Tsahal frappe un pont sur le Litani — Katz prévient : « Ce n’est que le début »

Une ligne a été franchie. Pour la première fois depuis le début de l’opération « Rugissement du Lion », Tsahal a frappé une infrastructure civile sur le territoire libanais. La cible : un pont stratégique enjambant le fleuve Litani, utilisé par le Hezbollah pour acheminer armes et munitions vers le sud du Liban. Le ministre de la Défense Israel Katz n’a pas caché la signification de cette frappe — ni ce qu’elle annonce.

« Cette nuit, Tsahal a attaqué et détruit un pont central au-dessus du fleuve Litani qui servait de voie de passage aux terroristes du Hezbollah et de transit d’armements vers le sud du Liban. Ce n’est que le début », a déclaré Katz dans un communiqué officiel. Le message adressé à Beyrouth est direct et sans ambiguïté : si le gouvernement libanais ne prend pas ses responsabilités concernant le désarmement du Hezbollah, il paiera un prix croissant en termes d’infrastructures nationales et de perte de territoire.

Cette frappe marque une escalade symbolique dans la campagne militaire contre le Hezbollah. Jusqu’ici, les opérations de Tsahal ciblaient des positions militaires, des lanceurs de roquettes, des commandants ou des dépôts d’armements. Frapper un pont civil — même utilisé à des fins militaires par le Hezbollah — constitue une étape franchie de manière délibérée et assumée.

Un avertissement adressé à l’État libanais

Le ministre Katz a été encore plus explicite dans ses menaces. Il a rappelé que le gouvernement libanais avait pris des engagements — notamment celui de procéder au désarmement du Hezbollah — et qu’il ne les avait pas honorés. « Le gouvernement du Liban, qui a trompé et n’a pas respecté son engagement de désarmer le Hezbollah, paiera des prix croissants en perte d’infrastructure et de territoire, jusqu’à l’accomplissement de l’engagement central du désarmement du Hezbollah », a-t-il averti.

La formulation est claire : ce n’est pas une opération isolée, c’est l’ouverture d’une nouvelle phase. L’État libanais n’est plus présenté comme un spectateur impuissant mais comme un acteur comptable des agissements du Hezbollah depuis son territoire. Cette posture représente un changement de paradigme dans la doctrine israélienne au Liban.

Une réunion d’état-major au sommet

Ce vendredi matin, Katz a présidé une réunion d’évaluation de la situation à laquelle participaient les plus hautes autorités militaires israéliennes : le chef d’état-major Eyal Zamir, le directeur général du ministère de la Défense Amir Bar’am, le chef du renseignement militaire Shlomi Binder, le commandant de l’armée de l’air Tomer Bar, le commandant de la marine David Salama, et plusieurs autres hauts responsables. La décision de frapper le pont du Litani n’est donc pas une action improvisée — elle s’inscrit dans une stratégie délibérée, validée au plus haut niveau.

La vidéo de la frappe sur le pont a été publiée par le porte-parole de Tsahal et a circulé immédiatement sur les réseaux sociaux. Le Hezbollah et ses soutiens ont diffusé les images de leur côté, dans une guerre de communication qui double la guerre militaire.


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