L’analyste des affaires arabes israĂ©liennes, Shimrit Meir, a dĂ©clarĂ© dimanche que le gouvernement Trump envisageait de rĂ©duire l’aide Ă la Jordanie s’il ne soutenait pas la partie politique de « l’accord du siècle » qui devrait ĂŞtre prĂ©sentĂ©e après les Ă©lections israĂ©liennes du 17 septembre.
Citant un rapport du Wall Street Journal (Un effort de paix Trump emprisonne la Jordanie entre des Palestiniens et des AmĂ©ricains ) affirmant que, alors que le gouvernement Trump jette les bases d’un plan de paix israĂ©lo-palestinien, la Jordanie voisine a Ă©tĂ© mise dans une position inconfortable, devant s’opposer aux suggestions de Trump Selon l’appui de Washington, Meir note que cette idĂ©e mĂŞme brise le sanctum sanctorum de la politique du Moyen-Orient amĂ©ricain Ă travers les gĂ©nĂ©rations.
Selon Meir, en IsraĂ«l Ă©galement, l’appareil de sĂ©curitĂ© de Netanyahu, traditionnellement attentif aux besoins du roi de Jordanie depuis que Golda a rencontrĂ© Abdullah Ier, est choquĂ© par l’idĂ©e de couper la Jordanie et pourrait Ă©ventuellement tenter de bloquer une telle dĂ©marche, Trump ou pas Trump.
En revanche, poursuit Meir, Ă la vĂ©ritĂ©, IsraĂ«l en a assez de se lasser du fait que de toutes les plaintes du public jordanien contre son roi – et il y en a beaucoup – la seule chose sur laquelle la monarchie s’est concentrĂ©e est le conflit israĂ©lo-palestinien.
C’est un geste orchestrĂ© par les islamistes, affirme Meir, ajoutant : « La question est de savoir pourquoi est-ce une bonne chose ? »
Selon des sources citĂ©es par Wikipedia, le PIB par habitant de la Jordanie aurait ralenti pour s’Ă©tablir Ă 2% seulement après le printemps arabe de 2011. Une augmentation substantielle de la population due Ă l’afflux de rĂ©fugiĂ©s syriens, conjuguĂ©e au ralentissement de la croissance Ă©conomique et Ă l’augmentation de la dette publique ont entraĂ®nĂ© la pauvretĂ© et le chĂ´mage dans le pays. En 2015, le PIB de la Jordanie n’Ă©tait que de 37,6 milliards de dollars, ce qui le plaçait au 89ème rang mondial. IsraĂ«l, le voisin, dont la population est Ă peu près la mĂŞme, affiche un PIB de 350,9 milliards de dollars.
Selon des sources officielles amĂ©ricaines et des mĂ©dias arabes, les États-Unis accordent Ă la Jordanie entre 6 et 8 milliards de dollars par an en espèces, outre le statut de nation la plus favorisĂ©e (NPF), Ă l’instar de la plupart des pays occidentaux. Les États-Unis ont Ă©galement activement demandĂ© au Fonds monĂ©taire international (FMI) de laisser la Jordanie seule en ce qui concerne les mesures d’austĂ©ritĂ© Ă©conomique que le fonds exige normalement de ses dĂ©biteurs du tiers monde.
En bref, prendre le mauvais côté du président Donald Trump pourrait coûter au roi Abdullah II près du tiers de son économie.
Shimrit Meir affirme que pousser le roi Ă ce moment-lĂ ne contribuerait pas Ă la paix ; au lieu de cela, une telle dĂ©marche est susceptible d’encourager le chaos. En l’Ă©tat actuel des choses, environ 80% des sujets du roi n’appartiennent pas Ă sa base politique, les BĂ©douins, et des rapports montrent que les BĂ©douins ne sont pas aussi proche de lui.
Aussi : si les États-Unis rĂ©duisent leur aide Ă la Jordanie, personne ne sait qui comblera le vide. Certes, il pourrait s’agir des Saoudiens ou des Qataris, mais Ă©galement des Iraniens, des Russes ou des Chinois, tous dĂ©sireux de s’emparer d’un poste stratĂ©gique le long du flanc oriental d’IsraĂ«l.
D’autre part, le roi pourrait bien capituler et faire ce qu’il a dit. Comme toujours, la Jordanie n’a pas de politique Ă©trangère, mais un programme de gestion de la douleur.






