TĂ©moignage d’un rabbin argentin qui se trouvait Ă  Meron: « L’endroit a Ă©tĂ© transformĂ© en une montagne de corps »

Le rabbin argentin Shloime «Cacho» Barnatan, qui vit actuellement dans la ville de Tsfat, dans le nord d’IsraĂ«l, et qui a Ă©tĂ© impliquĂ© dans la tragĂ©die survenue hier soir pendant Lag Baomer, a dĂ©clarĂ© Ă  l’Agence AJN que «l’endroit ne pouvait pas faire face Ă  une telle tragĂ©die. Il Ă©tait tellement rempli de gens qu’ils ont commencĂ© Ă  se serrer les uns les autres et cela a fini par se transformer en une montagne de corps. « 

Image WhatsApp 2021-04-30 Ă  16:54:52

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Au moins 45 personnes sont mortes et environ 150 ont Ă©tĂ© blessĂ©es aux premières heures de vendredi dans une avalanche humaine survenue sur le mont Meron. Selon Barnatan, «les forces de sĂ©curitĂ© et l’organisation Ă©taient très bien prĂ©parĂ©es», mais le nombre de personnes prĂ©sentes en 24 heures a dĂ©passĂ© un demi-million de personnes, provoquant l’effondrement de la ville.

En outre, il a soulignĂ© qu’une grande partie des participants Ă  l’Ă©vĂ©nement Ă©taient des Ă©trangers et a expliquĂ© en quoi consiste Lag Baomer et pourquoi il rassemble tant de personnes en IsraĂ«l.

-Qu’avez-vous vu lors de l’Ă©vĂ©nement Ă  MerĂłn ?
– Je n’Ă©tais pas dans la zone de la tragĂ©die. Les gens pensent qu’il y avait un dĂ©sordre absolu et un dĂ©bordement qui s’est soldĂ© par une tragĂ©die. Mais ce n’Ă©tait pas exactement comme ça. Les forces de sĂ©curitĂ© et l’organisation Ă©taient très bien prĂ©parĂ©es et tout Ă©tait très ordonnĂ©. Et au-delĂ  d’avoir des dizaines de milliers de personnes ensemble, tout Ă©tait en ordre. Les règles Ă©taient très bien respectĂ©es. Mais la vĂ©ritĂ© est que le problème Ă©tait que toute la zone de Meron est en rĂ©alitĂ© une ville ancienne, avec des passages très Ă©troits et des escaliers glissants en pierre ancienne. Le fait Ă©tait que l’endroit ne pouvait pas faire face Ă  tant de gens. C’Ă©tait tellement rempli qu’ils ont commencĂ© Ă  se serrer les uns les autres et cela a fini par se transformer en une montagne de corps. Et ceux qui sont restĂ©s en bas n’ont pas survĂ©cu.

-Est-ce que l’Ă©vĂ©nement s’est tenu sur la structure originale de la ville ou sur une structure bâtie ?
-Ă€ la fois sur la structure d’origine, comme toute ancienne ville d’IsraĂ«l, en pierre qui est un peu glissante, puis il y a eu une structure mĂ©tallique construite. Au dĂ©but, on pensait que l’un des stands s’Ă©tait effondrĂ©, mais ce ne fut pas le cas. Les tribunes ont bien rĂ©sistĂ©. Ce qui s’est effondrĂ©, c’est le manque d’espace physique pour tant de gens. Il n’y avait pas quelque chose de spĂ©cifique qui ait Ă©tĂ© mal fait, mais plutĂ´t un manque de vision et de prise de conscience de l’espace face Ă  une augmentation de gens, il faudrait faire un mĂ©ga remodelage pour donner Ă  la vieille ville une structure capable de supporter autant de personnes.

-Peut-il ĂŞtre comparĂ© Ă  la tragĂ©die de la porte 12 qui s’est produite sur le terrain de River ?
-Oui, c’Ă©tait comme quand une porte est fermĂ©e et que beaucoup de gens se rassemblent. Ils ont juste Ă©tĂ© Ă©crasĂ©s.

-Il est très courant que les jeunes Argentins partent étudier en Israël…
-La plupart des personnes prĂ©sentes Ă  l’Ă©vĂ©nement Ă©taient des Ă©trangers. En fait, je suis allĂ© avec des Ă©tudiants de l’Ă©tablissement oĂą j’enseigne, qui sont tous nord-amĂ©ricains. Des milliers d’Ă©trangers se rendent en IsraĂ«l chaque annĂ©e et des centaines sont latino-amĂ©ricains. C’est l’Ă©vĂ©nement le plus massif et le plus attendu de l’annĂ©e sur le plan religieux, et je pense que c’est le plus grand Ă©vĂ©nement dans tout IsraĂ«l. On estime que dans les 24 heures de Lag Baomer chaque annĂ©e que cet Ă©vĂ©nement a lieu, plus ou moins d’un demi-million de personnes arrivent.

-Pour ceux qui ne savent pas ce qu’est Lag Baomer, comment l’expliquez-vous brièvement ?

-Rabbi Shimon Bar Yochai a vĂ©cu il y a 1900 ans, il Ă©tait l’un des grands sages de l’Ă©poque du Talmud et, au-delĂ  d’ĂŞtre un grand lĂ©galiste de la loi juive biblique, il a Ă©galement Ă©tĂ© le premier Ă  commencer Ă  enseigner la partie mystique et Ă©sotĂ©rique de la Torah, la partie rituelle du judaĂŻsme, qui est aussi connue et Ă  la mode aujourd’hui que la Kabbale. Il est le père de cette ancienne sagesse. Il y a beaucoup, beaucoup de gens qui l’Ă©tudient et vivent selon ses enseignements. Il a demandĂ© que le jour de sa mort soit commĂ©morĂ© avec joie, pour les enseignements qu’il a laissĂ©s et non pour le dĂ©part physique. Ensuite, c’Ă©tait la coutume pendant des centaines d’annĂ©es de faire cette cĂ©lĂ©bration.

– Des secteurs d’IsraĂ«l ont-ils utilisĂ© ce fait pour critiquer l’orthodoxie ?
-Je pense que, comme toujours, quand il y a une victime, il y aura toujours un corbeau qui attend pour se nourrir. Et ce que je veux dire, c’est que parfois les mĂ©dias profitent des crises pour creuser la distance et se polariser. De mĂŞme, de nombreux mĂ©dias et de nombreuses personnalitĂ©s importantes ont cherchĂ© le responsable. Nous devons ĂŞtre des adultes sans chercher des coupables, mais plus tĂ´t se consacrer Ă  aider. Je pense que c’est le bon message. Puisse Hashem rĂ©conforter les familles des victimes et soigner rapidement les blessĂ©s. »