est Trump qui décidera si nous entrons dans la campagne. À défaut, une frappe iranienne sur Israël recevra évidemment une réponse », explique-t-on en Israël, formulant ce qui semble aller de soi. Selon ces mêmes sources, « une campagne peut se développer à tout moment. Les Iraniens peuvent tirer et nous sommes sur le qui-vive jusqu’au bout ».

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Du côté israélien, on estime que l’Iran a lui aussi porté son niveau d’alerte à un degré spectaculairement élevé. Or c’est précisément cette double dréssure, des deux côtés de la frontière, qui inquiète le plus l’ensemble de la région : le risque n’est plus seulement celui d’une décision délibérée, mais celui d’un mauvais calcul, d’une erreur d’appréciation qui déclencherait l’engrenage avant même que Trump n’ait tranché sur l’implication ou non d’Israël dans les opérations.

Douze jours d’observation depuis les gradins

Il faut le rappeler : la campagne opposant les États-Unis à l’Iran se poursuit déjà depuis douze jours, et Israël, jusqu’à présent, se contente d’observer depuis la touche. Personne, dans l’appareil sécuritaire, ne prétend pouvoir anticiper les décisions du président américain. Mais l’ensemble des institutions de défense se tient prêt à basculer dans la campagne dès l’instant où une décision serait prise en ce sens.

C’est dans ce climat de veille permanente que le ministre de la Défense, Israël Katz, a tenu ce soir une concertation sécuritaire avec le chef d’état-major, le général Eyal Zamir, le directeur général du ministère de la Défense, le général de réserve Amir Baram, le commandant de l’armée de l’air, le chef du renseignement militaire (Aman), le chef de la division technologique (Agat), le commandant du commandement du front intérieur, ainsi que d’autres hauts responsables. Une réunion qui illustre, elle aussi, le degré de préparation exigé par la situation actuelle.

L’aveu de Trump qui change la donne

Plus tôt dans la soirée, le journaliste Barak Ravid a publié sur le site Axios un entretien qu’il a mené avec le président Donald Trump. Le président américain y confie envisager « une attaque massive contre l’Iran, plus vaste encore que celle menée lors de l’opération « Colère Sacrée » ». Trump a également ajouté que, s’il le souhaitait, Israël pourrait rejoindre la campagne en l’espace de deux minutes — sans toutefois préciser si cette éventualité allait effectivement se concrétiser.

Cette déclaration, venue s’ajouter au silence prolongé de l’exécutif israélien et à la convocation en urgence du cabinet restreint, dessine les contours d’une soirée particulièrement chargée pour la sécurité nationale. Entre la posture attentiste maintenue depuis douze jours et l’hypothèse, désormais formulée publiquement par le président américain lui-même, d’une entrée d’Israël dans le conflit en quelques minutes seulement, la marge de manœuvre se resserre. Le rendez-vous de demain, vendredi, au cabinet restreint, sera scruté de près : il pourrait marquer soit la confirmation du statu quo, soit le premier signal d’un changement de posture. En attendant, les états-majors, côté israélien comme côté iranien, affichent le même mot d’ordre : une vigilance maximale, à la limite du point de rupture.

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