Un rapport de Human Rights Watch dénonce la Coupe du monde du Qatar pour avoir abusé des travailleurs, des femmes et des LGBT

Dimanche prochain, des milliards de terriens vont se planter devant leur tĂ©lĂ©viseur jusqu’au 18 dĂ©cembre, pour regarder la Coupe du monde de football 2022, qui se dĂ©roule cette fois au Qatar. Les jeux, qui se dĂ©roulent normalement en juin-juillet tous les quatre ans, ont Ă©tĂ© dĂ©placĂ©s en novembre-dĂ©cembre en raison de la chaleur et de l’humiditĂ© extrĂŞmes du Qatar en Ă©tĂ©. Ce n’est pas non plus un pique-nique en hiver, mais les organisateurs ont Ă©quipĂ© les stades d’Ă©normes systèmes de climatisation, et la plupart des matchs se joueront l’après-midi et le soir.

MalgrĂ© les milliards qu’il a dĂ©pensĂ©s, au-dessus et au-dessous des tables, pour gagner le droit d’accueillir les jeux, le Qatar n’a pas Ă©tĂ© en mesure de se dĂ©barrasser des plaintes incessantes concernant son traitement misĂ©rable des travailleurs Ă©trangers qui ont Ă©tĂ© embauchĂ©s pour construire les stades. Une enquĂŞte menĂ©e en 2013 par The Guardian a affirmĂ© que de nombreux travailleurs migrants se sont vu refuser de la nourriture et de l’eau, se sont vu retirer leurs papiers d’identitĂ© et n’ont pas Ă©tĂ© payĂ©s Ă  temps – ou pas du tout – faisant de certains d’entre eux des esclaves. D’autres rapports ont affirmĂ© que plus de 6 000 travailleurs ont pĂ©ri dans ces conditions.

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Human Rights Watch a publiĂ© lundi son propre rapport complet sur la Coupe du monde au Qatar. Le guide de 42 pages, « Qatar: FIFA World Cup 2022 – Human Rights Guide for Reporters », rĂ©sume les prĂ©occupations de Human Rights Watch associĂ©es aux prĂ©paratifs et Ă  l’organisation par le Qatar de la Coupe du Monde de la FIFA 2022 et dĂ©crit les problèmes plus larges liĂ©s Ă  la protection des droits humains dans le pays. . Le guide dĂ©crit Ă©galement les politiques de la FIFA en matière de droits de l’homme et la manière dont l’instance dirigeante mondiale du football peut traiter plus efficacement les violations graves au Qatar et attĂ©nuer les dommages.

« La Coupe du monde attire Ă©normĂ©ment l’attention des mĂ©dias internationaux et des fans, mais le cĂ´tĂ© sombre du tournoi Ă©clipse le football », a dĂ©clarĂ© Minky Worden, directrice des initiatives mondiales Ă  Human Rights Watch. « L’hĂ©ritage de la Coupe du monde 2022 dĂ©pendra de la question de savoir si le Qatar remĂ©die avec la FIFA aux dĂ©cès et autres abus des travailleurs migrants qui ont construit le tournoi, met en Ĺ“uvre les rĂ©centes rĂ©formes du travail et protège les droits de l’homme pour tous au Qatar – pas seulement pour les supporters et les footballeurs en visite. ”

Le rapport souligne que la FIFA aurait dĂ» reconnaĂ®tre que le Qatar manquait d’infrastructures pour la Coupe du monde et qu’il faudrait donc des millions de travailleurs migrants pour la construire et l’entretenir. Cela comprenait huit stades, l’agrandissement d’un aĂ©roport, un nouveau mĂ©tro, plusieurs hĂ´tels et d’autres infrastructures clĂ©s, pour un coĂ»t estimĂ© Ă  220 milliards de dollars.

« La FIFA est responsable non seulement des travailleurs des stades, une minoritĂ© de la main-d’Ĺ“uvre migrante totale dont les employeurs sont tenus Ă  des normes plus Ă©levĂ©es en matière de conditions de travail, mais aussi des travailleurs pour construire et entretenir des projets de prĂ©paration et de livraison de tournois, y compris le transport et l’hĂ©bergement, la sĂ©curitĂ©, nettoyage et amĂ©nagement paysager », affirme le rapport,

« MalgrĂ© les avertissements rĂ©pĂ©tĂ©s des travailleurs eux-mĂŞmes et des groupes de la sociĂ©tĂ© civile, la FIFA n’a pas imposĂ© de conditions strictes pour protĂ©ger les travailleurs et est devenue un facilitateur complaisant des abus gĂ©nĂ©ralisĂ©s subis par les travailleurs, notamment des frais de recrutement illĂ©gaux, le vol de salaire, des blessures et des dĂ©cès », Human Rights Watch a dit.

Un rapport de Human Rights Watch de 2021 a documentĂ© que les lois, rĂ©glementations et pratiques qatariennes imposent des règles discriminatoires en matière de tutelle masculine, qui privent les femmes du droit de prendre des dĂ©cisions clĂ©s concernant leur vie. Les femmes au Qatar doivent obtenir l’autorisation de leurs tuteurs masculins (membres masculins de la famille) pour se marier, Ă©tudier Ă  l’Ă©tranger grâce Ă  des bourses gouvernementales, occuper de nombreux emplois gouvernementaux, voyager Ă  l’Ă©tranger jusqu’Ă  un certain âge et recevoir certains soins de santĂ© reproductive.

Le code pĂ©nal du Qatar punit Ă©galement les relations sexuelles consenties entre hommes de plus de 16 ans d’une peine pouvant aller jusqu’Ă  7 ans de prison (article 285). Elle prĂ©voit Ă©galement des peines d’un Ă  trois ans (article 296) pour tout homme qui « incite » ou « incite » un autre homme Ă  « commettre un acte de sodomie ou d’immoralitĂ© ». Une peine pouvant aller jusqu’Ă  10 ans (article 288) est infligĂ©e Ă  quiconque se livre Ă  des relations sexuelles consensuelles, ce qui pourrait s’appliquer aux relations homosexuelles consensuelles entre femmes, hommes ou partenaires hĂ©tĂ©rosexuels.