C’est au cĂ©lèbre club Kater Holzig Ă Berlin, qu’une rencontre loin d’ĂŞtre ordinaire a eu lieu. Les musiciens du groupe viennent de deux pays dont les tensions en cours pourraient Ă tout moment exploser Ă la face du monde.
C’est le genre de situation qui ne pouvait arriver qu’Ă Berlin: des Iraniens et des IsraĂ©liens en boĂ®te, ensemble Ă l’intĂ©rieur d’une ancienne usine de savon de l’Ă©poque de la Seconde Guerre mondiale, et qui abrite aujourd’hui, l’un des plus cĂ©lèbres clubs oĂą se dĂ©roulent les meilleures soirĂ©es de la ville.
C’est un groupe techno assez particulier, il y a des IsraĂ©liens et des Iraniens, qui avant leur concert vont manger du houmous et du ragoĂ»t de poulet persan prĂ©parĂ©s dans un restaurant israĂ©lien persan-juif Ă Berlin.
L’air est rempli de conversation en hĂ©breu, le farsi est la langue commune de tous. Personne ne parle de politique, ou des bombes nuclĂ©aires. C’est juste un groupe de jeunes gens assis ensemble qui veulent profiter de l’instant, et la connexion Ă l’autre Ă travers la musique.
Le DJ israĂ©lien Roy Siny, Ă gauche, et l’Iranienne Afagh Irandoost Ă Berlin, le 17 aoĂ»t 2013. (Boaz Arad) JTAC’est ce qui a reliĂ© les deux organisateurs du groupe, Reza Khani et Roy Siny.
Khani, qui a 36 ans, est une figure de la vie nocturne, bien connue Ă Berlin. C’est aussi le propriĂ©taire d’un bar dans le quartier branchĂ© de Kreuzberg. Siny, a 35 ans, c’est un Ă©tudiant qui a obtenu un doctorat Ă l’UniversitĂ© de Potsdam, mais qui est aussi un DJ techno très populaire dans le monde de la nuit.
Les deux hommes disent que leur groupe musical est destiné non seulement à rapprocher deux peuples qui ont beaucoup en commun, mais aussi à montrer au reste du monde que les Iraniens et les Israéliens ne sont pas ennemis.
« La vĂ©ritĂ© est qu’historiquement parlant, les Perses et les Juifs n’ont jamais Ă©tĂ© ennemis », a dĂ©clarĂ© Khani. « Ce qui se passe maintenant est le rĂ©sultat de la politique israĂ©lienne dans les territoires disputĂ©s, et de la radicalisation islamique en Iran. Ce n’est que de la politique. Cela n’a rien Ă voir avec la volontĂ© rĂ©elle du peuple ».
Seront-ils en mesure de lancer le même genre de concert à Tel-Aviv ou Téhéran ?
Pas dans un proche avenir, selon le groupe. Tous conviennent que Berlin, oĂą des milliers d’immigrants iraniens et israĂ©liens vivent cĂ´te Ă cĂ´te, est l’endroit parfait pour eux.
«Ma vision utopique, qui pourrait ressembler un peu Ă une chanson de John Lennon, oĂą une jeune fille de 12 ans rĂŞve d’un monde oĂą la race et la religion ne sont pas importants, et oĂą tout le monde vit en harmonie et dans la paix », a dĂ©clarĂ© Khani. « En attendant, Berlin est la chose qui s’en rapproche le plus. »





