Il y a trois ans, l’armĂ©e de Vladimir Poutine envahissait l’Ukraine voisine. Le Kremlin croyait pouvoir prendre Kyiv en trois jours, mais la guerre perdure et les deux camps paient un lourd tribut. En IsraĂ«l, de nombreux demandeurs d’asile ukrainiens ont trouvĂ© refuge, et pour en parler, Annat Davidov a rencontrĂ© Talya Ahrantel, la directrice gĂ©nĂ©rale de l’ONG A.S.F., qui apporte son soutien aux rĂ©fugiĂ©s et demandeurs d’asile en IsraĂ«l. Elle dresse un tableau accablant de la situation.
Au dĂ©but de l’entretien, Ahrantel a Ă©voquĂ© les chiffres de l’immigration ukrainienne en IsraĂ«l : « Environ 23 000 rĂ©fugiĂ©s ont franchi les portes du pays, et tous bĂ©nĂ©ficient d’une protection temporaire. » Cette protection est reconnue par IsraĂ«l, car le pays sait qu’ils ne peuvent pas retourner en Ukraine. Mais cette « protection » n’est qu’une solution temporaire et, au-delĂ de cela, ces rĂ©fugiĂ©s ne bĂ©nĂ©ficient d’aucun droit de base leur permettant de survivre dans le pays. « La plupart d’entre eux ont un visa touristique, mais ils ne sont pas expulsĂ©s. Toutefois, ils ne peuvent rien faire. Pendant la guerre, leur situation est intenable. Ils ne bĂ©nĂ©ficient d’aucune aide de l’État, ni en matière de soins de santĂ© ni de services sociaux. »
Ahrantel a donnĂ© l’exemple d’une famille arrivĂ©e d’Odessa, composĂ©e de deux enfants souffrant de graves sĂ©quelles psychologiques et nĂ©cessitant une prise en charge urgente. « Il y a aussi une autre famille, un grand-père de 80 ans, une mère de 60 ans et une fille en fauteuil roulant, totalement dĂ©pendante. La mère s’occupe du grand-père et de la fille, mais elle ne peut pas travailler. Ils n’ont rien, ils survivent grâce Ă nos dons et Ă l’aide de bonnes âmes qui essaient de faire ce qu’elles peuvent. »
En rĂ©ponse Ă la question concernant le financement, Ahrantel a soulignĂ© que son organisation vivait exclusivement des dons privĂ©s et des subventions de fondations. Lorsqu’on lui a demandĂ© quelles solutions pourraient amĂ©liorer la situation, elle a suggĂ©rĂ© : « Il est impĂ©ratif que l’État israĂ©lien prenne exemple sur l’expĂ©rience passĂ©e avec les rĂ©fugiĂ©s Ă©rythrĂ©ens et fournisse une aide de base aux rĂ©fugiĂ©s ukrainiens pour leur permettre de survivre en attendant que la situation en Ukraine s’amĂ©liore. »
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