Trump et Netanyahu — une alliance solide, mais deux visions qui divergent sur la sortie de guerre

Depuis le 28 février 2026, Israël et les États-Unis mènent ensemble la guerre la plus ambitieuse du Moyen-Orient depuis des décennies. Donald Trump et Benyamin Netanyahu se présentent publiquement comme une équipe soudée, deux dirigeants qui ont osé faire ce que leurs prédécesseurs n’ont jamais fait : frapper l’Iran directement, simultanément, avec une force sans précédent. Cette unité de façade est réelle — mais sous la surface, deux visions de la guerre, deux calendriers et deux définitions de la victoire commencent à diverger. Et les sources israéliennes les plus sérieuses le documentent sans détour.

Trump a déclaré au Times of Israel le 9 mars que la décision de fin de guerre serait une décision mutuelle qu’il prendrait avec Netanyahu. Il a ajouté que l’Iran allait détruire Israël et tout ce qui l’entourait, et que les deux dirigeants avaient travaillé ensemble pour détruire un pays qui voulait détruire Israël. The Times of Israel Le ton est celui de l’alliance. Mais l’alliance a ses fractures.

La première — et la plus révélatrice — porte sur la question du changement de régime en Iran. C’est l’objectif que Netanyahu a placé au cœur de sa doctrine depuis des décennies. Pour lui, cette guerre n’a de sens que si elle conduit à la chute des mollahs. Trump a rejeté une proposition de Netanyahu d’appeler conjointement le peuple iranien à descendre dans les rues pour renverser le régime, craignant que les manifestants soient massacrés. Netanyahu a finalement lancé un appel seul, formulé de façon moins directe. The Times of Israel Ce désaccord sur la méthode traduit un désaccord plus profond sur l’objectif. Selon des responsables américains, alors que Netanyahu considère la création des conditions d’un changement de régime comme un objectif central de la guerre, Trump voit le renversement du régime comme un bonus. The Times of Israel

La deuxième fracture porte sur les négociations avec l’Iran. Quand Trump a annoncé que des discussions étaient en cours, Jérusalem a été prise de court. Netanyahu a publié une déclaration en hébreu pour rassurer le public israélien que la guerre se terminerait d’une façon qui rendrait les trois semaines précédentes — pendant lesquelles les Israéliens, et non les Américains, avaient couru plusieurs fois par jour dans les abris avec leurs enfants — dignes de ce prix. Jewish Insider Derrière cette déclaration publique maîtrisée, la réalité était plus agitée. Netanyahu a dépêché son conseiller le plus proche, Ron Dermer, pour dissuader l’administration Trump de conclure un accord jugé pas bon. La priorité de Dermer : s’assurer que les 440 kg d’uranium hautement enrichi iranien — de quoi fabriquer onze bombes selon ce que Téhéran avait lui-même révélé à l’envoyé américain Steve Witkoff — quittent définitivement le territoire iranien. Jewish Insider

Des responsables israéliens reconnaissent en privé que c’est en définitive Trump qui décidera quand la guerre se termine. L’ancien ambassadeur américain en Israël Dan Shapiro a déclaré que si Trump décide qu’il a atteint la fin de cette opération avant que Netanyahu le veuille, il mettra fin à la guerre quand même. The Times of Israel Cette réalité du rapport de force asymétrique entre Washington et Jérusalem est connue de tous les acteurs. Israël est le partenaire junior de cette alliance — et les décisions finales appartiennent à Trump.

Ce qui complique davantage le tableau, c’est la dimension personnelle. Netanyahu a rencontré Trump sept fois depuis son retour à la Maison-Blanche en 2025, poussant à chaque fois à concentrer son attention sur les missiles balistiques iraniens et les ambitions nucléaires de Téhéran, présentant les dirigeants cléricaux de Téhéran comme un ennemi commun. The Times of Israel Cette stratégie a fonctionné jusqu’au 28 février. Maintenant que la guerre est lancée, l’agenda américain reprend ses droits. Trump pense à l’économie mondiale, aux prix du pétrole, aux élections de mi-mandat. Netanyahu pense à la survie de son pays — et, disent ses adversaires, à la sienne propre.

La guerre a réussi dans son objectif de réduire significativement la menace balistique iranienne. L’IDF et Netanyahu ont affirmé la semaine dernière que la capacité de production de missiles de la République islamique avait été détruite. La Maison-Blanche a dit que la capacité balistique de l’Iran était fonctionnellement détruite. Pourtant, l’Iran dispose de centaines de missiles qu’il continue de tirer, avec des drones, sur Israël et les États du Golfe chaque jour. Jewish Insider C’est précisément là que les deux visions divergent le plus : Netanyahu voit une guerre inachevée, Trump voit une victoire suffisante. Entre les deux, Israël continue d’encaisser les missiles.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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