Il y a des secrets militaires qui ne tiennent qu’un temps. Celui-là, Donald Trump a fini par le lâcher lui-même, devant les journalistes réunis à la Maison-Blanche ce mercredi. « Maintenant je peux le dire : nous avons sorti des millions de barils de pétrole. Vous savez qui ne le sait pas encore, jusqu’à ce moment précis ? L’Iran. »
L’affaire est saisissante dans sa conception opérationnelle. Les forces américaines ont d’abord détruit les systèmes radar iraniens, privant Téhéran de sa capacité à surveiller ses eaux et ses voies maritimes. Dans cette fenêtre d’aveuglement, vingt-deux navires ont été interceptés et saisis en pleine nuit, leur cargaison de pétrole confisquée au passage. Une opération de grande envergure, conduite dans l’obscurité la plus totale — au sens propre comme au sens figuré.
Trump a aussi livré la clé de lecture économique de cet épisode. La baisse des prix du pétrole ces dernières semaines, qui a surpris les marchés, n’est pas seulement le fruit des négociations diplomatiques ou du ralentissement de la demande mondiale : elle s’explique en partie par l’injection sur les marchés de ce pétrole iranien saisi. Le président américain a d’ailleurs admis qu’il avait eu du mal à garder le secret, mais qu’il avait attendu le bon moment pour parler.
La saisie d’un pétrolier en temps réel
En parallèle, le CENTCOM — le commandement central des forces armées américaines — a annoncé ce même jour une nouvelle saisie. Un pétrolier tentant de rejoindre l’Iran malgré le blocus naval américain a été intercepté alors qu’il traversait le golfe d’Oman. Les forces américaines ont d’abord intimé au navire l’ordre de s’immobiliser, sans réponse. Des munitions ont alors été tirées en direction de sa salle des machines, forçant son arrêt.
Ces deux opérations — la révélation des 22 navires saisis nuitamment et l’interception du pétrolier en mer d’Oman — illustrent la stratégie américaine en cours : une pression économique et militaire combinée sur le régime iranien, visant à l’asphyxier financièrement tout en maintenant la menace de nouvelles frappes aériennes.
« Ils doivent signer un accord »
Trump ne s’est pas arrêté là. Dans la même journée, il a réaffirmé l’imminence de nouvelles frappes. « Nous allons frapper l’Iran très fort aujourd’hui. Nous les avons préparés hier et nous les frapperons encore aujourd’hui. Ils doivent signer un accord. » Il a aussi évoqué sur Truth Social la lenteur des négociations iraniennes : « Ils ont pris trop de temps pour négocier un accord qui aurait pu être excellent pour eux — et maintenant ils devront en payer le prix. »
Sa description de l’état de l’armée iranienne était sans nuance : « L’armée iranienne est un chaos total. Des pans entiers, comme la marine et l’armée de l’air, n’existent pratiquement plus — ils ont été complètement battus. L’Iran parle beaucoup et agit beaucoup moins. Le tyran du Moyen-Orient est mort. »
Du côté iranien, le parlementaire Ibrahim Reza’i, porte-parole de la commission parlementaire de sécurité nationale et de politique étrangère — figure connue pour sa proximité avec les Gardiens de la révolution — a répondu sobrement sur X, en persan : « Nous sommes plus prêts qu’avant. »
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