Samedi soir, à la sortie du Shabbat, une salle de cinéma bondée à Rehovot. Le film bat son plein, et tout ce qu’un jeune placeur, désigné ici par la lettre A., voulait faire, c’était son travail. Des spectateurs se plaignaient d’un groupe d’adolescents et d’adolescentes qui fumaient des cigarettes électroniques et faisaient du bruit. A. s’est approché, leur a demandé d’arrêter, et quand cela n’a pas suffi, il a exigé qu’ils quittent la salle. La réponse de ces jeunes ? Une volée de coups d’une violence inouïe. Environ six adolescents lui sont tombés dessus, l’ont roué de coups et l’ont laissé en sang, avec une fracture du nez et de lourdes contusions sur tout le corps.
Ce moment où une salle de cinéma innocente se transforme en ring de boxe brutal n’est pas un cas isolé. Il n’est qu’un symptôme de plus d’un mal grave et inquiétant qui gangrène nos rues, surtout en été, mais pas seulement.
De la franchise Pizza Hut à la salle de cinéma : la gâchette facile
Impossible de ne pas relier les points. Il y a seulement quelques mois, la veille de Yom Haatsmaout — la fête la plus joyeuse du pays — nous avons tous été bouleversés par le meurtre atroce de Yamano Zelka z »l, employé d’une franchise Pizza Hut à Petah Tikva, poignardé à mort par des adolescents.
Et maintenant, en plein cœur des grandes vacances — la période censée être la plus libératrice, la plus joyeuse et la plus familiale pour les jeunes — celle-ci se transforme encore et encore en un spectacle de violence brutale. Cette fois, cela s’est « seulement » terminé par une fracture du nez et une hospitalisation. Mais comme l’a justement dit un témoin de l’incident au cinéma : que se serait-il passé si ces adolescents avaient eu un couteau dans la poche ? Aurions-nous lu ce matin une nouvelle information sur les funérailles d’un jeune homme qui avait simplement essayé de maintenir l’ordre ?
Assez de l’excuse de « l’ennui » : ce n’est pas un problème de loisirs, c’est un problème de valeurs. Chaque été, les autorités locales se targuent de multiplier subventions, fêtes, activités nocturnes et événements à tarif réduit, « pour que les jeunes ne s’ennuient pas ». Avec tout le respect dû aux bonnes intentions, cette conception passe à côté de la réalité.
La violence n’est pas un effet secondaire de l’ennui. Une personne qui s’ennuie cherche quoi faire ; une personne qui a perdu toute humanité frappe le visage d’un placeur à coups de poing. Une agression physique n’est pas une bêtise d’adolescent : fumer dans une salle, c’est de l’insolence, mais rouer de coups une personne qui vous fait une remarque, c’est un crime à part entière.
Où est le système éducatif ? Où sont les parents ? Comment en sommes-nous arrivés à un point où les limites élémentaires du respect envers autrui, envers l’autorité, ou simplement envers un employé qui a le droit de rentrer chez lui sain et sauf, ont été totalement effacées ?
Comment arrêter la boule de neige ?
Si nous voulons empêcher le prochain coup de couteau ou la prochaine agression au cinéma, nous devons cesser d’utiliser des « pansements » sur les incidents impliquant des jeunes et commencer à traiter la racine du problème à travers un triangle de responsabilités.
D’abord, la responsabilité parentale et juridique : quand un mineur se comporte avec une violence grave, ses parents doivent assumer une responsabilité civile et financière directe. Le principe de « responsabilité du fait d’autrui » doit être élargi : des compensations significatives, de plusieurs dizaines de milliers de shekels, versées directement par les parents à la victime, accompagnées de travaux d’intérêt général effectués conjointement par les parents et les adolescents. Quand les parents sauront que la violence de leur enfant leur coûtera cher, leur implication augmentera considérablement.
Ensuite, l’application de la loi et une présence dissuasive dans l’espace public : il n’est pas acceptable que les lieux de loisirs et les centres commerciaux ne comptent que sur un seul agent de sécurité pour couvrir un espace immense. Il faut imposer aux principaux lieux de divertissement la présence d’une sécurité dédiée, tout en renforçant les patrouilles de la police municipale et nationale dans les points de friction fréquentés par les jeunes durant l’été.
Enfin, un programme éducatif de prévention : « éduquer aux limites et à la responsabilité ». Le système éducatif doit cesser de considérer l’été comme un « trou noir ». Juste avant le départ en vacances, des ateliers obligatoires devraient être organisés sur les conséquences de la violence, la responsabilité pénale des mineurs, et l’importance du respect envers les employés de service — placeurs, livreurs, chauffeurs de bus.
Le placeur de la salle de cinéma de Rehovot finira par se remettre de ses blessures physiques, mais la cicatrice et la peur resteront. Si nous ne nous réveillons pas maintenant, et si nous ne posons pas une limite claire, ferme et sans compromis face à la violence des jeunes, la prochaine catastrophe n’est qu’une question de temps. Les grandes vacances ne peuvent pas continuer à servir de permis pour le chaos.
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