Trump : tout dommage causé aux navires sera payé avec de l’argent iranien sous contrôle américain

Le président américain Donald Trump a annoncé, dans une publication sur son réseau Truth Social, que l’argent iranien serait désormais utilisé pour indemniser tout dommage causé aux navires touchés dans le cadre du conflit en cours. « Que cette déclaration serve à représenter, jusqu’à nouvel ordre, qu’à partir de ce moment, tout dommage causé à des navires, à leur cargaison, ou à toute chose s’y rapportant, sera payé au moyen de l’argent iranien qui se trouve en la possession et sous le contrôle des États-Unis », a-t-il écrit. Il a ajouté : « Ces dommages pourraient être très importants, mais c’est néanmoins la chose juste et équitable à faire. »

Le président américain n’a pas précisé la source exacte de ces fonds, mais des milliards de dollars d’avoirs iraniens demeurent aujourd’hui gelés en raison des sanctions américaines. Les deux pays avaient auparavant évoqué la possibilité de débloquer une partie de ces avoirs si l’Iran respectait les termes d’un accord avec Washington — un scénario aujourd’hui remisé au second plan face à l’escalade militaire.

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Un tournant après plusieurs mois d’hésitations sur le détroit d’Ormuz

Cette annonce marque une nouvelle étape dans la stratégie américaine autour du détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour l’approvisionnement mondial en pétrole. Trump avait, ces derniers mois, multiplié les prises de position parfois contradictoires sur ce dossier : il avait un temps envisagé de faire payer un péage aux navires empruntant le détroit avant de faire marche arrière, déclarant début juillet que la voie maritime restait « ouverte à tout le trafic maritime, sauf pour l’Iran », tout en maintenant un blocus visant spécifiquement les navires en lien avec des ports ou des cargaisons iraniennes.

Avant-hier déjà, le président américain avait prévenu que les États-Unis détruiraient un pont ou une centrale électrique en Iran pour chaque navire touché dans le détroit d’Ormuz — une menace qui s’inscrit dans la même logique de représailles économiques et infrastructurelles annoncée aujourd’hui à travers le gel des avoirs iraniens.

Des prix du pétrole sous tension, un second front en mer Rouge

Le contexte dans lequel intervient cette déclaration reste extrêmement tendu. Le trafic dans le détroit d’Ormuz continue de tourner au ralenti malgré les assurances répétées du Pentagone selon lesquelles la voie maritime demeurerait ouverte, et les prix mondiaux du pétrole sont repassés au-dessus de la barre des 100 dollars le baril jeudi, pour la première fois depuis plus de deux mois. Le secrétaire d’État Marco Rubio a par ailleurs souligné que les rebelles houthistes du Yémen, soutenus par l’Iran, s’étaient montrés jusqu’à présent « intelligents » en restant à l’écart direct du conflit entre les États-Unis et l’Iran, tout en les exhortant à cesser leurs propres attaques contre des pétroliers saoudiens en mer Rouge.

Cette accumulation de pressions économiques, militaires et diplomatiques illustre la volonté de l’administration américaine de faire porter à Téhéran le poids financier de l’escalade, à un moment où le conflit entre les deux pays dure déjà depuis plus d’une semaine sans perspective claire d’apaisement.

À lire aussi sur infos-israel.news : notre article sur la carte officielle publiée par l’Iran des routes maritimes du détroit d’Ormuz, ainsi que sur le déploiement d’avions ravitailleurs américains au Qatar face à l’escalade avec Téhéran.

Précision de la rédaction : la dépêche Ynet/Reuters à l’origine de cet article étant très courte, le contexte (prix du pétrole, dossier houthiste, précédentes déclarations de Trump sur le détroit) a été complété à partir de la couverture de médias américains ayant traité la même annonce présidentielle le même jour.