Selon les informations publiĂ©es par Reuters et le Financial Times, l’administration Trump s’apprĂŞte Ă relancer sa politique de tarifs douaniers massifs, dans ce qui constituerait la première tentative significative de la Maison Blanche pour ressusciter une stratĂ©gie commerciale sĂ©vèrement mise Ă mal au cours du premier trimestre 2026. Le plan, dont les grandes lignes ont Ă©tĂ© divulguĂ©es, vise une soixantaine de pays et repose sur une logique de pression graduĂ©e selon la nature des relations commerciales de chaque pays avec les États-Unis.
La Commission du commerce amĂ©ricaine a divisĂ© les pays ciblĂ©s en deux groupes distincts. D’un cĂ´tĂ©, quinze grandes Ă©conomies — parmi lesquelles le Canada, le Mexique, la Grande-Bretagne, TaĂŻwan et l’Union europĂ©enne — se verraient appliquer un tarif douanier de 10%. De l’autre, les 45 pays restants, considĂ©rĂ©s comme les plus rĂ©fractaires aux exigences amĂ©ricaines en matière d’Ă©quilibre commercial, feraient face Ă un taux majorĂ© de 12,5%. L’administration a nĂ©anmoins choisi d’exempter plusieurs produits jugĂ©s sensibles pour le consommateur amĂ©ricain : l’Ă©nergie, les mĂ©taux rares, la viande bovine, le cafĂ©, les mĂ©dicaments et les pièces aĂ©ronautiques sont ainsi prĂ©servĂ©s de cette nouvelle vague.
Une tentative de contournement judiciaire
Cette nouvelle offensive s’inscrit dans un contexte juridique particulièrement tendu. Plus tĂ´t dans l’annĂ©e, la Cour suprĂŞme amĂ©ricaine avait annulĂ© une large partie des tarifs initiaux de Trump, estimant que le prĂ©sident avait excĂ©dĂ© ses attributions en utilisant la loi sur les pouvoirs d’urgence Ă©conomique pour imposer des droits de douane gĂ©nĂ©ralisĂ©s. Les juges avaient rappelĂ© que la Constitution confère au Congrès — et non au prĂ©sident — le pouvoir d’Ă©tablir des taxes et des droits de douane, et que l’Ă©tat de guerre n’existant pas avec l’ensemble des pays du monde, les conditions d’exercice de pouvoirs d’urgence n’Ă©taient pas rĂ©unies.
Trump avait rĂ©agi en colère, s’appuyant sur d’autres dispositions lĂ©gales — notamment les articles 232 et 301 de la loi sur le commerce de 1974 — pour prĂ©server un maximum de mesures. C’est dĂ©sormais dans ce cadre plus restreint que la nouvelle proposition s’inscrit, avec une procĂ©dure de consultation publique ouverte jusqu’au dĂ©but du mois de juillet, suivie d’une audience qui dĂ©terminera si le monde s’achemine vers une nouvelle guerre commerciale gĂ©nĂ©ralisĂ©e ou si le mĂ©canisme sera Ă nouveau bloquĂ© en justice.
L’annonce intervient prĂ©cisĂ©ment au moment oĂą arrivent Ă expiration, en juillet, les tarifs temporaires imposĂ©s en fĂ©vrier. La Maison Blanche cherche manifestement Ă remplir le vide juridique que pourrait crĂ©er cette Ă©chĂ©ance, tout en contournant les contraintes imposĂ©es par la Cour suprĂŞme. Le plan sera soumis Ă commentaires publics et Ă une audience avant d’entrer Ă©ventuellement en vigueur — un calendrier qui ne laisse guère de place pour des nĂ©gociations substantielles avec les pays concernĂ©s.
Pour les lecteurs souhaitant suivre l’Ă©volution des tensions commerciales mondiales, retrouvez nos analyses sur l’actualitĂ© Ă©conomique et gĂ©opolitique internationale ainsi que notre article sur les opĂ©rations militaires et la situation sĂ©curitaire en IsraĂ«l.






