Trump veut finir — et si ça ne marche pas, il prend l’île pétrolière

La formule est lapidaire, mais elle résume à elle seule les deux scénarios qui se jouent en ce moment dans les coulisses de la guerre contre l’Iran. Selon une source israélienne citée par Ynet, le président américain Donald Trump a un plan A et un plan B : « Il veut vraiment en finir avec ça — et si ça ne marche pas, alors prendre le contrôle de l’île de Kharg. Il y a chez eux des préparatifs pour ce scénario également. »

Cette déclaration laconique dévoile une logique stratégique qui dépasse de loin le cadre d’une opération militaire contre les capacités nucléaires et balistiques de l’Iran. Prendre le contrôle de l’île de Kharg — la principale plateforme de chargement de pétrole iranienne dans le Golfe Persique, par laquelle transitent environ 90% des exportations pétrolières de Téhéran — équivaudrait à couper le principal robinet financier du régime. Sans ses revenus pétroliers, le gouvernement des mollahs serait économiquement étranglé en quelques semaines.

L’île de Kharg n’est pas seulement une infrastructure économique : c’est une position géographique et stratégique dans le Golfe Persique qui confèrerait à celui qui la contrôle une capacité de pression immense sur l’Iran. Pour Trump, qui a déjà manifesté publiquement son intention de s’emparer du détroit d’Ormuz, la prise de Kharg s’inscrirait dans une logique cohérente : contrôler les artères de l’énergie iranienne comme levier de négociation ultime — ou comme objectif de guerre si les négociations échouent.

Les préparatifs américains pour ce scénario, mentionnés par la source israélienne, ne sont pas une surprise totale. Plusieurs sources militaires américaines avaient précédemment évoqué la réhabilitation opérationnelle complète du porte-avions Gerald Ford après un incendie à bord, et des rapports suggèrent que 3 000 soldats américains supplémentaires sont en route vers le Moyen-Orient. L’ensemble de ces mouvements dessine une posture d’escalade potentielle, si le plan A — un accord diplomatique — devait échouer.

Pour l’Iran, cette menace est existentielle à un niveau particulier. Qalibaf, le président du Parlement, avait d’ailleurs réagi à cette menace implicite quelques heures plus tôt, en mettant en garde contre toute tentative d’occupation d’une île iranienne et en promettant des frappes contre les « infrastructures critiques » du pays régional qui aiderait l’ennemi. La dynamique action-réaction est donc déjà en route, et chaque déclaration nourrit la suivante dans une spirale rhétorique qui, si elle n’est pas stoppée par la diplomatie, pourrait déboucher sur une nouvelle phase d’escalade.

Ce qui est remarquable dans l’information rapportée par Ynet, c’est sa précision géographique : ce n’est pas « les installations pétrolières iraniennes en général » qui sont mentionnées, mais l’île de Kharg spécifiquement. Cela indique que les discussions stratégiques américaines ont atteint un niveau de détail opérationnel concret, et que le scénario n’est plus théorique. Pour les marchés pétroliers mondiaux — qui ont déjà dépassé les 100 dollars le baril dans ce contexte de guerre — l’information a le potentiel d’une secousse supplémentaire.


Rédaction francophone Infos Israel News pour l’actualité israélienne
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